École ou agence de rencontre?

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Je trouve inadéquate cette maudite habitude voulant constamment « matcher » nos enfants comme s'ils se souciaient de leur statut marital. Que ce soit à la garderie, la classe préscolaire, le primaire voire le secondaire, ces interrogations d'allure anodine sont loin d'être si banales aux yeux des petits. 

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / Elles sont reparties. Mes filles ont repris les bancs d'école. De ce fait, revoilà mon étonnement. Pas celui d'entendre tout un chacun s'enquérir du nom de leur enseignant responsable. Ni celui de savoir si les meilleures amies partageront pour une autre année la même classe qu'elles. Encore moins celui d'enquêter sur la présence ou non d'une stagiaire gratifiant les 180 jours à venir par son innocente motivation. Non !

Ce qui me surprend toujours, ce sont ces interrogations à savoir s'il y a de beaux garçons dans leur groupe. Si le petit voisin supposément si intéressant fait partie de la meute. Si elles ont jeté leur dévolu sur un éventuel « petit chum ». Pourquoi ? 

Mon ami Martin, trop d'ouvrage pour moi

Inappropriées que sont ces questions ! Eh oui, je trouve inadéquate cette maudite habitude voulant constamment « matcher » nos enfants comme s'ils se souciaient de leur statut marital. Que ce soit à la garderie, la classe préscolaire, le primaire voire le secondaire, ces interrogations d'allure anodine sont loin d'être si banales aux yeux des petits. 

Martin, c'était mon ami. Il vivait à côté de chez moi. Il avait un carré de sable fourni de toutes ses petites voitures, un BMX de rêve, une voiture téléguidée et un imaginaire tout autre que le mien. 

Bien que notre copinage était perceptible, combien de fois m'a-t-on demandé si j'étais amoureuse de Tintin ? Combien de fois ai-je entendu Myriam + Martin = amour ? Combien de fois mes grands frères m'ont-ils agacée à ce sujet ? 

En tous les cas suffisamment pour que Martin prenne le bord pour laisser place à mes cousines. Bye ! 

Une valeur sûre me coûtant cette belle amitié, mais m'offrant néanmoins cette sainte paix. Exit relation amicale féminine-masculine ; l'enfant en moi, comme plusieurs autres, a codé qu'elle était trop d'ouvrage. Un standard que plusieurs adultes suivent encore, limitant l'amitié entre les deux sexes pourtant possible ! 

« Parfois, j'ai des amis qui pleurent parce que personne ne veut être son chum ou sa blonde », m'expliquait Marie-Claude, professeure de prématernelle. 

Triste constat qui réfère tout simplement au rejet. Cette microsociété qu'est la garderie ou l'école est le reflet de notre vie. 

Les beaux, les plus gentils, les mieux habillés, les sages, les si, les ça, sont ceux dont les enfants « s'amourachent » pour répondre à cette demande de couple quasi prescrite par l'entourage. Difficile réalité pour les autres qui poignent juste la grippe...

Jouer avec des amis, garçons ou filles

Pas au stade d'être en couple. Inutile de le demander, le redemander et d'insister. En fait, l'enfant, petit ou plus grand, développe entre autres ses compétences, ses capacités à socialiser, à s'identifier, à se comprendre, à raisonner, à reconnaître son orientation sexuelle, alouette. 

Loin de lui le temps et la nécessité de vivre comme mari et femme à l'image de cette pression qu'il reçoit. 

Alors inutile de mettre l'accent sur un sentiment n'étant a priori qu'une invention de certains adultes. Jouer avec des amis, filles ou garçons, en voici un programme amplement suffisant. 

Et si ce programme vous apprenait à être en amour à 3, 6, 9 ou 11 ans ? Votre rôle de parent consistera alors à ne pas prétendre que cette relation est plus importante qu'une autre. Ne pas ignorer sans encourager, un beau défi non ?




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