Comprendre l'hypersexualité

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Il peut être éreintant d'être en couple avec une personne souffrant d'hypersexualité.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / La personne aux prises avec un trouble d'hypersexualité (nymphomanie pour la femme ou satyriasis pour l'homme), plusieurs en rêvent, d'autres la cherchent ou encore la fuient comme la peste. Qu'elle soit homme ou femme, on la perçoit comme étant cochonne, insatiable, immorale, capable de tout, n'importe où et avec n'importe qui sauf que, ce que la plupart d'entre vous ne savez pas, c'est que celle-ci consomme le sexe pour assouvir qu'un seul et unique besoin : sa dépendance sexuelle liée à un mal plus grand.

La problématique de l'hypersexualité reste difficile à définir, à évaluer et à diagnostiquer, et ce, même dans un cadre multidisciplinaire.

Ce que tous s'entendent pour dire, par contre, c'est qu'il y a nécessairement consommation à outrance de sexualité sous une ou diverses formes. En termes clairs, c'est quand quelqu'un (ou quelqu'une, vous l'aurez bien compris) regarde de la pornographie les trois quarts du temps de sa journée. Quand ce dernier a mille connaissances sur Internet avec qui il fait du sexe virtuellement. Quand celui-ci a les mains ou les doigts cornus à force de se masturber. Quand toutes les danseuses ou les escortes de la région le connaissent par son petit nom. Quand il ne reconnaît plus les gens avec qui il a eu des relations sexuelles. Quand son partenaire a sacré le camp tellement il n'en pouvait plus! En voilà tout un portrait...

C'est aussi beaucoup plus que ça puisque d'un point de vue sexologique, cette énumération décrivant ces comportements ne représente, en fait, que des symptômes illustrant la pointe d'un iceberg. Ce quelqu'un fait bien plus que cela, croyez-moi!

Tel un dépendant à l'alcool, aux drogues ou aux jeux, ce dernier met de côté sa vie sociale, professionnelle et ses loisirs pour occuper la majorité de ses pensées à organiser son temps en fonction de s'adonner à une sexualité dont il a besoin pour assouvir, amoindrir, engourdir une souffrance. Sexualité qui, soit dit en passant, a bien beau être pratiquée selon les pires bassesses des films XXX, ne le satisfait jamais ou encore que l'instant d'un moment. Bien sûr puisque la maudite souffrance revient toujours de plus belle initiant ainsi la nécessité de recommencer encore et encore plus, et ce, au-delà de tous risques et conséquences possibles. Toutes tentatives pour diminuer ou freiner son élan impulsif et compulsif sont vaines dues à l'incapacité de tolérer l'anxiété qui en découle.

Les causes

Avant de sauter trop vite aux conclusions de l'hypersexualité, une évaluation faite par un professionnel de la santé s'avère essentielle pour éliminer la possibilité que diverses drogues, médications ou encore symptômes de certaines maladies mentales ou cognitives aient pu entraîner ces comportements.

Une fois cette possibilité écartée, vient ensuite une panoplie d'explications pouvant induire cette dépendance qui, somme toute, reste assez rare. Un besoin d'attention, d'amour, d'affection suite à une faible estime personnelle, une absence de confiance en soi, une carence ou encore une dépendance affective peuvent induire ce phénomène. Il y a aussi les traumatismes vécus, les expériences difficiles et les abus tant physiques, émotifs et sexuels subis antérieurement qui peuvent devenir une prémisse. L'instabilité psychologique, une mauvaise gestion du stress, l'impulsivité générale semblent également prédisposer à une conduite d'hypersexualité. Physiquement parlant, quelques chercheurs ont établi une dépendance au «high» qu'apporte la production de dopamine lors de l'orgasme, mais cette hypothèse reste encore mitigée.

Une fréquence élevée ou des pratiques sexuelles autres que les normes habituellement attendues par la société n'indiquent pas nécessairement un trouble d'hypersexualité. Puisque chacun possède son appétit sexuel, rappelons-nous que la notion de souffrance explique d'abord et avant tout ce type de sexualité boulimique. De ce fait, une thérapie s'avère nécessaire pour comprendre le pourquoi de ces agissements et pallier à ce malaise comme tel.

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