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Des intéressés, mais pas d'offre concrète pour le couvent des servantes du Très-Saint-Sacrement

Cinq ans après sa mise en vente, le... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Cinq ans après sa mise en vente, le couvent des servantes du Très-Saint-Sacrement, à Chicoutimi, n'a toujours pas trouvé preneur. L'immeuble cité patrimonial par Saguenay suscite l'intérêt d'acheteurs potentiels, mais aucune transaction n'a encore été conclue.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Cinq ans après sa mise en vente, le couvent des servantes du Très-Saint-Sacrement, à Chicoutimi, n'a toujours pas trouvé preneur. L'immeuble cité patrimonial par Saguenay suscite l'intérêt d'acheteurs potentiels, mais aucune transaction n'a encore été conclue.

Courtière immobilière chez Via Capitale, Hélène Talbot a été mandatée par le conseil provincial de la communauté religieuse pour la vente du monastère il y a trois ans. Elle explique que de nombreux intéressés ont visité le couvent, doté d'une chapelle, mais que le pittoresque bâtiment situé près de l'ancienne prison de la rue Price n'a pu être cédé. L'agente signale toutefois que deux groupes « tournent présentement autour » de l'immeuble avec la prémisse d'y réaliser des projets d'hébergement et d'hôtellerie. 

« Il y a des projets à l'étude, mais ce sont des projets de longue haleine qui prennent du temps à monter. On a eu toutes sortes de gens qui sont venus voir. On a même eu des spécialistes en rénovation de bâtiments du Vieux-Québec », fait valoir la courtière. Hélène Talbot ajoute qu'un « groupe en lien avec le municipal » a jeté un coup d'oeil peu après la mise en vente, mais que le projet caressé était difficilement réalisable dans l'enceinte du monastère. Il faut dire que la présence d'une chapelle, toujours ouverte au culte, pose certaines contraintes aux acheteurs potentiels. Pour faciliter la vente du bâtiment, une entente a été conclue avec les religieuses. Si une offre intéressante se présente, les soeurs pourraient demeurer locataires et continuer d'utiliser une partie des lieux et la chapelle. Ceci fournirait un revenu au nouveau propriétaire et lui permettrait de bénéficier d'un congé ou d'une diminution de taxes en vertu du statut de lieu de culte que détient l'immeuble. 

Les servantes du Très Saint-Sacrement demandent 2,2 millions $ en échange de ce joyau architectural construit en 1907. L'évaluation municipale dépasse les 3,2 millions $. Comme le précise l'agente au dossier, la conversion de la bâtisse en condominiums, comme ce fut fait à l'ancien couvent des soeurs du Bon-Pasteur au coin du Séminaire et Hôtel-Dieu, serait difficile. Un projet de duplex a été étudié par un acheteur potentiel, mais le dossier n'a pas abouti.

Pas d'affiche

Le monastère des servantes du Très-Saint-Sacrement de Chicoutimi a été officiellement mis en vente en 2012. Bien que le bâtiment soit sur le marché immobilier, il n'y a pas de pancarte à vendre à l'extérieur. Selon nos informations, le dossier de vente est extrêmement délicat puisque la décision de céder les actifs, prise par le conseil provincial, a été mal reçue par les soeurs cloîtrées de Chicoutimi. Dans les années 90, des religieuses se sont battues pour maintenir le couvent ouvert et y ont implanté un centre eucharistique destiné aux personnes dans le besoin. Ce service existe toujours. 

Toutefois, la communauté ne compte plus qu'une trentaine de religieuses au Canada, dispersées dans quatre bâtiments (Chicoutimi, Edmundston, Sherbrooke et Québec). Les soeurs sont vieillissantes, mais des jeunes Asiatiques ont joint les rangs de la communauté. 

À Saguenay, cinq religieuses vietnamiennes poursuivent l'oeuvre des servantes du Très-Saint-Sacrement.

Une visite en compagnie d'un promoteur privé pour Marc Pettersen

Le conseiller municipal Marc Pettersen a visité le couvent des servantes du Très-Saint-Sacrement jeudi dernier en compagnie d'un acheteur potentiel. 

Sur la défensive, l'élu de Chicoutimi-Nord a refusé d'expliquer les motifs de la visite, sous prétexte qu'il s'agit là d'un projet privé et qu'il accompagnait le promoteur à titre de « simple citoyen ». Or, le conseiller Pettersen est président de la commission Aménagement du territoire, génie et urbanisme de Saguenay, ce qui pourrait le placer dans une situation de conflit d'intérêts. 

« Les commissions et comités agissent comme des ministères et se voient déléguer des secteurs d'activités particuliers reliés à des services municipaux [...]. Ils n'ont pas de pouvoir décisionnel, mais formulent des recommandations au conseil municipal, aux conseils d'arrondissement et au comité exécutif », est-il indiqué sur le site Internet de la Ville. La commission entérine les changements de zonage et les modifications au schéma d'urbanisme, lesquels sont par la suite soumis à l'aval du conseil de ville. 

Le rôle d'accompagnateur de Marc Pettersen auprès d'un promoteur privé soulève donc certaines questions d'ordre éthique et légal, puisqu'une ville ne peut transiger sur les droits de zonage et d'urbanisme. Un comité consultatif d'urbanisme (CCU) ne peut, non plus, se mêler de la vente d'un édifice privé ni transiger avec un vendeur. 

Le directeur des communications de Saguenay, Jeannot Allard, confirme que la Ville ne caresse aucun projet pour le couvent des servantes du Très Saint-Sacrement.

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