Site patrimonial: Arvida citée en mars

Lors d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche, le conseiller... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Lors d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche, le conseiller municipal d'Arvida, Carl Dufour, a fait le point sur plusieurs dossiers. Il a notamment été question de la reconnaissance d'Arvida par l'UNESCO et de la citation, par Saguenay, du centre-ville comme site patrimonial.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le 6 mars prochain, l'adoption d'un règlement municipal officialisera la citation du centre-ville d'Arvida comme site patrimonial.

Saguenay a déjà conféré ce statut à quatre secteurs de l'ancienne ville : le quartier du Manoir du Saguenay, les 270 maisons construites en 135 jours, le secteur du Foyer des loisirs et le noyau institutionnel (les écoles de la rue Neilson et de la rue Joule). L'ajout du Carré Davis et de la portion comprise entre les rues Edison et de la Salle viendra officialiser le caractère patrimonial des lieux.

« Le secteur était tout de même régi et protégé par un plan d'intégration architecturale depuis 2010, mais il n'y avait pas de citation officielle. On travaillait là-dessus depuis 2014. On a d'abord déposé un avis de motion en ce sens le 15 décembre pour amorcer le processus légal. Le dossier sera présenté au comité consultatif d'urbanisme le 28 février, puis soumis au vote du conseil en mars », explique le conseiller municipal Carl Dufour. La volonté de conférer un statut particulier au centre-ville a été principalement motivée par le désir de la Ville de faire respecter les valeurs architecturales de la cité du métal gris. 

Le site patrimonial du centre-ville inclut plusieurs bâtiments construits à la même époque, lesquels sont représentatifs de la planification urbaine des villes de compagnie en Amérique du Nord dans les premières décennies du 20e siècle. Parmi ces immeubles, on note, entre autres, l'ancienne gare d'Arvida (devenue un salon funéraire), le Théâtre Palace, la façade orientale de la rue Davis et la Banque de Montréal. Un volumineux ouvrage vient d'ailleurs d'être réalisé à ce sujet par l'historienne et spécialiste du patrimoine urbain, Lucie K. Morisset, une brique que le conseille Dufour a surnommé « la bible d'Arvida ».

Un appel au maire Tremblay

Le conseiller municipal Carl Dufour presse le maire Jean Tremblay d'investir des deniers publics dans le projet de rénovation du Théâtre Palace Arvida. Selon lui, l'apport financier de Saguenay permettrait au magistrat de laisser un legs à Arvida lorsqu'il quittera la vie politique au terme du présent mandat.

À ce jour, les paliers provincial et fédéral se sont montrés ouverts à investir pour la rénovation de la pittoresque salle de spectacles du boulevard Mellon, fermée depuis plus de deux ans. Toutefois, leur participation au projet est tributaire de celle de Saguenay. L'administration municipale ne s'est pas encore commise et Carl Dufour se croise les doigts pour une annonce en 2017.

« Au cours des deux derniers mandats, il y a eu beaucoup d'investissements à Arvida et beaucoup d'efforts ont été déployés pour rénover des immeubles. Le maire est à quelques mois de son départ. S'il réussissait à faire aboutir le Palace, j'aurais eu deux bons mandats avec cette administration-là pour Arvida. Nonobstant le côté politique, ce serait son héritage et je l'enjoins à s'impliquer », dit Carl Dufour.

La rénovation du Théâtre Palace Arvida est évaluée à environ 3,5 millions $. La députée de Jonquière, Karine Trudel, a présenté le projet à la ministre responsable de Patrimoine Canada, Mélanie Joly. Elle s'est montrée attentive au projet. Le ministre de la Culture et des Communications du Québec, Luc Fortin, a lui aussi été sensibilisé à l'importance de restaurer ce joyau du patrimoine saguenéen lorsqu'il a visité Arvida il y a quelques mois.

Les critères auxquels répond Arvida

1. Représenter un chef-d'oeuvre du génie créateur humain ;

2. Témoigner d'un échange d'influences considérables pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages ;

3. Offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significatives de l'histoire humaine ;

4. Être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des oeuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle.

Soumis à Parcs Canada

Le dossier de candidature préliminaire visant l'inclusion d'Arvida à la prochaine liste indicative de Parcs Canada a été soumis le 16 décembre. Il s'agit d'un premier jalon en vue de la reconnaissance de la cité du métal gris par l'UNESCO.

La version plus étoffée de la demande sera soumise au palier fédéral d'ici au 27 janvier 2017.

« Notre dossier est prêt à 90 pour cent et c'est un très bon dossier. On ne voit pas comment il y aurait un dossier plus prêt que ça. Sa qualité ne fait aucun doute, tout comme la valeur historique d'Arvida », a fait valoir le conseiller municipal Carl Dufour, au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche vendredi. 

L'échevin pointe que le dossier d'Arvida répond à quatre des dix critères pour l'inscription sur la liste du patrimoine mondial, alors qu'un seul est requis. 

Un comité des six experts de Parcs Canada analysera les demandes reçues. 

Une vingtaine d'entre elles devraient être retenues puis placées sur la liste. L'UNESCO évaluera ensuite le contenu de la liste canadienne et choisira à quel site elle souhaite accorder une reconnaissance.

Saint-Jean-Eudes en moins, une partie de Kénogami en plus

Le redécoupage de la carte électorale à Saguenay, lequel fera passer de 19 à 15 le nombre de districts, modifie considérablement le quartier de Carl Dufour. 

Le conseiller perd Saint-Jean-Eudes, mais hérite du quartier des Fleurs, situé dans le secteur Kénogami.

Le nombre d'électeurs, autour de 8000, reste toutefois à peu près le même. Autrefois connu comme le quartier #6, le district de l'échevin sera dorénavant le quartier #5. 

« Pour moi, la méthode de travail ne change pas. J'ai toujours dit que pour réussir une campagne électorale, ça prend 3000 $ et 3000 portes », image Carl Dufour, qui a dû proposer quelques correctifs après avoir reçu la première mouture de la nouvelle carte.

« Je perdais le quartier Flamand et je trouvais que ça n'avait pas de bon sens. Ce quartier est très important dans l'histoire d'Arvida et il fallait qu'il demeure dans mon district », croit le conseiller. Quant aux adversaires potentiels du conseiller Dufour à l'élection de novembre 2017, aucun candidat officiel n'a encore été annoncé.

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