Bien des souvenirs pour Joe Hardy

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Joe Hardy a joué un rôle important dans la spectaculaire et courte histoire des Jaros de la Beauce.

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Serge Émond
Le Quotidien

Joe Hardy brasse bien des souvenirs depuis quelques jours. Il a entre les mains une copie du livre Implacables: les Jaros de la Beauce 1975-1976 que vient de publier Steve Vallières aux éditions Hurtubise.

L'ancien hockeyeur natif de Kénogami a joué un rôle important dans la spectaculaire et courte histoire des Jaros de la Beauce. Meilleur pointeur de l'équipe à sa première année, avec une impressionnante récolte de 208 points en 72 matchs, il en a également été l'entraîneur pendant quelques mois.

Il peut sembler étonnant que les Jaros soient devenus le sujet d'un livre. L'aventure de l'équipe de la Beauce dans la Ligue nord-américaine de hockey n'a duré qu'une saison et demie. Cette courte période a par contre été marquée de bien des histoires rocambolesques. En partant par le chandail, dont le logo a inspiré celui des Bulldogs de Syracuse, du film Slapshot.

La défunte NAHL était reconnue pour son jeu robuste et ses bagarreurs. Les frères Carlson, que Slapshot a rendu célèbres sous le nom de Hanson, en faisaient partie, mais les Jaros n'avaient rien à envier à personne à ce niveau. Sept de leurs joueurs ont amassé plus de 130 minutes de pénalités lors de la première saison, Gilles «Bad News» Bilodeau a donné le ton avec 451 minutes, et le tout premier match a été lancé par une bagarre générale. Après une partie à Syracuse, plusieurs joueurs ont terminé la soirée en prison pour s'être battus dans les gradins.

Malgré la réputation des Jaros, Hardy assure avoir vu pire.

«La NAHL, ce n'était pas Slapshot, raconte Joe Hardy. C'était loin d'être aussi ''tough'' que ce que j'avais vu à ma première année professionnelle à New Haven, dans la Ligue Eastern. Dans cette ligue, chaque équipe avait trois ou quatre vrais ''toughs''. Dans la NAHL, nous en avions environ huit chez les Jaros, mais les autres équipes en avaient un, des fois deux. Il y a l'équipe de Johnstown qui avait les trois frères Carlson, Dave Hanson et un dénommé Birch. Nous étions seuls au niveau des bras, mais ce n'était pas fou comme dans la Ligue Eastern.

«Les Jaros n'ont pas existé longtemps, mais le livre est bon. Il est arrivé beaucoup de petites histoires. C'était un club spécial. Encore aujourd'hui, les Jaros font jaser en Beauce. Dans le temps, c'était leur club de la Ligue nationale. Il n'y a jamais eu un calibre aussi fort en Beauce.»

Après San Diego

Quand Joe Hardy a accepté l'offre de l'homme d'affaires André Veilleux, il venait de passer une dizaine de saisons avec des équipes de la Ligue nationale ou de l'Association mondiale de hockey. Il avait vécu la plus récente avec les Mariners de San Diego et souhaitait ranger un peu ses valises.

«J'avais une offre pour retourner à San Diego, mais le salaire qu'on m'offrait n'était plus celui qu'on m'avait donné dans l'AMH les trois saisons précédentes, explique Joe Hardy. J'avais été échangé trois ou quatre fois et ça n'avait plus de bon sens. Je voulais travailler. Mon agent aurait pu m'envoyer en Europe, mais je n'étais pas intéressé. Il m'a dit que le propriétaire des Jaros pourrait m'offrir ce que je voulais et c'est ainsi que je l'ai rencontré. M. Veilleux avait été actionnaire des Nordiques. J'ai accepté après quelques rencontres. Finalement, j'ai obtenu plus que ce qu'on m'offrait à San Diego.»

Après son bref séjour en Beauce, Joe Hardy a joué une autre saison dans la Ligue américaine de hockey, à Binghamton, avant d'accrocher ses patins. Si les Jaros ont fermé les livres aux Fêtes, pendant leur deuxième année, l'expérience lui a tout de même été profitable. Elle lui a principalement permis de décrocher des emplois stables, notamment avec les Nordiques et les compagnies Kruger et Belley, et de s'installer à Québec.

Quand l'offre d'André Veilleux est arrivée, il en avait assez de l'insécurité du hockey et souhaitait gagner sa vie grâce à un emploi régulier. Dans d'autres circonstances, il serait probablement revenu au Saguenay.

Associé pendant plusieurs années à des stations de radio de Québec, il demeure toujours dans la Vieille capitale. Il est aujourd'hui à la retraite, mais il a encore une chronique hebdomadaire à Radio X. Et, fidèle à ses habitudes, il ne se gêne pas pour émettre ses opinions.

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