Plusieurs hockeyeurs, de même que des agents, confirment que s'il ne s'agit pas de racisme, on peut toutefois parler de discrimination. «C'est surtout plus difficile durant les premières années d'une carrière, mentionne l'attaquant des Islanders de New York Pierre-Alexandre Parenteau. Même si tu parles bien anglais, tu fais face à plus d'embûches. Finalement, les choses ont bien tourné pour moi, mais un joueur de troisième ou de quatrième trio n'aura possiblement pas ma chance.»
Les statistiques lui donnent raison. Entre 1970 et 2009, 176 hockeyeurs francophones ont joué plus de 200 matchs dans la LNH. Quarante-deux pour cent d'entre eux ont remporté des honneurs individuels dans la plus forte ligue au monde.
«Au début, quand j'étais dans la Ligue américaine, je parlais avec mon père et mon agent et je leur disais que les Québécois partaient avec deux prises», souligne un autre joueur de la LNH qui désire toutefois garder l'anonymat en raison de la teneur de ses propos. La problématique ne date pas d'hier. En 1986, dans La Presse, Maurice Richard affirmait que «les francophones sont nettement désavantagés et se doivent d'être meilleurs que les autres pour réussir dans la LNH.»
Victime du système
Le joueur Hugo Carpentier, choix de quatrième ronde des Flames de Calgary en 2006, affirme avoir été victime de ce système. Il évolue maintenant pour les Marquis de Saguenay de la Ligue nord-américaine de hockey, après avoir vogué entre la Ligue américaine et la Ligue de la Côte-Est pendant trois ans.
«Si tu es égal avec l'Anglais, ils vont toujours prendre l'Anglais. Je le sais: je l'ai vécu. À mon deuxième camp dans la LAH, j'ai terminé premier compteur dans les parties hors-concours. Pour me féliciter, on m'a fait commencer l'année sur la quatrième ligne avec les deux ''toughs'' du club, ironise-t-il. Ils m'ont essayé une partie sur la deuxième ligne et j'ai fait deux points. Il y a sûrement des gens qui vont dire que je devais manquer de talent. Je ne pense pas. Des Québécois sur les troisième et quatrième trios, il n'y en a pratiquement pas. C'est la même chose dans la Ligue américaine. Tu joues sur les deux premiers trios ou tu ne joues pas.»
Parenteau, l'un des meilleurs marqueurs des Islanders, souligne que si les équipes de la LNH étaient situées à «Chicoutimi ou Québec», les francophones agiraient probablement de la même manière que les anglophones le font présentement.
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