Hôpital de Chicoutimi: nouvelle unité pour les AVC

Lundi, Euclide Riverin a été victime d'un accident... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Lundi, Euclide Riverin a été victime d'un accident vasculaire cérébral. Heureusement, il s'est immédiatement rendu à l'urgence de l'hôpital de Chicoutimi et a été admis à l'unité AVC. Lorsque rencontré par Le Progrès-Dimanche jeudi après-midi, alors qu'il recevait les bons soins de l'infirmière Anne-Julie Gaudreault, il se portait à merveille. -

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Environ 500 Saguenéens et Jeannois sont victimes d'un accident vasculaire cérébral chaque année. De ce nombre, une cinquantaine d'entre eux décèdent. Pour mieux prendre en charge ces patients et tenter de déterminer les causes de l'AVC, une unité spécialisée vient d'être inaugurée à l'hôpital de Chicoutimi.

L'unité de six lits, aménagée sur l'aile de neurochirurgie, est fonctionnelle depuis un an, mais l'inauguration officielle a eu lieu à la fin novembre. Pour l'équipe médicale, il s'agit de l'aboutissement de démarches qui se sont échelonnées sur une quinzaine d'années. Autrefois, seulement les centres de santé tertiaires, situés à Québec et à Montréal, détenaient une unité spécialisée en cette matière. Il y a deux ans, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSSQ) a décidé que tous les hôpitaux régionaux devraient en avoir une.

« Avant, nous avions une approche passive en matière d'AVC. Maintenant, nous avons vraiment une approche active. L'utilité de telles unités a été scientifiquement prouvée. La prise en charge immédiate diminue de 30 pour cent les chances d'en mourir ou d'avoir des séquelles sévères », met en relief le Dr Michel Beaudry, neurologue à l'hôpital de Chicoutimi. 

Le médecin ajoute que l'admission d'une victime d'un AVC qui se présente à l'urgence permet aux professionnels de la santé d'intervenir à un moment crucial et d'administrer la thrombolyse, un médicament qui réduit les caillots de sang dans les artères. Il est capital que la victime reçoive la médication dans les quatre heures suivant l'accident vasculaire cérébral puisqu'elle augmente d'un tiers les chances de s'en tirer indemne. 

« Quand une personne fait un AVC, il y a deux millions de neurones qui meurent à la minute et quand il y a paralysie, c'est très important que la personne se présente à l'urgence dans l'heure qui suit pour recevoir la thrombolyse », fait valoir l'infirmière pivot à l'unité AVC, Alexandra Desgagné. 

Risques de récidive

Le Dr Michel Beaudry signale que les risques de faire un deuxième AVC dans les 72 heures suivant le premier événement sont grands. D'où l'importance d'une prise en charge rapide et adéquate. À la nouvelle unité, une infirmière s'occupe de trois patients par quart de travail, ce qui représente un très bon ratio, de l'avis de la gestionnaire, Mélanie Tanguay. La présence de divers professionnels de la santé qui travaillent en complémentarité fait également la différence, estime-t-elle. Ainsi, des services en physiothérapie, en ergothérapie, en orthophonie, en neuropsychiatrie et en travail social peuvent être offerts aux patients suivant l'accident, tout dépendant de leurs besoins. 

« On a vraiment un beau mélange d'expertise. Il y a un partage de connaissances entre les intervenants. Les familles sont aussi prises en charge quand elles en ont besoin et c'est très apprécié », note Mélanie Tanguay.

La gestionnaire rappelle l'importance d'agir rapidement dès les premiers symptômes, même si ceux-ci peuvent parfois se présenter de façon très discrète. L'acronyme VITE pour visage, incapacité, trouble de la parole et extrême urgence, est cité par Mélanie Tanguay en guise d'aide-mémoire. 

En moyenne, le séjour d'un patient à l'unité est d'environ 72 heures. Après avoir obtenu son congé, le patient sera suivi par la clinique AVC, elle aussi située à l'hôpital. Selon la gravité des séquelles, certains seront dirigés vers des unités de réadaptation physique. Un plan d'intervention est aussi dressé par l'équipe de soins, en concertation avec les proches, le tout en fonction des objectifs que souhaitent atteindre les victimes au terme de la période de rétablissement.

La gestionnaire Mélanie Tanguay croit que la présence... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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La gestionnaire Mélanie Tanguay croit que la présence de la nouvelle unité AVC comble un besoin pour la clientèle régionale, facilite la prise en charge et favorise le partage de connaissances entre professionnels de la santé.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Des causes dures à cerner

Chercher les causes de l'AVC est une chose. Les trouver en est une autre. 

À la nouvelle unité, des efforts colossaux sont déployés pour tenter de déterminer les raisons qui ont pu provoquer l'accident. Selon le neurologue Michel Beaudry, dans 30 pour cent des cas, les causes demeurent un mystère.

« Dans 25 pour cent des cas, les causes sont en lien avec les vaisseaux du coeur. Les embolies, les maladies cardiaques comme l'arythmie, par exemple, représentent environ 30 pour cent des AVC. Il y a aussi 40 à 70 autres causes plus rares et le défi, c'est de les trouver », explique-t-il.

Évidemment, le facteur génétique, la consommation abusive d'alcool et la pratique de sports d'intensité peuvent provoquer des caillots. L'adoption de saines habitudes de vie est donc recommandée pour éviter le pire. Plus les gens avancent en âge, plus les chances de faire un AVC augmentent. Chez une jeune femme de 20 ans en bonne santé, elles sont de 10 sur 100 000. En revanche, chez les 85 ans et plus, les risques sont beaucoup plus élevés. 

À l'unité AVC de l'hôpital de Chicoutimi, la moyenne d'âge est de 75 ans. Toutefois, les médecins et infirmières ont vu et traité des jeunes de 15 à 18 ans. La consommation de drogues dures est aussi un facteur de risque. 

Appelée à croître

Le vieillissement de la population aura un impact sur les activités de l'unité, laquelle sera inévitablement appelée à croître. 

« On sait que la population va continuer de vieillir et d'ici à 2030, le nombre de personnes âgées va doubler. Dans les dix prochaines années, on prévoit qu'il y aura probablement un tiers de plus d'AVC », avance le Dr Beaudry. 

L'implantation de l'unité à Chicoutimi rend la région presque autonome dans ce domaine. Les spécialistes de la région ne peuvent offrir la thrombectomie, une intervention réalisée à l'aide d'un fichoir, pour l'instant. Le Dr Michel Beaudry croit cependant que ce n'est qu'une question de temps. Depuis son ouverture le 30 novembre, l'unité chicoutimienne est remplie au maximum de sa capacité chaque jour.

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