La mise en scène de l'amour

Pour réussir à plaire à l'autre, il faut... (123RF)

Agrandir

Pour réussir à plaire à l'autre, il faut d'abord se plaire.

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le mode séduction, la carte attractive, la représentation sous toutes ses formes, ces ritournelles vous disent peut-être quelque chose? Eh bien, moi oui! L'incorruptible besoin de plaire, voilà de quoi remplir mon bureau de gens épuisés par cette maladie du siècle.

Être au premier plan, dorer un peu la pilule, jouer de la scénette, à quoi rime ce besoin d'être vu, je dirais plutôt d'être reconnu, par l'autre, quel qu'il soit, étranger ou pas? Plus fréquemment que vous ne le pensiez, et possiblement pas seulement chez le voisin, pourquoi l'humain cherche-t-il parfois, de ci de là ou constamment l'amour d'autrui? Voyons-y!

Besoin de plaire, qui es-tu?

Aimer et encore plus être aimé, n'est-ce pas la quête de tous et chacun? Un leitmotiv définissant, plus souvent qu'autrement, l'individu de constitution relativement «normale».

Bien sûr qu'il y a de ceux qui me diront se ficher éperdument de l'opinion de tous à leur égard, ce que j'associe davantage à un mécanisme de défense qu'à une vérité pure et dure. Un autre dossier. Autrement, ce besoin cherchant la reconnaissance d'autrui a certainement son importance. Celle de vous valoriser, de renforcer positivement vos agissements, comportements, façon d'être et surtout, d'optimiser votre confiance personnelle en vous poussant un peu plus. Être aimé, c'est bon pour tout!

Un peu, beaucoup, à la folie

«Aimez-vous les uns les autres», un certain-plus-haut-placé-que-moi a prôné ce fondement. L'idéal, n'est-ce pas? Mais la vie étant ce qu'elle est, inutile de préciser que cette réalité s'avère impossible. Puisque vous-même n'aimez pas tout le monde, à quoi bon rêver que tous vous aiment?

Comprendre ceci amène à tempérer un besoin de plaire rendant la vie fonctionnelle et adéquate. Mon patron, ma belle-mère, mon mari, mes enfants m'aiment, la vie est belle!

Là où le bât blesse, c'est quand l'individu cherche à plaire à tous, coûte que coûte, au détriment de ce qu'il est. Avec le caissier, le livreur de pizza, les collègues, la coiffeuse, au diable son opinion, spontanéité, goût, personnalité propre, tout devient calculé. Afin de se complaire dans le regard de l'autre, il fera tout pour faire plaisir et, conséquemment, obtenir cet amour qu'il cherche tant et ce, quitte à s'oublier, voire même à perdre de vue son identité propre. La séduction compulsive peut même s'en suivre.

En couple

Un pattern de donneur/receveur, tel que je le nomme, c'est quand l'un cherche à plaire à tout coup à son chéri, se relayant inévitablement en second plan, et que l'autre en profite. Un fou! «Si elle ne m'aimait plus, s'il me trouvait moins belle, s'il allait voir ailleurs, si elle me boudait, si elle se fâchait, si, si si». En voici des raisons de toujours être sous son meilleur jour chez pitou et d'exiger chez minou. La premier se voit rassuré, confirmé ou valorisé et le second, d'abord comblé et tranquillement pas vite, inévitablement insatiable. Un déséquilibre insidieux qui, tôt ou tard, crée des ravages.

S'auto-plaire

La clé de la solution, c'est celle-là. Quand on se plait soi-même, inutile de jouer la carte de l'aidant naturel allant aux devants de Pierre, Jean, Jacques sous prétexte qu'ils nous aiment. Ça suffit la comédie, cessez de jouer un rôle et restez vous-même. La reconnaissance de tous s'avère secondaire quand vous devenez vous-même l'instigateur de votre amour-propre. Une histoire d'estime personnelle, encore une fois. Besoin d'aide? Faites-moi signe!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer