Des petites aux gestes de grandes

Qui dit party de petites filles dit popcorn,... ((Archives Le Quotidien))

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Qui dit party de petites filles dit popcorn, orangeade et musique.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

Qui dit party de petites filles dit popcorn, orangeade et musique. Elles ne font pas seulement discuter de grands enjeux, tels le nouveau de la classe, le cheerleading. Oh non! Elles dansent aussi... et pas n'importe comment! Comme les chanteuses hyperpopulaires, elles multiplient mouvements aguichants rappelant les prouesses des meilleures effeuilleuses. Je crie alors au malaise, car, malaise il y a puisqu'elles ne sont pas conscientes, dans leur tête de fillettes, qu'elles posent des gestes à caractère sexuel. Elles ne font que danser comme la chanteuse à la télé! Je viens tout juste de vous illustrer l'une des conséquences de l'hypersexualisation chez les enfants et les adolescents, une sexualité qui prend toute la place, même là où il n'y a pas lieu d'être.

À moins de garder notre marmaille adorée dans un vase clos, impossible de contrôler leur exposition à l'hypersexualité puisque cette dernière est partout; publicités, vidéoclips, Internet, magazines, concours de beauté, vêtements, jouets, etc. Observez un peu leur petit univers et vous verrez ce dont je parle: poupées aux lèvres charnues dans la salle de jeu, revues "girly", vêtements suggestifs, personnages animés à l'attitude macho, pauses publicitaires de femme feignant l'orgasme à toute sauce, chansons aux paroles à double sens, etc...

Il est certain que les enfants ne sont pas de gros acheteurs puisqu'ils sont sans le sou. Par contre, ce sont de grands demandeurs... Voilà pourquoi ils sont visés, subtilement ou non, par la publicité de toutes sortes. Plusieurs études s'entendent pour dire que ces derniers représentent une population vulnérable encore à la recherche de sa personnalité. De ce fait, ils sont fortement influençables sans toutefois pouvoir discerner les doubles messages envoyés. En d'autres termes, un peu comme par imitation, ils reproduisent, innocemment, ce qu'ils voient en pensant qu'il s'agit de la normalité ce que l'on appelle, sexologiquement parlant, la désensibilisation sexuelle.

Un enfant, ou un adolescent, désensibilisé à l'hypersexualisation se voit alors exposé à un paquet de dommages collatéraux. Commençons avec l'image que les jeunes filles ont d'elles-mêmes. Un peu comme chez l'adulte, l'insatisfaction est tangible amenant une estime personnelle fragile et une confiance effritée. En très bas âge, plusieurs se disent laides ou grosses et pratiquent des régimes amaigrissants menant parfois même jusqu'aux troubles alimentaires. Pour ce qui est de la pratique de la sexualité, effectivement, cette dernière se voit de plus en plus précoce. Oui, nos enfants sont actifs sexuellement sans nécessairement être prêts psychologiquement et émotivement. De plus, le port du condom semblent être banalisé par ceux-ci expliquant, forcément, une hausse des ITSS en bas âge et des grossesses non désirées. Bien sûr, les rapports inégaux entre la femme-objet et l'"homme-full-testo" peut expliquer la présence de domination masculine au sein des couples formés par les jeunes, de la violence verbale, psychologique, physique et sexuelle. Finalement, la consommation de tabac, alcool, drogue, antidépresseurs et stéroïdes peut également certainement entrer en lien avec l'hypersexualisation.

Pas banal l'effet de l'hypersexualisation sur nos enfants! Mais, ne paniquons pas, car, en tant que parent, sachez que nous avons du pouvoir sur le phénomène en question, à condition, bien entendu, d'agir...

Quoi faire? D'abord de reconnaître ce qu'est l'hypersexualisation et filtrer, dans le mesure du possible, les sources flagrantes selon l'âge de vos jeunes (gérer la télévision, les vidéoclips, mettre un logiciel de filtrage sur votre ordi, bloquer les pubs interstitielles, etc). Osez expliquer à vos enfants ce qu'est une sexualité saine et adopter un comportement adéquat puisque n'oubliez jamais qu'en tant que parents, vous êtes le plus grand modèle de vos enfants! Renforcez-les positivement face à leur image, leurs actions, leurs qualités et aidez-les à développer leur esprit critique. Socialement, nous avons tous le devoir de réagir face à l'inacceptable.

Infirmière-sexologue

Des questions? Écrivez-moi: mbouchard@lequotidien.com

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