Maudite rivalité féminine!

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / «L'as-tu vu celle-là? Maudit qu'elle s'habille mal!»

«Sais-tu ce que Ginette a dit?»

«Elle, plus capable de la sentir, une vraie peau de vache.»

«Toujours en mode séduction, elle a vraiment besoin d'attention.»

MAUDITE rivalité féminine. Pourquoi? Dites-moi pourquoi les femmes sont si dures les unes avec les autres? Peut-être est-ce inné? Peut-être est-ce un acquis de la garderie? Pourquoi pas la faute des vaccins, puisqu'ils ont souvent le dos large? Sans blague, pour avoir été entourée de femmes matriarcales pures et dures depuis ma naissance, pour avoir travaillé dans des milieux de femmes depuis l'âge de 19 ans et bien sûr, pour être femme moi-même, je l'avoue, de par les temps qui courent, le «bitchage» féminin est à son apogée!

Comme dans tout, certaines femmes sont plus adeptes de ce hobby que d'autres. Pour faire amende honorable, je mettrai initialement cartes sur tables en vous confessant que je ne suis pas 100% patte blanche. Il m'arrive, quasi jamais par exemple, de me transformer en mini langue de vipère l'histoire d'une nanoseconde avec ma seuur, Caro, Justine ou Catherine et un peu Marie-Pier, pour ensuite m'auto-flageller, sombrer dans le remords et me répéter: qui es-tu, Mimi Boutch, pour juger les autres? Ouais, seule mère Theresa aurait pu se faire délier la langue dans ce contexte là...

Bon, la confesse étant dite, analysons les raisons pour lesquelles les femmes peuvent avoir la «switch à bitch» si facilement et, possiblement, si fréquemment. Il est possible d'expliquer ce phénomène, chez la gente féminine, par la peur d'être devancée, déclassée, surpassée par une autre. Notre culture nous a appris à nous, les «girls», dès notre jeune âge, à être gentilles, belles, dévouées, bonnes, brillantes et j'en passe. Pas étonnant que plusieurs d'entre nous en déduisent que plus elles présenteront ce type de qualités, plus elles seront appréciées, chéries, aimées, voir même adulées. Qu'arrivent-ils, chez ces dernières, quand une autre femme qu'elles démontrent des traits semblables mais, selon elles, en version améliorée? Panique à bord, évinçons, en déblatérant sur son compte, la menace pouvant faire chambouler notre vie amoureuse, professionnelle, sociale, notre perception de nous-même, et j'en passe.

Quoi faire devant cette personne qui, consciemment ou inconsciemment, nous confronte au point de faire de nous la pire martyre de la Terre?

Voici le grand questionnement relatif à la rivalité féminine. La meilleure réponse est RIEN à condition, bien entendu, qu'une confiance en soi positive et une estime personnelle du béton soient bien ancrées dans notre personnalité. Autrement, c'est là que le bât risque de blesser. Tel un mécanisme de défense, une protection, une obligation pour se valoriser, vite, il faut déprécier, calomnier, critiquer cette terrible rivale qui est, probablement, une personne extraordinaire après tout et à qui, après coup, on affiche un sourire à 32 dents! En plus de blesser souvent gratuitement l'autre, cette stratégie ne s'avère pas nécessairement bien efficace et n'apporte pas, finalement, grand-chose mise à part la culpabilité qui en découle...

Jaser des autres, rien de plus humain, mais est-ce nécessairement fait juste pour le plaisir de jaser! Pensez-y, en même temps que vous tournerez votre langue sept fois! Voyez votre beau potentiel et surtout, faites-vous confiance! En voilà une belle résolution 2016!

P.S. Les gars, pour vous qui n'êtes pas toujours mieux, votre tour s'en vient!

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