Anticosti : paradis de chasse... en VTT

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Daniel Leboeuf, Ernie Wells et le guide Tristan Bédard posent avec une femelle chassée le dernier jour du séjour dans le secteur Chicotte-la-Mer.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Le secteur de chasse du pavillon Chicotte-la-Mer, sur l'île d'Anticosti, est l'un des rares forfaits de la Sépaq où les chasseurs utilisent les VTT (quad) pour se déplacer sur le territoire et patrouiller des kilomètres de chemins. Situés à deux heures de route du village de Port-Menier, les bâtiments font face à la mer et offrent une vue imprenable sur le golfe du Saint-Laurent.

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Le camp de lunch aménagé en plein coeur du territoire de chasse permet aux chasseurs du secteur Chicotte-la-Mer de prendre une pause avant la chasse de fin de journée.

Photo Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn

Le territoire de Chicotte-la-Mer compte de nombreux sentiers qui mènent à des rivières, à de grands marais, dans des bûchers et au coeur de la forêt. Ces sentiers ont été aménagés il y a quelques années avec des béliers mécaniques, de sorte qu'on y circule facilement à pied ou en VTT.

Pratiquer la chasse fine dans ces sentiers est une véritable partie de plaisir où chaque pas est nourri d'espoir. Les sentiers bifurquent souvent et le chasseur peut avancer à pas feutrés, avec un vent de face (on choisit les sentiers en fonction de la direction du vent), espérant à chaque détour surprendre un gros buck.

Le principal avantage à Anticosti, c'est que le chasseur est assuré de ne rencontrer personne dans ce secteur de chasse, qui se déploie parfois sur 20 kilomètres carrés. On peut passer toute la journée à marcher ou à se poster à l'affût dans un endroit stratégique et on sait qu'aucun autre chasseur ne se pointera. On vit un sentiment de sécurité et de totale liberté.

Dès notre arrivée au pavillon construit sur le bord de la mer, les guides avancent les VTT devant le camp de chasse en bois rond qui se dresse sur deux étages. Chaque chasseur a reçu une carte du territoire qu'il consulte avec les guides chaque matin pour déterminer le plan de chasse pour la journée et se partager le territoire.

Les déplacements en VTT servent principalement à se rendre aux différents «spots» de chasse, mais cela n'empêche pas de croiser des chevreuils en chemin. Si la bête n'est pas trop farouche, vous aurez probablement le temps de descendre de votre VTT, de charger votre arme et de faire feu. Les cerfs sont des bêtes curieuses, mais aussi très méfiantes et il n'est pas rare de les voir déguerpir quand ils nous flairent à plus de 800 pieds (250 m).

Le jeune guide Tristan Bédard, qui nous accompagnait dans le cadre de ce reportage, avait repéré de gros bucks le long de la rivière et à l'extrémité du secteur de chasse. Il nous recommandait de terminer la journée de chasse à l'affût jusqu'au coucher du soleil. Cette technique de chasse nécessitait cependant qu'on revienne au camp principal à la noirceur sur une distance de plus de 20 kilomètres. Une balade de fin de journée qui permet d'apprécier les VTT.

Ce type de forfait exige aussi du chasseur un peu plus d'autonomie. Il doit éviscérer lui-même sa bête et la transporter sur le porte-bagage du VTT pour ensuite la suspendre dans la chambre froide aménagée près du camp principal où votre guide la dépècera pour ensuite la mettre en boîte pour le transport.

Notre groupe de cinq chasseurs a récolté dix cerfs (deux par chasseur) lors de cette expédition de chasse, mais nous n'avons pas eu la chance de nous offrir des bucks. Les mâles avaient choisi de se terrer en forêt pendant notre séjour. Nous avons ramené huit femelles et deux jeunes cerfs.

Le forfait de chasse à Chicotte-la-Mer se déroule en plan américain. Le chef cuisinier prépare les repas du matin et du soir, ainsi que les lunchs du midi que les chasseurs mangent sur le territoire de chasse. Les membres de notre groupe se donnaient souvent rendez-vous sur l'heure du midi au camp de lunch situé à 20 kilomètres du pavillon principal pour partager nos informations sur les mouvements de chevreuils et se répartir les différents secteurs pour la fin de la journée.

La qualité d'hébergement est exceptionnelle alors que le pavillon compte une dizaine de chambres, un grand salon avec poêle à bois et une vaste salle à manger à plafond cathédrale. Le personnel privilégie le service à la clientèle. Des râteliers pour vos armes à feu et des séchoirs à bottes complètent les accessoires disponibles sur place.

Le pavillon Chicotte-la-Mer, construit en bois rond, offre... (Photo Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn) - image 2.0

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Le pavillon Chicotte-la-Mer, construit en bois rond, offre une vue imprenable sur le golfe du Saint-Laurent.

Photo Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn

220 cerfs pour un cheptel de 160 000 têtes

Anticosti. C'est tout de même incroyable que cette île en plein milieu du golfe du Saint-Laurent, longue de 222 kilomètres (la distance entre Québec et Saguenay) et large de 45 kilomètres, soit devenue un lieu de vie pour plus de 100 000 chevreuils et un paradis de la chasse.

Ce paradis est né grâce à un Français, Henri Menier, le fils du fondateur de la chocolaterie Menier. Jouissant d'une immense fortune et d'imposants revenus grâce à la chocolaterie familiale, l'aîné de la famille passe la majorité de son temps à pratiquer ses loisirs préférés relatent les historiens.

En 1895, Henri Menier achète l'île d'Anticosti pour la somme de 125 000$. Il réalise le rêve de bien des gens: celui d'avoir son île déserte. Il a introduit plusieurs espèces d'animaux, dont 220 chevreuils (le cheptel de cerfs de l'île est maintenant évalué à 160 000 bêtes).

Henri Menier est décédé en 1913 et en 1926, son frère Gaston revend l'île à la Wayagamack Pulp and Paper (Consolidated Paper Corporation Ltd) pour environ six millions$. La Consol-Bathurst décide de la mettre en vente en 1974, alors que le gouvernement du Québec exproprie la compagnie pour la somme 24 millions$.

Dans les années 80, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) prend en charge les activités de chasse de la réserve faunique où près de 5000 chasseurs pratiquent leur activité annuellement.

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