La souffrance d'une peine d'amour

CHRONIQUE / Ayoye, ça fait tellement, mais tellement mal ça! (123rf)

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ayoye, ça fait tellement, mais tellement mal ça!

Vous auriez préféré qu'on vous brûle à vif, subir l'écartèlement ou pire encore, que la moissonneuse batteuse vous piétine en plein champ. N'importe quoi d'autre n'aurait pu être pire que de vous faire délibérément plaquer, sans signe ni préavis, par cette personne que vous aimiez comme jamais vous n'aviez aimé auparavant.

La peine d'amour, existe-t-il pire souffrance? Pourquoi ce chagrin en pousse plusieurs à croire qu'ils puissent mourir de déshydratation à force de crise de larmes, à rester indéfiniment apathiques ou encore pire, à être confinés à une vie de désillusions des plus totales? Cherchons à comprendre...

Se faire larguer, c'est officiellement une forme d'abandon engendrant un sentiment souvent insoutenable de rejet. Effectivement, sans consentir ou avoir mot à dire, l'autre plie bagage pour mieux prendre la clé des champs vous laissant seul avec vous-même, situation datant de peut-être des lunes. Réflexions, remises en question, interrogations à savoir si vous êtes digne d'amour surviennent alors.

Qu'avez-vous fait (ou pas fait) pour mériter ça? Êtes-vous une personne aimable? Est-ce de votre faute? Pourquoi?

Introspection souvent longue, plutôt difficile qui, possiblement même, ramène à d'autres abandons antérieurs, mais qui s'avère nettement nécessaire. Période ô combien pas facile pour l'égo!

Bien qu'il n'y ait pas mort d'homme, la peine d'amour comporte sa période de deuil, ne serait-ce que par la perte de l'autre, d'une vie de couple et des projets construits ensemble.

Toujours les mêmes étapes s'en suivent. Une fois laissé pour compte, vous voilà d'abord choqué par la nouvelle. Cette rupture vous tombe sur la tête telle la foudre sur un arbre en plein champ et ce, même s'il y avait évidence de la situation. Vous n'arrivez pas à y croire et sombrez alors dans le déni. C'est impossible, c'est une crise qui va se replacer, pensez-vous. Visiblement que non, la colère, frustration, marchandage vous habitent ensuite histoire de tenter le tout pour le tout. Tentatives toujours vaines d'une reprise de la vie à deux, la tristesse se pointe alors faisant ainsi gonfler votre plancher de bois. Ce temps passé à pleurer se finalisant par une trêve des larmes, la capitulation se voit enfin envisageable pour faire place à la résignation, à l'acceptation et finalement à la reconstruction. Ça y est, votre coeur est cicatrisé!

Ce qui ne tue pas rend plus fort, tellement plate à entendre mais pourtant si vrai! C'est pour cette raison que je reviens sur la notion de reconstruction. Qui dit chagrin d'amour dit souvent peur intense de ne plus jamais retrouver cette personne qui refera battre votre coeur comme l'avait fait la précédente. Célibat ad vitam aeternam devient alors envisageable afin de ne plus jamais, au grand jamais, revivre cette période horrible.

À ceci je répondrai mauvaise idée! Si un regard intérieur adéquat, un temps suffisant, les moyens nécessaires et la permission de vivre ses émotions sont autorisés, l'amour avec un grand A sera alors de nouveau envisageable. Il vous sera officiellement assuré et encore meilleur qu'aux expériences précédentes, croyez-moi!

Une peine d'amour ça change quelqu'un c'est certain. Et si, avec le recul, c'était pour le mieux? Un genre de mal nécessaire pour SE préparer pour LA bonne relation. J'y crois vraiment à condition, bien entendu, que la peine soit vécue et ça, ça prend de la patience! Et vous, qu'en pensez-vous?

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