Les impacts de l'hypersexualisation

La première étape pour contrer ce vacarme sexuel,... ((Courtoisie))

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La première étape pour contrer ce vacarme sexuel, ou hypersexualisation, consiste certainement à prendre conscience de sa présence gargantuesque, mais aussi, à considérer son impact sur nous, adultes, qui n'avons pas nécessairement choisi d'être exposés à tout ce sexe bon marché.

(Courtoisie)

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

Le sexe, il est partout! À la télé, à la radio, dans la musique, les revues, les affiches publicitaires... C'est trop pour moi! Vite, apportez-moi un loup pour les yeux et des bouchons!

La première étape pour contrer ce vacarme sexuel, ou hypersexualisation, consiste certainement à prendre conscience de sa présence gargantuesque, mais aussi, à considérer son impact sur nous, adultes, qui n'avons pas nécessairement choisi d'être exposés à tout ce sexe bon marché.

Prenons d'abord le pouls de ce qu'est l'hypersexualisation. Facile, il s'agit d'une sexualité omniprésente, et ce, même dans ce qui n'a aucun rapport avec le sexe. Aujourd'hui, je constate qu'il est tendance d'assaisonner d'un soupçon de sexe, plus ou moins subtil, les objets, les produits de consommation, les jouets, les animaux, les aliments et même les enfants. Imaginez! Dans une pub, j'ai même déjà vu une femme quasi jouir en passant sa balayeuse. Chose techniquement impossible. Ayant moi-même troqué ma femme de ménage contre une piscine, je pratique cette expérience à raison de deux fois semaine. Croyez-moi, la seule émotion que j'ai pu ressentir, jusqu'à maintenant, correspond au bruit d'un bloc Lego, que j'ai demandé au moins mille fois de ramasser, faisant le trajet du boyau. Un beau plaisir, merci la vie!

Vous n'avez qu'à regarder autour de vous, toute cette surabondance sexuelle valorise fortement l'apparence physique. Observez la publicité, par exemple. Les femmes sont «méga-top» canon aux obus surdimensionnés et au minois ébahi. Tel un présentoir, toutes présentent, affichent ou suggèrent un produit par le biais de leur corps. Les hommes, eux, sont soufflés-musclés, ténébreux avec leur regard de mâle alpha et, possiblement bandés! Eux, c'est dans l'action qu'ils proposent le bien de consommation. Ils cordent du bois, conduisent un «truck» ou semblent à la tête de grandes multinationales. Encore la dichotomie homme-femme; la nunuche versus le macho!

Peu d'études se sont concentrées sur l'impact de l'hypersexualisation sur la personne adulte, tant homme que femme. Enfin, très peu comparativement à celles portées sur les enfants et les adolescents. Par contre, toutes les données vont dans le même sens: la sexualité, en tout lieu et à tout instant, n'est pas sans conséquence. À commencer par l'estime personnelle. Ça en prend une pas pire pour se rappeler constamment que les mannequins, acteurs, chanteurs et autres ne correspondent pas au commun des mortels. Il faut être bien confiante, les filles, pour se rappeler, jour après jour, que le fait de porter la même montre que la fille de la revue ne vous donnera en aucun temps cet air de femme fatale! Non, vous serez juste plus à l'heure à vos rendez-vous. Idem pour les hommes, même si vous buvez la même bière que M. Gigolo, il est peu probable qu'une troupe de meneuses de claque en chaleur se trémousse dans votre salon. Vous ne pognerez probablement rien d'autre qu'un mal de bloc.

En plus d'affaiblir l'estime personnelle, l'hypersexualisation se corrèle certainement avec un paquet d'autres problématiques liées au monde des adultes et, plus particulièrement celui des femmes. L'augmentation du taux de la violence physique, psychologique et sexuelle commise envers ces dernières peut officiellement être expliquée par l'image de femmes-objets suggérée un peu partout. Qui dit hypersexualisation dit aussi, possiblement, hausse des régimes amaigrissants, de l'usage de la chirurgie esthétique, de l'anxiété, de la consommation, des relations sexuelles sans lendemain, de négligence du port du condom, d'une hausse d'ITSS et j'en passe.

J'emploie le mot grave pour expliquer l'ampleur du phénomène chez l'adulte. Alors, imaginez mes perceptions sur l'impact de l'hypersexualité chez les enfants et les adolescents. Je vous reviens là-dessus dès la fin de semaine prochaine. Un gros dossier nous y attend!

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