Les embûches des conducteurs de chiens de sang

Les 29 et 30 avril derniers, 25 formateurs... (Le Progrès, Mélissa Viau)

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Les 29 et 30 avril derniers, 25 formateurs bénévoles de l'ACCSQ offraient leur formation annuelle à 115 personnes provenant des quatre coins du Québec.

Le Progrès, Mélissa Viau

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Mélissa Viau
Le Quotidien

CHRONIQUE / Depuis 2008, l'Association des conducteurs de chiens de sang du Québec (ACCSQ) a littéralement révolutionné le monde de la chasse.

« Selon la loi, le chasseur doit faire les recherches nécessaires s'il croit avoir blessé le gibier », explique Alain Chainé, agent de protection de la faune. C'est pourquoi les chasseurs devraient avoir le numéro d'un conducteur de chien de sang, capable de pister un animal blessé, à appeler au besoin. Malgré leur succès, les embûches de l'ACCSQ sont nombreuses, car au moment où la réglementation a été créée pour encadrer la chasse au Québec, les conducteurs de chiens de sang n'existaient pas. C'est pourquoi l'adaptation se fait tranquillement, mais sûrement.

D'abord, au Québec, comme il est interdit de chasser le gros gibier avec un chien, le chien de sang doit être attaché et contrôlé par le conducteur durant la recherche. Dans ce sens, les chasseurs et le conducteur ne sont pas autorisés à se déplacer avec une arme lors d'une recherche avec un chien. Si le gibier est retrouvé vivant, il ne peut pas être abattu en présence du chien. Le conducteur ramène donc son compagnon canin à son véhicule, pendant que le chasseur retourne chercher son arme. Ce délai peut évidemment amener plusieurs imprévus. Si le gibier blessé est retrouvé la nuit, personne n'a le droit de mettre un terme aux souffrances de l'animal puisqu'il est interdit de chasser la nuit. Il est aussi interdit au conducteur de chien de sang d'avoir une arme pour achever un animal ou pour se protéger. Les conducteurs risquent donc de se retrouver dans des situations dangereuses pouvant mettre leur chien et leur propre vie en danger.

Pour le bien-être des bêtes, et pour la sécurité du conducteur de chien de sang, la présidente de l'ACCSQ, Chantal Bellemare, travaille fort pour faire modifier la loi. « L'an prochain, l'association va fêter ses dix ans et on espère voir des changements », souhaite cette dernière. Mme Bellemare et Réjean Rioux, directeur général de la protection de la faune, travaillent en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour adapter la loi afin d'encadrer le travail des conducteurs de chiens de sang.

D'ici ce temps, les agents de protection de la faune ont l'obligation de faire appliquer la loi actuelle. L'ACCSQ est bien clair avec ses membres conducteurs de chiens de sang : « Tout le monde doit respecter la loi si on veut continuer de faire avancer le dossier », répète régulièrement Chantal Bellemare lorsqu'elle donne des formations. Le Québec a tout de même une longueur d'avance sur le Nouveau-Brunswick, où il est interdit de faire de la recherche de gibier blessé avec un chien.

Avancés

Depuis 2016, un projet expérimental permet aux chasseurs, qui pratiquent sur un territoire de la SÉPAQ, d'avoir accès gratuitement à un conducteur de chien de l'ACCSQ. Le chasseur est obligé de les appeler s'il blesse et perd de vue un gibier. De plus, l'ACCSQ est maintenant reconnue par le MFFPQ  et la Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs (FédéCP). La présidente de l'ACCSQ, Chantal Bellemare, a su gagner la confiance de ses partenaires. Le 22 avril dernier, son travail était récompensé alors qu'elle recevait le titre de membre honoraire par la FédéCP.

Chiens de sang

Plusieurs races de chiens sont utilisées pour retracer un gibier blessé dont les chasseurs ont perdu la trace. C'est un travail de complicité entre le conducteur et son chien qui apprennent à communiquer de façon fascinante. Ensemble, ils freinent les abus, la souffrance et le braconnage. Pour y arriver, ils doivent s'entraîner régulièrement.

Des chiffres

En 2008, les conducteurs de chiens de sang de l'ACCSQ ont effectué 114 recherches avec dix conducteurs disponibles au Québec. En 2016, 1300 recherches et 85 conducteurs sont venus en aide aux chasseurs. Un total de 5500 recherches ont été effectuées depuis neuf ans. De ce nombre, 2200 bêtes ont été récupérées. Lors d'une recherche avec un conducteur de chien de sang, il y a 40 % des chances qu'on retrouve le gibier. La plupart des bêtes qui ne sont pas retrouvées n'ont probablement pas été atteintes mortellement. Pour trouver un conducteur de chien de sang dans votre secteur, visitez le site accsq.com




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