Êtes-vous érotisme ou pornographie?

Ironiquement, le film 50 nuances de Grey a... ((Courtoisie))

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Ironiquement, le film 50 nuances de Grey a été critiqué par certains parce qu'il n'était pas assez explicite.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

La différence entre la pornographie et l'érotisme... Un sujet chaud. Peut-être parce que l'érotisme d'aujourd'hui correspond à la pornographie d'autrefois? Ou peut-être à cause de la banalisation de la pornographie engendrée par une surexposition?

L'érotisme! «C'est plate ça, du sexe de téléromans, de la porno pour les fefilles...» Voilà ce que j'entends quand je parle de ce sujet. Pourquoi qualifier l'érotisme ainsi? Probablement parce qu'elle est plus suggestive. En montrant deux acteurs «frenchant» à gorge déployée, grouillant sous des draps, on peut supposer qu'ils font l'amour. Votre imaginaire est alors sollicité; il faut réfléchir, faire des déductions et par conséquent, laisser libre cours à votre univers fantasmatique. De quoi en satisfaire plusieurs, mais aussi en laisser d'autres sur leur appétit!

L'érotisme touche également l'univers des sens et de la sentimentalité. Un film érotique propose une histoire d'amour, une ambiance, un décor se prêtant au jeu d'un scénario précis. De plus, il est possible de s'identifier et souvent d'idéaliser la relation en tant que telle. Effectivement, il n'est pas rare d'entendre des auditrices glorifier l'érotisme puisqu'il suggère la relation amoureuse et/ou sexuelle idéale prônant l'égalité et des valeurs nobles.

La pornographie, communément appelée «fast food» du sexe, suggère une sexualité opposée à l'érotisme. Du sexe pur et dur relayant l'imagination aux oubliettes. Exit la suggestivité et bienvenue l'explicité! Aucun besoin de supposer, tout y est! Gros plan sur les organes génitaux sous toutes leurs coutures, l'éjaculation sous toutes ses versions, et surtout, les rapports sexuels dépassant tout entêtement! Vite fait bien fait, la pornographie provoque une excitation sexuelle quasi immédiate, un soulagement des tensions, un plaisir facilement accessible et anonyme, alimente les fantasmes et ne nécessite aucune implication émotive. Aux danseuses, dans les revues, sur Internet ou à la télévision, cette dernière est très accessible.

Bien sûr, le jeu de pouvoir est souvent sollicité proposant un homme, aux allures d'étalon et une femme aux besoins insatiables! Désolée de vous dévoiler le punch final du film: pénétration et orgasmes à la puissance dix. D'ailleurs, chapeau aux actrices capables de feindre ce dernier en proposant à la fois mimiques et mouvements dignes de contorsionnistes! N'oubliez pas que c'est du jeu!

Malheureusement, plusieurs productions pornographiques proposent une image négative et fausse de la sexualité demandant un minimum de jugement de la part du consommateur, adulte, bien entendu. La porno n'a rien à voir avec la réalité! Certains s'attendent à reproduire des relations sexuelles dignes des films XXX et par conséquent, se créent une pression importante souvent accompagnée d'une grande déception en constatant qu'il n'y a rien de vrai dans tout ça!

Mais qui consomment l'érotisme et la pornographie? Pour ce qui est du premier, désolée de vous annoncer que vous en consommez tous, sans exception... à moins que vous viviez en reclus! Regardez autour de vous, l'érotisme est là. Il est partout: revues, publicité, émissions télévisées, livres... Pas besoin de le chercher, il vous trouvera! Les femmes y trouvent davantage leur compte. La pornographie, quant à elle, nécessite un certain effort, entendons-nous, tout de même minimaliste. Ses consommateurs, majoritairement masculins, n'ont pas à aller bien loin ni à lui attribuer un gros budget. Bien qu'elle soit attribuée à une clientèle adulte, les jeunes débrouillards peuvent facilement y avoir recours.

Pour l'un comme pour l'autre, à degrés divers, la notion d'érotisme et encore plus de pornographie a certainement mauvaise presse. En fait, de par leur démonstration, tant suggestive qu'explicite, les deux courants offrent un modèle trop souvent faux provoquant, malheureusement, une désensibilisation. Est-ce ce le modèle de sexualité que nous souhaitons pour notre société? Vous en pensez quoi?

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