Les Cinquante nuances de Grey enfin sur nos écrans

Quand la chambre des tortures devient tendance

«L'héroïne n'est qu'une pauvre étudiante, sans le sou,... ((Archives))

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«L'héroïne n'est qu'une pauvre étudiante, sans le sou, aux allures de biche effarouchée, dégageant l'innocence de sa jeunesse, la vulnérabilité ainsi que la fragilité. Vierge par-dessus le marché... », souligne notre chroniqueuse.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

Grande journée demain! Les Cinquante nuances de Grey enfin sur nos écrans! Avec toute l'ampleur médiatique, on pourrait facilement croire qu'il s'agit là d'un tournant historique... celui de l'ère du sadomasochisme. Est-ce le cas? Grande question! Que vous soyez en accord ou pas avec cette pratique, il faut admettre que cette histoire a certainement bouleversé la sexualité de plusieurs. Après avoir lu les trois romans, me voilà prête à couvrir le sujet.

Cinquante nuances de Grey au cinoche, ça veut dire quoi? Ne jouons pas à l'autruche. Ce film de nature érotique présente, oui, des pratiques sexuelles peu banales chevauchant à la fois domination et soumission, mais aussi une histoire d'amour me suscitant diverses critiques sexologiques. Commençons par le casting. Qu'est-ce qu'on y note? Divers clichés et stéréotypes démontrant l'inégalité entre l'homme et la femme. Un M. Grey mâle-alpha, respirant le sexe et traitant les femmes comme des employées sous contrat, riche à craquer, à la tête d'entreprises couvrant toute une ville et surtout en absolu contrôle de tout. L'héroïne, quant à elle, n'est qu'une pauvre étudiante, sans le sou, aux allures de biche effarouchée, dégageant l'innocence de sa jeunesse, la vulnérabilité ainsi que la fragilité. Vierge par-dessus le marché... Excusez-moi de vous dévoiler ici qu'elle tombera amoureuse de « M. Sado » assez rapidement. Quelle surprise : amoureuse et dévouée, n'est-ce pas le lot des femmes ça? En 2015, mon constat est de comprendre que ce type de relation excite encore la moitié de la planète Terre! Voilà pour la féministe en moi!

Parlons maintenant de sadomasochisme. Tel que mentionné dans une de mes chroniques du Progrès-Dimanche, voici comment se définit cette pratique.

Il y a d'abord la personne sadique qui est la dominante, celle qui fait mal, celle qui obtient du plaisir sexuel en occasionnant de la souffrance physique et/ou psychologique et/ou de l'humiliation. L'individu masochiste, quant à lui, est la complémentarité de son partenaire. Il prend satisfaction sexuelle à ressentir cette souffrance physique et/ou psychologique. Pour certains, les rôles peuvent s'interchanger.

Malgré les différentes opinions à ce propos, oui, je peux vous certifier que le sadomasochisme est une pratique normale à condition, et je le répète, à condition que les deux partenaires soient consentants. Sûrement, vous direz-vous, normal? Ça fait 30 ans que je suis marié et je n'ai jamais eu encore envie de fouetter ma femme! Possible. Normal n'est pas nécessairement synonyme de fréquent. Absolument pas! Seule une minorité d'individus deviennent excités à l'idée de faire l'amour avec des épingles à linge aux mamelons et une paire de bas dans la bouche!

Le terme « nuance » m'amène sur le fameux exercice du sadomasochisme pratiqué par Grey et Anastasia. Chez ce dernier, est-ce vraiment un jeu tel qu'il devrait l'être ou plutôt un besoin viscéral pour obtenir une sexualité épanouissante? Bien qu'il s'adonne à quelques relations sexuelles dignes du commun des mortels, M. Grey ne peut se passer très longtemps des rôles de bourreaux soumis. Ainsi, le sadomasochisme, comme toute autre pratique, risque de devenir problématique lorsqu'elle devient une obligation, une nécessité pour obtenir excitation sexuelle. De plus, une règle prime en terme de sado-maso : en aucun temps, le dominé ne fait pitié. Au contraire, c'est à lui que revient le plus grand contrôle : celui de fixer les règles du jeu. Ça, je veux, ça pas question! Défense de me gifler en pleine figure, etc.

Rôle que l'héroïne ne tient pas très souvent dans le récit; on la voit plus souvent devant le fait accompli. Ceci me dérange. Avec un tel engouement pour le sadomasochisme, les produits dérivés de la chambre des tortures n'ont jamais été aussi tendance! Pourquoi? En fait, à voir Anastasia passer en quelques semaines de « sainte nitouche » à femme assoiffée, plusieurs se disent pourquoi pas nous! Il est certain que vous pourrez amener diversité et piquant à vos relations en achetant des joujoux. Par contre, usez d'astuces. Rien ne sert de dépenser une fortune!

Ma conclusion porte sur l'imaginaire sexuel de la femme, qui représente la principale clientèle visée par le récit. Pourquoi le film est-il aussi populaire? Est-ce vraiment pour la pratique sexuelle atypique qu'est le sadomasochisme ou plutôt pour l'histoire d'amour particulière comme telle? Vous en pensez quoi? Écrivez-moi... À voir au cinéma? Si vous aimez visionner les films érotiques en groupe, pourquoi pas! Sinon, vive le cinéma-maison...

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