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Les maladies mentales: la principale raison d'abandon et d'euthanasie

Emma souffre d'hyperactivité.... (Photo courtoisie)

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Emma souffre d'hyperactivité.

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Le Quotidien

Chez les humains, les défauts reliés à des circuits neuronaux du cerveau ont des noms tels que la schizophrénie ou la bipolarité. Chez le chien, la maladie mentale ne porte pas de nom. Les vétérinaires remarquent qu'elle est pourtant la principale raison d'abandon ou d'euthanasie des animaux domestiques.

Selon le Centre Vétérinaire Daubigny, les troubles les plus fréquents sont : les aboiements excessifs, l'agressivité, l'anxiété de séparation, l'anxiété généralisée, l'automutilation, la difficulté d'apprentissage, l'hyperactivité, l'hypersensibilité, la phobie des bruits, la malpropreté et les troubles obsessionnels compulsifs.

On essaie parfois même de dissimuler ces troubles derrière des raisons erronées comme la mauvaise éducation ou le passé nébuleux. Pourtant, l'éducation n'aura pas beaucoup de pouvoir pour faire changer l'animal malade mentalement. Au Québec, peu de vétérinaires sont formés pour soigner ces souffrances qui deviennent très lourdes à gérer pour les propriétaires. Le plus accessible est une médication pareille à celle des humains souffrants de dépression avec laquelle on arrive à obtenir de bons résultats, notamment pour les chiens anxieux. 

«Bien des gens croient que les troubles du comportement sont une simple question d'entraînement et d'éducation. Malgré l'amour de leurs propriétaires, plusieurs animaux souffrent de désordres psychologiques qui affectent leur qualité de vie et celle de toute la famille», peut-on lire sur le site Internet du Centre Vétérinaire Daubigny situé à Québec, là où pratique Dr Martin Godbout, le seul vétérinaire diplômé de l'American College of veterinary Behaviorists en pratique privée au Québec. 

Aucune race n'est à l'abri de développer ces maladies, mais quand un chien représente certains signes, évitez d'en faire la reproduction. On ne peut pas non plus espérer voir les problèmes disparaître sans effort, et en laissant l'animal à lui-même.

Duke souffre d'anxiété de séparation.... (Photo courtoisie) - image 2.0

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Duke souffre d'anxiété de séparation.

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Mon chien a un problème dans sa tête

Il y a trois ans, Katherine Villeneuve adoptait son premier chien. Elle avait pris deux ans à lire des livres, trouver l'éleveur et la race. Une pression sociale la força à utiliser la cage pour éduquer son caniche royal de 11 semaines. 

Quand elle l'installait à cet endroit, son chiot paniquait littéralement. «On disait dans les livres de ne pas ouvrir la porte tant que le chien n'était pas calme, mais un soir je n'étais plus capable. En ouvrant la cage, j'avais l'impression d'avoir échoué et surtout d'avoir gâché l'éducation de mon chien», se remémore la propriétaire d'Hunter. Après quelques jours d'acharnement, Katherine décida de le laisser dormir sur une couverture près de son lit. «Ça ne se passait pas comme dans les livres et on ne s'est pas aimé de façon instantanée comme je l'avais cru», poursuit Katherine. Il avait même horreur d'être dans une pièce avec une barrière. Elle parla de son problème avec l'éleveur qui avoua que le père d'Hunter réagissait de la même façon quand il se sentait pris. Finalement Katherine décida de laisser son chiot libre dans la maison. Il n'a jamais rien brisé et la propreté est une notion qu'il a comprise presque instantanément. «Il est claustrophobe, mais je l'adore», conclut la femme d'Arvida. 

Quant au chien de Véronique Girard, il souffre d'anxiété de séparation. « C'est assez difficile à gérer. Il aurait besoin d'être médicamenté, mais ça me coûterait les yeux de la tête », remarque Véronique. Ayant été abandonné dans un refuge quand il avait trois mois, Duke a été adopté en 2009 alors que Véronique étudiait au Cégep de Saint-Félicien en santé animale. 

Emma, une braque de weimar de trois ans, a un niveau d'énergie très élevé. « On pense qu'elle a un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité. Son remède est la course en forêt », explique Valérie Roy. Quand elle ne bouge pas assez, Emma semble anxieuse. « On ne peut pas demander aux animaux d'être parfaits quand l'homme ne l'est même pas », réfléchit-elle.

Ces chiens ont la chance d'être dans des familles qui les acceptent comme ils sont. Il est possible d'accepter certains défauts de nos animaux et de s'adapter à leurs besoins. Pour l'instant, la médication, encore peu connue, semble être une option difficile à accepter pour les propriétaires d'animaux.




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