L'aversion sexuelle

Le manque d'intérêt peut avoir des causes profondes.... (Photo 123RF)

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Le manque d'intérêt peut avoir des causes profondes.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est plus qu'un manque d'intérêt ou une absence de désir sexuel... Cette personne qui semble éprouver une attirance sexuelle à votre égard vous suscite une violente antipathie, et ce, même s'il s'agit de votre partenaire. C'est physique, l'idée même d'être touché fait dresser les poils sur vos bras. Tout contact vous horripile; la masturbation vous donne envie de vomir; les organes génitaux vous répugnent au plus haut niveau; la sexologue en moi vous fait pitié. Peut-être souffrez-vous de ce trouble appelé l'aversion sexuelle?

Parfois situationnelle

Heureusement, il n'est pas toujours aussi draconien, ce portrait de l'aversion sexuelle généralisée! Ce trouble peut être associé à seulement une ou quelques activités sans pour autant biffer par dégoût un paquet d'autres possibilités. La répugnance envers l'amour oral, le sperme ou tous autres liquides biologiques en est un exemple. Idem pour certaines positions sexuelles à caractère plus bestial ou encore la sodomie. Au-delà du complexe, il y a également de ces femmes, plus nombreuses que les hommes, qui prennent leurs caractéristiques physiques en abomination rendant ainsi leur mise à nue impossible ou, pire encore, l'accès de leur conjoint à leurs attributs, inconsidérable. Oui, une vie sexuelle reste viable. Ceci dit, viennent par contre des rapprochements sexuels calculés, sans spontanéité, nudité ou encore remplis de restrictions ou contraintes.

Les causes

N'ayant rien du caractère cartésien de la comptable ou du pragmatisme de l'ingénieur, il m'est impossible de préciser qu'une donnée X explique à elle seule la cause de cette aversion. Un amalgame de raisons se chevauchant, souvent dans un moment précis et/ou avec les conditions nécessaires, me semble davantage opportun pour définir ce qui mène à une pareille situation. Infidélité, association négative, décalage sexuel entre partenaires, traumatismes antérieurs, absence d'amour et/ou de communication dans le couple, violence, dépression, douleurs gynécologiques persistantes, sexualité négative dans le passé, manque d'estime personnelle, en voilà des causes susceptibles d'engendrer cette problématique.

Passagère ou pour la vie?

Bien entendu que l'aversion sexuelle peut être temporaire. Elle peut être attribuable à un conjoint précis, à une période donnée, à une maladie ou à la suite d'un évènement marquant. Plus rarement, nous parlerons d'aversion généralisée, se référant aux critères diagnostiques du fameux DSM, forme nettement plus grave souvent induite par des causes telles que des agressions sexuelles à l'enfance, une sexualité teintée de violence physique et/ou psychologique, des expériences négatives prônant le contrôle à répétition et j'en passe.

À quand la gourmandise?

Pour s'en délivrer, un travail personnel est plus que nécessaire afin d'y comprendre les vraies causes associées. Facile, quand un certain niveau de fonctionnalité est atteint, de repousser l'échéance ou d'associer les facteurs étiologiques au train-train quotidien, la fatigue, un boulot exigeant, les enfants, une période de lassitude, etc. Qu'est-ce qui se passe? De quoi ai-je peur? D'où vient ce dégoût? Depuis quand? Avec qui? Tout le temps? Qu'arrive-t-il si j'enfreins mes limites? En voici de bonnes questions.

Puisque la sexualité est, essentiellement, gage de bien-être physique et mental, pourquoi diable se priver de cette sphère optimisant autant sa santé personnelle que celle du couple? En prenant le taureau par les cornes face à l'aversion sexuelle, dans le meilleur des mondes, dès l'apparition de la pente glissante qu'est la répulsion, oui il est possible, avec efforts, de passer outre. De rester ouvert, de comprendre ses limites sexuelles, de tenter l'exploration, de refuser toute attitude bornée ou encore négative et de communiquer entre conjoints constitue certainement une clé vers la guérison.

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