Une pratique qui n'est plus tabou

La fellation a longtemps été une pratique cachée.... ((Archives Le Quotidien))

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La fellation a longtemps été une pratique cachée.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

Grand sujet aujourd'hui! Âmes sensibles, je vous prie de passer à la page suivante puisque, sans détour, je vous parle aujourd'hui de fellation.

Après plusieurs mois d'écriture, je crois avoir noué l'intimité nécessaire avec vous, chers lecteurs, pour toucher enfin ce sujet délicat sur lequel plusieurs me demandent d'élaborer.

La pipe, le pompier, la gâterie, le vacuum: cette pratique touche tout le monde de près ou de loin, et ce, au travers des époques.

Eh oui, bien avant l'humain, les animaux l'ont pratiquée, à commencer bien sûr par le singe! Plusieurs fresques datant de l'ère avant Jésus-Christ ont d'ailleurs démontré que la fellation faisait partie des pratiques courantes tant dans les relations homosexuelles qu'hétérosexuelles. Cléopâtre, elle-même, aurait supposément été renommée pour ses performances bucco-génitales, ce qui n'est pas peu dire... Donc, rien de nouveau dans le fait de se faire «cirer le dard», comme le diraient nos cousins français.

Mais, pourquoi donc toujours ressentir un certain malaise lorsqu'il s'agit de parler de fellation, me demandent certains? Bien que cette pratique existe depuis toujours, il est vrai qu'elle a longtemps eu une connotation négative. À l'époque de nos grands-parents, la sexualité était dictée par la religion dans une visée procréative. Tailler une pipe à son bonhomme n'a jamais fait des enfants forts forts! Un acte de plaisir de la chair était synonyme de péché capital... voilà de quoi réprimer toute envie.

Au fil du temps, avec l'émancipation de la sexualité, la fellation est devenue plus accessible au sein du couple, mais toujours dans un contexte d'intimité absolu. Personne ne se vantait vraiment d'être l'as du préliminaire grâce à sa langue, ses lèvres et sa bouche. On le faisait... mais en secret.

Il n'y a pas si longtemps, puisque je n'étais qu'une adolescente, une fille de mon école avait eu le malheur de «gommer le merlan» de son supposé chum... La pauvre, le reste de son parcours académique fut une véritable calamité; celle de se faire traiter de «balayeuse» par tout le reste de l'équipe de hockey de ce dernier.

De quoi relayer la fellation aux oubliettes pour le reste de sa vie! Je plains son mari! Sans blague, encore dans les années 90, les filles adeptes de la pipette étaient des traînées, des faciles, des filles que l'on veut dans son lit... pas dans sa vie.

Les temps changent

Mais que s'est-il passé depuis ce temps? La fellation n'a plus rien d'interdit. Il ne s'agit plus d'un privilège, d'un cadeau, d'un plaisir à faire à son homme. Il s'agit plutôt d'un acte banal prodigué à qui mieux mieux. Comme si c'était normal de mettre le pénis de n'importe qui dans sa bouche, sans condom ni rien malgré tout risque d'infections transmises sexuellement!

En lisant diverses statistiques, je dois me résoudre à comprendre que oui, il y banalisation de la fellation, mais qu'en plus, tout le monde la pratique, et ce, même dans certaines écoles primaires!

Oui, la sexualité change, mais est-ce toujours pour le mieux? Ma brève historique de la fellation m'amène à me questionner sur mon époque.

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