Plus d'orignaux pour plus de chasseurs

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Les statistiques du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur la vente des permis et le nombre d'orignaux abattus sont en hausse.

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(CHICOUTIMI) Même si les chasseurs placent de moins en moins les têtes d'orignaux sur les capots de voiture, le nombre de bêtes abattues ne cesse d'augmenter en raison d'une hausse significative du nombre d'adeptes de la chasse qui coïncide curieusement à la croissance du cheptel.

Les statistiques du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur la vente des permis et le nombre d'orignaux abattus sont en hausse. La chasse au gros gibier a connu un creux au tournant de l'an 2000, mais les chasseurs sont retournés massivement en forêt de telle sorte que des records sont établis pratiquement chaque année.

«Il y a deux ans, lors de la saison où il était permis d'abattre les trois groupes (mâles, femelles et veaux), les chasseurs de la région ont enregistré un peu, plus de 4000 orignaux. Il s'agit d'un record pour la région.»

Le biologiste responsable de la grande faune Claude Dussault enchaîne en mettant en perspective l'évolution historique du cheptel depuis 20 ans. «En 1994, lorsque le gouvernement a mis en place le premier plan de gestion de la chasse à l'orignal, les chasseurs de la région, toujours avec la chasse des trois groupes, abattaient 1500 animaux par saison. Le succès de chasse est ainsi passé de 7% à 15%. C'est très important comme augmentation.»

L'autre statistique intéressante pour établir un tableau précis est celle du nombre de permis vendus dans la région. En 1990, le ministère vendait 21 700 permis et les chasseurs abattaient plus ou moins 1500 orignaux. En ce moment, le ministère vend 26 000 permis par année dans la région et les détenteurs abattent un peu plus de 4000 bêtes avec la chasse des trois groupes.

Au creux du déclin de la chasse au gros gibier au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2002, le gouvernement délivrait 15 360 permis. Il s'agit de 10 000 permis de moins qu'en ce moment.

En plus de sa valeur symbolique comme étant le roi des forêts, l'orignal a une grande valeur économique pour le gouvernement du Québec. Dans la rédaction du plan de gestion 2002-2010, les économistes établissaient que le cheptel de 100 000 orignaux du Québec avait une valeur globale de 733 M$. Dans le même document, le ministère avançait que les 135 000 chasseurs avaient dépensé pas moins de 135 M$ pour la période de la chasse au gros gibier au Québec.

«En raison de l'abondance d'orignaux, la récolte des chasseurs a augmenté de façon importante, soit de 20% entre 2004 et 2010. Un sommet historique des captures a été atteint en 2009 avec plus de 27 000 orignaux enregistrés. L'augmentation de la population d'orignaux et du nombre de chasseurs a permis cette récolte record. De 2004 à 2010, le nombre de chasseurs s'est accru de près de 17%, atteignant plus de 175 000 chasseurs», stipule le préambule du plan de gestion 2012-2019 pour démontrer que le redressement de la chasse au gros gibier se confirme par la croissance du cheptel et celle du nombre de chasseurs.

«Leur succès de chasse fut excellent puisque près de 15% d'entre eux ont capturé un orignal en 2009. Considérant l'obligation d'être deux chasseurs pour pratiquer la chasse de l'orignal, on peut même parler d'un succès de 30% pour un duo de chasseurs», ajoutent les auteurs du document.

Tique d'hiver: pas de problème dans la zone 28

Les 26 000 chasseurs qui vont débourser 72,57$ pour avoir le droit d'abattre un orignal dans la zone 28 (Saguenay-Lac-Saint-Jean) n'ont pas à s'inquiéter de la quantité et la qualité de la venaison et de la quantité de cervidés malgré une augmentation du phénomène de la tique d'hiver constaté depuis quelques années.

«Ça ne veut pas dire que des groupes de chasseurs n'abattront pas un orignal qui présente des signes très importants de présence de la tique d'hiver sur la peau de la bête. C'est toutefois moins visible en automne qu'au printemps quand nous sommes au terme du cycle de la tique d'hiver», indique Claude Dussault, biologiste responsable de la grande faune à la direction régionale du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Il reprend en insistant sur le phénomène naturel de la tique d'hiver qui fait partie du paysage québécois depuis des lunes. Sa recrudescence au cours des dernières années n'a pas encore été expliquée avec certitude sur le plan scientifique, mais les changements climatiques et la croissance assez phénoménale du cheptel d'orignal au Québec sont des hypothèses avancées.

Le biologiste rappelle une loi naturelle relativement simple. Il existe dans la nature des phénomènes naturels pour réguler les cheptels d'animaux sauvages. La tique d'hiver fait partie des ces phénomènes de régulation «Le ministère a effectué des vérifications sur les orignaux afin d'évaluer la présence de tiques d'hiver dans les différentes régions du Québec en 2012-2013. Pour les orignaux de la région, nous avons relevé la présence d'un peu moins de 0,2 tique par superficie de dix centimètres carrés de peau. Dans le Bas-Saint-Laurent, elle est de l'ordre de 3,5 tiques pour la même superficie.

La croissance phénoménale du troupeau depuis la mise en place du plan de gestion de chasse à l'orignal soulève certaines questions. Est-ce que la tique est plus présente parce qu'il y a plus d'individus dans le cheptel et que la tique se propage plus rapidement parce que les animaux se concentrent en petits groupes?

D'un autre côté, le cheptel a également augmenté dans la région située plus au nord et la présence de la tique est beaucoup moins importante. Est-ce que le temps légèrement plus froid ici joue un rôle dans cette particularité.

Les prélèvements démontrent, selon le biologiste, que la zone 28 considérée comme étant en bonne partie dans le nord du Québec présente une moins grande présence du phénomène. Il est d'autre part difficile de contrer ces éléments de la nature.

«La tique monte sur les orignaux par les pattes à l'automne et pendant l'hiver, elle se nourrit avec le sang de l'orignal. À la fin de l'hiver, la tique est devenue aussi grosse que le bout du pouce. Les orignaux s'arrachent le poil en se grattant avec vigueur après des arbres ou autres.»

Les chasseurs qui ont constaté sur les caméras installées à proximité des salines tôt au printemps la présence d'orignaux présentant des signes de la tique n'ont pas à se questionner sur la qualité de la venaison. La viande d'un orignal dont la peau a été attaquée par la tique d'hiver est la même que celle d'un cervidé qui a été épargné par le parasite. Claude Dussault assure qu'il n'y a aucun risque de transmission de la tique à l'homme.

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