Pour éviter d'autres Dédé et Ronald

L'an passé, les participants à la marche «C'tannée... (Courtoisie)

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L'an passé, les participants à la marche «C'tannée on fait le tour» ont eu droit à une température plus que parfaite. Voici quelques marcheurs à Normandin, au coin de la fameuse rue St-Cyrille, comme le chantait si bien Dédé Fortin.

Courtoisie

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Mélissa Viau
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quelques événements à propos de la prévention du suicide auront lieu prochainement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Quand on parle de suicide, je pense à mon oncle Ronald qui s'est suicidé dans les années 80, alors que j'avais cinq ans et lui 27 ans.

Cet oncle a été mon premier face-à-face avec la mort. Le jour de son départ, je le regardais pour la dernière fois en apprenant du même coup qu'on pouvait décider de mourir. Malgré le drame que nous vivions, je n'avais pas la même peine que les adultes autour de moi. Les enfants ont une façon de voir la mort qui s'oublie peut-être en vieillissant. J'essaie de ne pas oublier que les gens qui partent peuvent aussi solidement s'ancrer en moi, comme l'a fait Ronald. Il fait partie intégrante de mes croyances. À l'ère où la religion est délaissée par les écoles et les parents, de plus en plus de personnes façonnent leur propre croyance. La mienne s'appelle Ronald.

Au lieu de m'atterrer, son départ m'a rendue plus forte. Je me suis toujours dit que tout était possible et que je pouvais tout faire dans la vie. Évidemment, j'ai aussi essayé de comprendre son geste. J'ai posé beaucoup de questions à ma mère. Même sa soeur a eu du mal à expliquer le mal de vivre de son frère. Ce que j'en déduis, c'est qu'il n'avait pas de succès en amour, qu'il avait un problème de boisson et qu'il manquait de confiance en lui.

Finalement, au lieu de chercher à comprendre, j'ai décidé de me protéger. Qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter d'avoir envie de mourir? Selon moi, il faut aimer sa vie et réaliser ses idées. Il faut aussi se créer son propre bonheur, sans attendre après les autres. En 2002, quand j'ai créé mon travail de rêve, en me taillant une place dans ce journal, j'ai senti que je prenais réellement le contrôle de ma vie. Je venais d'ouvrir la porte à un monde rempli de possibilités, et qui n'allait jamais cesser de m'inspirer.

Je n'ai pas d'admiration pour le geste fatal de Ronald. J'essaie juste de lui prouver que ça vaut la peine de continuer et qu'on peut être heureux malgré les épreuves. Ça, c'est ma mère qui me l'a appris. Ronald m'a rendue tellement consciente de ma chance d'être vivante. Quand j'embarque sur ma moto, que je pars en voyage sur un coup de tête, et toutes les fois que j'écris pour gagner ma vie, je me dis que si Ronald s'était senti comme ça, il ne serait jamais parti.

Souper spectacle

Aider les autres, se retrouver entre amis et écouter de la musique, ça fait du bien. C'est pourquoi l'Escouade jeunesse pour la vie, composée de sept jeunes volontaires, organise son premier souper spectacle-bénéfice, le 25 septembre, à La Voie maltée de Chicoutimi. Les profits seront remis au Centre de prévention du suicide lors de l'événement Courir pour la vie le 7 octobre sur la Zone portuaire de Chicoutimi. Réservez votre place avant le 18 septembre à chrystelle.gauthier@cjesag.qc.ca ou au Carrefour jeunesse-emploi Saguenay.

Venez marcher

Bouger est aussi une bonne façon de se vider la tête et de faire fonctionner ses neurones. Ça chasse les idées noires, et ça remet les idées en place! Du 21 au 30 septembre, tout le monde est invité à la quatrième édition de la marche «C'tannée on fait le tour» au profit de la Fondation Dédé Fortin, qui vient en aide aux organismes en prévention du suicide.

Jusqu'à maintenant, 25 personnes marcheront autour du lac Saint-Jean pendant dix jours, afin de parcourir 256 kilomètres. La population est invitée à se joindre à elles pour les accompagner le temps d'une journée ou de quelques heures. L'an passé, 150 marcheurs ont pris part à cette activité qui a permis d'amasser 20 000$.

«Pendant cette marche, on parle beaucoup. Plusieurs marcheurs sont interpellés par le suicide pour différentes raisons. Certains ont perdu des proches, alors que d'autres ont fait des tentatives», confie Hélène Fortin, la soeur de Dédé Fortin.

Natif du Lac-Saint-Jean, Dédé s'est suicidé le 8 mai 2000 alors qu'il vivait à Montréal. À la suite du tragique départ du chanteur du groupe québécois Les Colocs, sa famille a eu l'idée de mettre sur pied la Fondation Dédé Fortin.




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