Les lutins s'essoufflent... un peu

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Régis Tremblay pose avec sa nouvelle création, Bébé Lutin, qui contrairement aux autres lutins est faite exclusivement de tissu.

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

À une époque pas si lointaine, les gens s'arrachaient les lutins du père Noël. Par milliers, ils envahissaient les commerces du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dix ans après le début de cette légende fantastique créée par Régis Tremblay, le phénomène commence à s'estomper peu à peu.

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Comme en témoigne cette image, les lutins sont beaucoup moins nombreux dans les commerces de la région. L'immense village qui était érigé au BMR de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix était envahi par des milliers de petites créatures il y a à peine quelques années.

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Le phénomène des lutins est né dans la région.

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Il y a à peine quelques années, les réseaux sociaux étaient inondés d'images présentant les tours que jouaient les lutins. Or, il en est maintenant tout autre. Les parents qui partagent les surprises qu'ont leurs enfants à leur réveil se font plus rares. « Les commerçants ont profité de la manne et ils ont brûlé le concept. C'est ça qui est dommage. C'était immense ! Ils ont tué la magie », déplore le concepteur.

Il est encore possible d'en retrouver dans les magasins à grande surface, mais leur quantité a chuté de façon draconienne. Par exemple, chez BMR de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, là où le phénomène a pris naissance, les lutins se trouvent maintenant dans une toute petite grotte, à côté de la sortie. Par le passé, on retrouvait un immense village décoré et illuminé en plein coeur du commerce. 

« C'était de toute beauté. Les gens arrivaient parfois avant l'ouverture du magasin pour venir les voir. Ça n'avait aucun bon sens. C'était tout un phénomène. On n'avait jamais vu ça. Les clients arrivaient à 7 h 30 le matin et ils attendaient pour rentrer dans le magasin », se remémore M. Tremblay.

Même s'il se fait parler chaque jour de la vague qu'il a créée il y a 10 ans, il se rend à l'évidence. Les jeunes de sa localité continuent d'en capturer, mais en moins grand nombre que par les années passées. 

« Il y a encore des traverses de lutin à Lac-à-la-Croix. J'en vois encore, mais ç'a commencé à baisser. J'ai toujours préconisé qu'il faut attraper les lutins plutôt que les vendre. Je n'en veux pas aux commerçants, mais je trouve ça tellement dommage pour les enfants. Gardons quand même la magie. Les lutins sont arrivés et il faut les faire travailler », lance-t-il.

Défense de ses droits

L'histoire de Régis Tremblay est allée loin. Il a eu recours aux tribunaux pour faire reconnaître qu'il était l'auteur de la Légende des lutins. « Personne ne l'a développée comme je l'ai fait. Des artistes, dont je ne prononcerai pas le nom, ont tenté de s'approprier le concept. Ç'a été loin ! Personnellement, j'ai investi plus de 5000 $ en frais d'avocats pour avoir mes droits d'auteur. Aujourd'hui, les gens ne peuvent plus partir avec ça et développer la légende comme ils l'entendent », affirme-t-il.

La Légende des lutins

Les lutins font leur apparition en même temps que la neige, soit vers la fin novembre ou au début décembre. Ils font des mauvais coups et des gaffes pour amuser les gens. Le jour, ils sont figés, mais la nuit, plusieurs disent qu'ils « foutent le bordel ». Pour les capturer, il suffit d'insérer une petite gâterie, comme une galette, dans un sac, qui sert de piège. Le 24 décembre, les lutins retournent auprès du père Noël pour faire la distribution de cadeaux. Ils reviennent toutefois chaque à année.

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Une deuxième vague orchestrée

La vraie Légende des lutins de Régis Tremblay et Nadia Perron pourrait faire l'objet d'un film, mais aussi d'une série de télévision qui serait diffusée du 1er au 23 décembre de chaque année. Tel est le souhait de Denis Boivin, un producteur et cinéaste de Québec qui déborde d'imagination.

Il est maintenant le gérant de M. Tremblay et a plusieurs idées pour que cette aventure se perpétue, mais d'une manière authentique et exclusive. Il a d'ailleurs produit un court métrage d'une dizaine de minutes portant sur la vraie histoire des lutins.

La nouvelle Danse des lutins (disponible au www.genielutin.com) a aussi fait l'objet d'une vidéo. Elle a été vue plus de 17 000 fois depuis une semaine sur le Web. Celle-ci sera présentée à la Place du citoyen de Chicoutimi, durant la période des Fêtes. 

Cette année, Bébé Lutin s'est joint à la grande famille d'Orion. Il en est le cadet. Bébé Lutin ne ressemble pas du tout aux traditionnels petits bonshommes que s'arrachaient les consommateurs. C'est un produit « Made in Québec ». « Ce sont les premiers vrais lutins de Régis et nous souhaitons qu'il en soit de même pour Orion, Elta, Flocon, Firmin et Georgio. Nous souhaitons trouver une manière de les fabriquer au Québec plutôt qu'en Chine », mentionne Denis Boivin. 

Aux couleurs vives, Bébé Lutin est moelleux comme un toutou et il est disponible seulement sur le Web, à l'adresse www.genielutin.com. Lavable à la machine, son encre et le tissu sont approuvés par Santé Canada. 

Il est aussi le personnage principal nouveau livre Le rêve de Bébé Lutin, inspiré de l'imagination de Régis Tremblay. Il s'agit du troisième ouvrage émanant de cette légende. « Il est vraiment fait pour les enfants. Les jeunes peuvent le cajoler. Il est fabriqué dans un atelier de Québec, par des personnes à capacité réduite. »

La légende de Bébé Lutin raconte que, lors d'une sortie dans le Sud, en juillet, il s'était perdu dans un champ de bleuets. Trop petit pour être visible, les autres lutins, paniqués, ne le trouvaient pas. Bébé Lutin agita une grappe de bleuets et un son de grelot le fit repérer. Depuis ce temps, les Vrais Lutins portent avec fierté des grelots couleur bleuet. Quant à Bébé Lutin, immature, il arbore encore des bleuets blancs.

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