Les patineuses du Saguenay-Lac-Saint-Jean occupent quatre des six places disponibles au sein de l'équipe canadienne courte piste. Du rarement vu, à part au début des années 90 où les frères Gagnon, Sylvain et Marc, ainsi que Frédéric Blackburn, formait un trio qui a fait honneur à la région en ramenant des médailles olympiques.
Qu'est-ce qui peut expliquer la présence d'une telle talle de «Bleuets» au sein de l'élite nationale? «Honnêtement, je ne sais pas. J'ai entendu dire qu'il y avait beaucoup plus de filles que de gars, alors c'est peut-être ça», rétorque en riant leur entraîneur, Sébastien Cros. Plus sérieusement, il souligne que le centre régional d'excellence Marc-Gagnon développe de bons athlètes, mais c'est sans doute un heureux hasard qui fait que cette génération de patineuses s'est révélée très fructueuse. Cela dit, il constate qu'elles partagent une joie de vivre et le goût d'avoir du plaisir qui ne sont peut-être pas étrangers à leur succès.
« Quand elles sont arrivées, elles avaient de l'entrain et l'envie de s'amuser, d'avoir du fun et de travailler aussi. Je pense que c'est quand même là un aspect important de la performance. Est-ce que c'est lié au fait que ce soit des filles d'ici ou de la façon dont ici, quand elles étaient jeunes, on aborde le courte piste qui fait qu'elles ont cet état d'esprit? Peut-être aussi», avance M. Cros qui entraîne Valérie et Marianne depuis cinq ans.
Car chacune des filles de la région possède des qualités physiques différentes, souligne-t-il. « Donc, on ne peut pas dire que c'est une école d'ici qui les produit toutes de la même façon. Par contre, ce qui est commun à toutes ces filles, c'est vraiment la joie de vivre et (le goût d') avoir du plaisir. Elles sont toutes pareilles! Même les autres filles (Kasandra Bradette et Laurie Marceau) qui viennent d'ici et qui sont encore à Montréal ont la même attitude.»
Effectivement, durant les entraînements, la bonne humeur règne au sein de l'équipe féminine et on les entend souvent rigoler une fois les pratiques terminées.
Des leaders
De son côté, Yves Hamelin, directeur du programme national à Patinage de vitesse Canada, estime que la création du Centre Marc-Gagnon a certes eu un impact favorable. À l'époque, les entraîneurs Bernard Boucher, Luc Dufour et Christian Simard ont contribué au bon développement des petits diamants bruts qui font aujourd'hui les joies des spectateurs de courte piste. «Il y avait un noyau d'athlètes qui avait beaucoup de profondeur dans la région et la venue du centre régional a aidé encore plus. Ça a permis à des filles comme Valérie Maltais de La Baie et Marianne de Saint-Félicien d'augmenter leur volume d'entraînement et de se donner de la profondeur pour passer à la prochaine étape. Quand elles sont venues s'entraîner à Montréal, il y avait un écart ,mais pas aussi grand que ce qu'on voit parfois dans d'autres endroits qui n'ont pas cette même opportunité.»
Par contre, le père des frères Hamelin convient lui aussi que l'attitude des «Bleuettes» est un atout en soi. «Effectivement, les filles ont une joie de vivre et du plaisir à patiner, mais il y a aussi le sérieux qu'elles mettent pour faire ce qu'elles ont à faire, précise-t-il. Elles ont vraiment une attitude professionnelle. Les quatre filles sont exemplaires à ce niveau-là. Elles agissent en leaders sur la glace et elles prêchent par l'exemple. Elles veulent être les meilleures et font ce qu'il faut pour l'être.»
Le meilleur à venir
À l'exception de la recrue Caroline Truchon, Marie-Ève, Marianne et Valérie ont toutes vécu l'aventure olympique. Ont-elles atteint leur plein potentiel? Pas tout à fait, estime leur entraîneur, qui s'attend a ce qu'elles soient à leur meilleur pour les Jeux olympiques de Sotchi en 2014.
«Elles sont dans leur peak, mais elles vont s'améliorer encore. Il y a encore des aspects techniques à améliorer et de l'expérience de courses à gagner, car elles sont encore jeunes. Les gains vont être moins importants, mais ils vont continuer. Je les vois à leur sommet vers Sotchi. Elles auront alors la maturité physique et technique ainsi que l'expérience. Tous les éléments seront réunis «, a-t-il conclu.