L'Halloween version XXX

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«Depuis quand les festivités entourant la fête de l'Halloween se sont-elles sexualisées, pour ne pas dire hypersexualisées?», questionne notre chroniqueuse.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

En quoi je me déguiserais bien cette année? La grande question qui me revient en octobre, tel un châtiment, à l'annonce d'un party d'Halloween! Cherchant l'originalité à tout prix, c'est avec ma gang d'enfants que je me suis rendue dans une pharmacie se transformant, pour un mois seulement, en spécialiste du costume et d'accessoires de toutes sortes!

QUEL CONSTAT! Habits de pirate aux seins presque dégarnis, costumes de sorcières à l'allure dévergondée, diablesses à qui on ne demanderait pas mieux que de se faire piquer par sa fourche, princesses de Disney version quasi XXX et bien entendu, l'attirail complet de la policière, infirmière et compagnie répondant aux fantasmes sexuels de l'uniforme.

Entre l'envie de boucher les yeux de mes filles qui les écarquillaient aussi grands qu'une mamie fréquentant pour la première fois le sex shop, j'ai décidé que s'en était trop! Quitte à dévoiler mon punch, je vous annonce que cette année je me déguiserai en fantôme. Un drap blanc sur la tête avec deux trous pour les yeux, habillée comme un ours en dessous, voilà tout! Myriam ne sera pas un objet sexuel cette année!

La belle affaire! Depuis quand les festivités entourant la fête de l'Halloween se sont-elles sexualisées, pour ne pas dire hypersexualisées? Oui comme dans hypersexualisation de la femme, mais encore plus malheureusement de nos petites filles.

Effectivement, aussi triste fut mon second constat, en voyant que les costumes d'enfants dégageaient à la fois un message à caractère sexuel, mais aussi un prônant des stéréotypes flagrants en lien avec les rôles de genre.

Difficile de déguiser fillette en pompier traditionnel si tel est son souhait. Les costumes de pompière s'éloignent définitivement de ce qu'il est réellement pour laisser place à une jupette, un petit col arrondi et de jolies jambières.

En comparaison, le gamin, lui, se verra vêtu de la copie conforme du chef du Fire Department of New York, rien de moins. Encore une fois, ce qui est bon pour pitou ne l'est pas pour minou : les gars dans l'action, les filles dans le paraître!

Mais d'acheter, de se déguiser, de costumer son enfant ainsi, voire même de vendre ce type de tenue, qui semble maintenant faire partie d'une norme, n'implique-t-elle pas d'endosser les clichés de genre et l'hypersexualisation pour lesquels la dénonciation reste un cheval de bataille depuis des années durant?

Est-ce une histoire de pression sociale, un besoin de conformité, de goût ou encore de banalisation qui font en sorte que la société ait accepté, ni plus ni moins, de sexualiser la fête de l'Halloween?

Et si la solution revenait au monde de l'imaginaire? Quitte à faire matante, reculons à il n'y a pas si longtemps. Ma mère, qui avait quatre enfants, ne se cassait pas trop le bicycle à faire la tournée des pharmacies pour nous acheter des costumes sexy. Pas le temps, pas d'argent! On s'organisait avec ce qu'il y a de plus précieux en nous : notre imaginaire! Foulard, boutons, maquillage de la grande soeur, chaussures de grand-maman, bricolage, tout était possible!

Tout y était pour la grande soirée mise à part trois choses : sexualisation, stéréotypes de genre et finalement, l'hyperconsommation (dont je laisse le dossier aux économistes de ce monde. Chacun son métier).

Ainsi, bonne Halloween aux mamans fantômes, à vos petits monstres à qui j'espère ne pas reconnaître le sexe et aux papas qui pourront se déguiser sous les coups de 22h en pompier de la FDNY, dans la chambre bien sûr...

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