L'occasion d'être visible

Mgr André Rivest s'est montré disponible pour prendre... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

Agrandir

Mgr André Rivest s'est montré disponible pour prendre des clichés.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La Journée mondiale de la Vie consacrée, célébrée jeudi à l'église Notre-Dame-du-Royaume, a été l'occasion parfaite pour souligner le travail des communautés religieuses. Une occasion, qui, au fil du temps, est de moins en moins fréquente dans la société d'aujourd'hui.

L'Eucharistie présidée par l'évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr André Rivest, était courue. La salle de l'église, située à Place du Royaume, était remplie à pleine capacité, en grande majorité de personnes âgées. La journée de la Vie consacrée a été instaurée par le pape Jean-Paul II. Il s'agissait de la 21e année de reconnaissance.

« Si on fait ça ici, c'est pour être sur la place publique, a partagé Mgr André Rivest au terme de la cérémonie. Les choses ayant changé, la population voit moins les personnes de la Vie consacrée. Dans notre société, ce qui n'est pas visible, c'est comme si ça n'existait pas. Dans un monde d'instantanéité, ce qui est passé n'existe plus. C'est donc une façon de rendre visible la présence de ces hommes et ces femmes qui sont très généreux et généreuses, et qui continuent à oeuvrer dans leur champ respectif. Les communautés plus anciennes sont en train de s'éteindre, et c'est normal, tandis que de nouvelles naissent. La journée de la Vie consacrée a donc ces objectifs, qui sont de rendre grâce au seigneur, tout en rendant visibles les acteurs d'aujourd'hui. »

Mgr Rivest a souligné l'apport des religieux et religieuses dans la région, à qui on doit beaucoup selon lui. « L'idée n'est pas de dire qu'ils sont les seuls à avoir construit notre société, mais ils ont été des artisans majeurs », a-t-il mis en contexte.

L'évêque a reconnu que la religion occupait une moins grande place qu'avant au sein de la société. Il refuse toutefois de percevoir cette situation d'un oeil négatif. Il s'agit plutôt du cours normal de l'évolution.

« Dans un sens, c'est regrettable, mais ce n'est pas catastrophique, a-t-il précisé. C'est un peu comme nos parents qui quittent la maison vers la résidence ; il y a quelque chose à laquelle on est attaché qui change. C'est la même chose par rapport aux communautés religieuses qui commencent à quitter en raison de l'âge ou autre. En même temps, ce n'est pas la fin de la Vie consacrée. On voit plein de communautés nouvelles partout au Québec. Pour moi, ce n'est pas désespérant, au contraire. »

Une dernière

Il est déjà convenu que Mgr André Rivest fera un pas de plus vers la retraite au printemps. En vertu du Code de droit canonique de l'Église catholique, les évêques sont dans l'obligation de se retirer de leurs fonctions au moment où ils atteignent l'âge de 75 ans. L'homme d'église célébrera les trois quarts de siècle à la fin du mois d'avril, et c'est à ce moment qu'il devra remettre sa démission au pape François.

« Dans mon quotidien, je commence à vivre des célébrations qui sont probablement les dernières, a exprimé Mgr André Rivest, serein avec la situation. Je ne peux toutefois m'avancer parce que je ne sais pas quand. Je sais comment ça va se faire, mais je ne sais pas ça va être à quel moment exactement. C'est sûr qu'il y a un petit pincement au coeur, d'autant plus que je rencontre des personnes auxquelles je crois tellement pour la vie du monde et de l'église. »

L'église Notre-Dame-du-Royaume était remplie à pleine capacité lors... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

Agrandir

L'église Notre-Dame-du-Royaume était remplie à pleine capacité lors de l'Eucharistie présidée par Mgr André Rivest.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Un beau réflexe, selon monseigneur Rivest

Déplorant les tristes événements survenus dans une mosquée de Québec dimanche dernier, Mgr André Rivest a malgré tout remarqué des signes encourageants au sein de la société québécoise.

La réaction des gens, qui ont mis leurs croyances religieuses de côté afin de se rassembler et de panser leurs plaies vives créées par les pertes humaines, a rassuré l'évêque du diocèse de Chicoutimi.

« Tout drame ou toute mort violente est épouvantable, a-t-il d'abord partagé. C'est chez nous que ça se passe, donc ça vient nous chercher davantage. On voit que la population a un beau réflexe, et c'est ce qui me plaît beaucoup. Je parle ici du réflexe de compassion. On dirait qu'il y a un paquet de préjugés qui tombent. Les gens ne parlent pas de bombe, ils parlent de souffrance d'êtres humains. Des humains qui ne partagent pas toujours la même foi, mais on découvre la capacité de prier tous ensemble. »

Mgr Rivest espère que ces événements vont maintenant permettre au peuple québécois, peu importe son originaire ou ses croyances religieuses, de se serrer les coudes face aux obstacles de la vie.

« On cherche à s'unir et à se rassembler, et pour moi, ce sont des signes réconfortants, s'est-il encouragé. Derrière toute mort, il y a résurrection. Je trouve que les événements sont malheureux, mais en même temps, je trouve que notre réaction est belle. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer