Ils consacrent leur vie à la fourrière d'Alma

Jimmy Maltais, le propriétaire de la Fourrière d'Alma,... (Le Progrès, Mélissa Viau)

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Jimmy Maltais, le propriétaire de la Fourrière d'Alma, peut compter sur sa fille Gloria pour travailler à temps plein avec lui. Gloria tient dans ses bras une petite femelle carlin aveugle qui leur a été confiée il y a quelques semaines.

Le Progrès, Mélissa Viau

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Mélissa Viau
Le Quotidien

CHRONIQUE / Jimmy Maltais, sa femme Lyne Collard et leur fille Gloria Maltais vivent à Alma, entourés d'une trentaine de chiens, une quarantaine de chats et près d'une dizaine de chevaux dispersés entre leurs résidences personnelles et la Fourrière d'Alma.

Cette vocation pour les animaux ne va pas sans sacrifices. Propriétaire de la Fourrière d'Alma depuis 25 ans, il est impossible, pour Jimmy Maltais, de voyager. Cette grande aventure a commencé au début des années 90, quand l'ancien propriétaire de la fourrière est tombé malade. Jimmy Maltais s'est alors proposé pour héberger temporairement les chiens dans le besoin. « J'avais installé quelques cages dans mon garage et je passais mes journées à travailler, entouré de ces animaux », se remémore M. Maltais. Comme l'homme n'a jamais pu reprendre la fourrière, Jimmy Maltais en est devenu le nouveau propriétaire. Au cours des années, son garage s'est adapté pour devenir un refuge fonctionnel pour les bêtes qu'il accueille.

En plus de ses études en production animale, Gloria travaille à temps plein à l'entreprise de son père. Elle rêve de prendre la relève, même si c'est un travail exigeant physiquement et mentalement. « Il y a des journées où ça ne va pas. Je deviens très triste de voir tous ces abandons. Je dois apprendre à gérer ça », constate Gloria qui a beaucoup d'empathie pour les bêtes qu'elle accueille. Parfois, elle héberge chez elle certains petits chiens en attente d'une famille. C'est le cas de Maggie, une chienne carlin de huit ans qui a été confiée à la Fourrière alors qu'elle était aveugle. « J'aime l'interaction avec les animaux. Ils ont besoin de nous et on fait une différence », remarque la jeune femme de 22 ans.

Bien que Lyne ait un travail dans une résidence pour personnes âgées, aussitôt qu'elle le peut, elle rejoint son conjoint et sa fille à la Fourrière. La famille demeure à quatre kilomètres du refuge installé au 1770, chemin du Moulin Nord, à Alma. C'est aussi à cet endroit qu'ils ont leurs cheveux avec lesquels Gloria et son père participent à quelques compétitions de gymkhana pendant l'été.

Changements

En 25 ans, M. Maltais a vu le monde des animaux changer. « À mes débuts, il y avait tellement de chiens sur le marché que les gens venaient parfois mener leur animal juste parce qu'ils voulaient changer », explique M. Jimmy. En effet, à cette époque, il était possible d'adopter un chien pour moins de vingt dollars. Dès le moindre problème de santé, ou pour une patte cassée, l'euthanasie était rapidement l'option choisie. Déjà, le propriétaire de la Fourrière ne se gênait pas pour faire la morale aux gens et leur expliquer combien un animal n'avait rien d'un simple objet jetable.

Races

Les races de chiens populaires ont changé aussi. Il y a 25 ans, le pitbull était inexistant à la Fourrière d'Alma. D'un autre côté, les portées de chiots débarquaient régulièrement. Aujourd'hui, il est plutôt rare d'accueillir des chiots, car il y a moins de chiens errants, donc moins de reproduction. Le husky, le labrador et le pitbull figurent parmi les races les plus abandonnées à cet endroit. « Ce sont des chiens avec beaucoup d'énergie, qui sont plus réactifs. Certains devraient être sur le ritalin », lance M. Maltais en riant. Quand il accueille un chien, il l'étudie. « Je fais rarement adopter des chiens par des familles qui ont des enfants », précise-t-il.

Euthanasie

À la Fourrière d'Alma, il y a un service d'euthanasie qui permet aux clients d'abréger les souffrances de leurs animaux. Jimmy Maltais procède à l'euthanasie d'un animal simplement lorsqu'on lui en fait la demande. « Ce n'est pas moi qui choisis d'endormir ces bêtes. Le monde se sert de moi », se console M. Maltais. Évidemment, si l'euthanasie est un choix insensé, il tentera de dissuader son client en offrant d'autres solutions. Le dispositif qu'il utilise est contrôlé avec une bombonne de monoxyde de carbone pure. L'animal meurt en quelques secondes, presque aussi rapidement qu'une injection.

Adoptés en Ontario

Depuis 15 ans, presque tous les chiens de la Fourrière d'Alma sont adoptés à l'extérieur du Québec via l'organisme SOS Québec-Ontario Dog Rescue (www.sos-dog-rescue.org). Ainsi, la plupart des chiens hébergés à la Fourrière sont réservés par des adoptants de l'Ontario qui attendent leurs chiens parfois plusieurs mois. « Quand j'arrive à Toronto avec les chiens, les adoptants pleurent comme s'ils attendaient des enfants », remarque M. Jimmy Maltais. Ces adoptants, souvent aisés financièrement, ont l'environnement et les ressources pour gérer des chiens ayant parfois certaines problématiques physiques ou comportementales.




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