Quand bébé paraît trop précoce

CHRONIQUE / Bonjour, Myriam, je m'adresse à vous, car nous avons besoin de... (Photo 123rf)

Agrandir

Photo 123rf

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / Bonjour, Myriam, je m'adresse à vous, car nous avons besoin de conseils. Ce n'est sûrement rien de bien grave, mais nous voulons agir de la bonne façon avec notre fille de 18 mois. Voilà qu'elle se frotte régulièrement les parties génitales contre l'attache de son siège d'auto ou de sa chaise haute. Elle y met de l'effort à en avoir des sueurs dans le front ! Ma conjointe craint que cela devienne compulsif et on se demande comment réagir puisqu'elle le fait devant les gens un peu partout. Nous en avons parlé à son médecin de famille qui ne savait pas trop quoi répondre. Alors c'est pourquoi je me tourne vers vous. Que faire ? Merci de l'intérêt que vous porterez à mon message. Papa. 

Un phénomène tout à fait normal

Et bien ! En voilà un bébé tout à fait normal, je vous répondrai d'emblée, cher papa. Certes possiblement plus assidue que d'autres sur cette dite « occupation », votre inquiétude à l'égard de votre fillette se voit officiellement ressentie chez plus d'un parent. 

La masturbation infantile : un sujet encore tabou, minimisé et associé à un appétit sexuel trop grand, inadéquat, précurseur d'une sexualité éventuellement gargantuesque, voire insatiable, et ce, d'autant plus vrai chez le poupon né de sexe féminin ? 

Encore « normal », pour certains, de voir des petits pénis en érection post-manipulation en raison du changement de couche, mais ô combien répressible de constater que mademoiselle meuble ce moment de toucher clitoridien ! 

Pourtant...

Déjà dans l'utérus

Absolument ! Les enfants, y compris les bébés, se touchent. En fait, le saviez-vous, même au stade in utero, plusieurs clichés tirés d'appareils à ultrasons ont exposé des foetus manipulant leurs organes génitaux avec dévotion. De quoi occuper ces neuf longs mois, penserez-vous ! 

Mais que faire avec cette chérie ? 

Rien, voici ma réponse ! Quoique simpliste, je préciserai que d'ignorer ce comportement reste la clé d'une supervision parentale adéquate. La disputer, la punir ou la remettre à l'ordre aurait pour effet d'abord d'ostraciser la masturbation, mais encore plus possiblement de l'augmenter. 

L'effet de détente, la volonté d'apaiser l'anxiété, de se reposer, la nécessité d'explorer son corps, de connaître un moment de plaisir, expliquent davantage cette habitude que seulement et uniquement l'aspect sexuel que vous, adultes, déduisez parfois à travers celle-ci. 

De plus, comment faire entendre raison à un bébé de 18 mois qui se voit à des années-lumière de l'âge de raison ? Bien trop petite que cette chérubine pour comprendre qu'on peut toucher nos fesses seulement et uniquement dans le confort de sa chambre, qu'il s'agit là d'un moment à soi, que l'intimité se voit primordiale, blablabla. Le mentionner, une prémisse en soi. En faire tout un tabac, une erreur, forcément. 

Faire diversion

Dans un endroit inapproprié ou dans une période inopportune, il se voit possible d'apaiser votre inconfort, chers parents. Quand la « période-branlette » se voit un peu trop intense selon vous, la solution se rapporte tout simplement à suggérer un programme autre à bébé d'amour. Jeu, histoire, câlin, heure du bain, comptines, de quoi occuper à la fois sa tête, mais aussi ses petites mains. Autrement, laissez-le vivre ! 

Merci, papa, de vous soucier de votre enfant et n'oubliez pas, chers lecteurs, que vos questions sont souvent celles des autres. Puisque je me fais le devoir de vous y répondre, écrivez-moi.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer