La nouvelle philosophie des zoos

CHRONIQUE / Depuis les vingt dernières années, les zoos ont beaucoup changé.... (123RF)

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Le Quotidien

CHRONIQUE / Depuis les vingt dernières années, les zoos ont beaucoup changé. Les animaux ne sont plus juste une raison d'exhibition. Plusieurs institutions ont des programmes de nutrition, d'enrichissement, de recherche, de conservation de la nature, de soins vétérinaires et d'entraînement. «Nous aussi on sort des cages», lance Alain Fafard, directeur des activités zoologiques au Zoo de Granby.

Comme les animaux doivent se dépenser physiquement, mais aussi mentalement, certains zoos plus conscientisés utilisent des enrichissements. Les enrichissements, comportent de la nourriture, plus difficile d'accès, où l'animal doit user de stratégie. Sans ce travail mental, plusieurs bêtes risquent de sombrer dans une détresse psychologique et feront, par exemple, toujours les mêmes mouvements dans leur cage.

Quand un animal a besoin d'une intervention biomédicale, plusieurs zoos ont mis en place des cages de contention. Avec un peu d'entraînement, on apprend aux animaux à y accéder de leur plein gré pour faciliter l'intervention. C'est le cas du Bioparc en Gaspésie, qui entraîne régulièrement des animaux, par conditionnement opérant, pour recevoir, par exemple, une dose de médicament ou une prise de sang.

Les girafes

Le Zoo de Granby compte soixante ans d'histoire et presque autant d'expérience auprès des girafes. Dans leur enclos intérieur, les girafes ont droit à un sol caoutchouté et une section en béton recouverte de ripe.

Leur nourriture est composée principalement de foin et d'une moulée spécifique pour elles. Cet animal de l'Afrique peut supporter des températures plus fraîches que 15 degrés Celsius. «Il suffit d'établir un barème selon le vent, le soleil, la pluie, la neige et les nuages. En hiver, par une belle journée ensoleillée, elles peuvent passer quelques heures dehors», poursuit monsieur Fafard. Au Zoo de Granby, comme les girafes sont des bêtes grégaires, elles sont toujours en groupe de quatre ou cinq. Que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, différentes textures de sol permettent aux sabots des girafes de s'user naturellement, ce qui évite de les manipuler pour faire la taille.

L'enjeu le plus grand, avec les girafes, comme bien des bêtes sauvages gardées au zoo, ce sont les problèmes d'articulation. Pour éviter que leur santé dépérisse, il faut donc les faire bouger. En nature, les animaux se déplacent beaucoup pour se nourrir et s'abreuver. Dans un zoo, la nourriture arrive à leurs pieds et certains deviennent dans un état presque léthargique.

«Une étude de mouvements nous a permis de calculer combien de kilomètres faisait une girafe dans une journée, dans son milieu naturel. À l'aide de nourriture, qui agit comme stimuli, et en exploitant bien leur enclos, on essaie de se rapprocher du nombre de kilomètres parcourus dans la nature», ajoute Alain Fafard.

Sortir du cadre

Même si la plupart ont déjà commis cette erreur dans le passé, la proximité avec les animaux n'est plus quelque chose de possible pour les zoos soucieux du bien-être des bêtes. À la grande déception des visiteurs, on restreint toutes manipulations, trop souvent une source de stress qui modifient les comportements sauvages des bêtes.

«Dernièrement, nous avons eu une naissance de macaque et la mère ne voulait pas nourrir son petit. Pour éviter de l'humaniser, et pour éventuellement le réintégrer aux singes, nous l'avons gardé en incubateur et nous l'avons nourri au biberon en utilisant des peluches», raconte Hélène Bienvenue, conseillère aux communications et marketing.

Le département de conservation et de recherche du Zoo de Granby est impliqué dans plusieurs projets de protection, dont le rétablissement de la tortue molle à épines au Québec, une espèce menacée. Les oeufs sont récoltés dans la nature, amenés au zoo et installés dans des incubateurs. «Par la suite, les petites tortues sont réintroduites au site exact où les femelles avaient choisi de pondre deux mois auparavant», raconte Louis Lazure, biologiste.

Au Zoo de Granby, lors de transactions, les animaux sont échangés, prêtés ou donnés entre les autres zoos de partout dans le monde. «On s'assure que l'institution qui accueillera notre animal répond à nos normes, à notre philosophie et qu'elle a un vétérinaire, un programme de nutrition et d'éducation. Habituellement, ce sont des dons et nous avons seulement le transport de l'animal à payer», conclut Alain Fafard, directeur des activités zoologiques.

Le site Internet d'un zoo nous donne habituellement une bonne idée des projets et de la philosophie entourant le bien-être des bêtes.

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