La musique contre les troubles de mémoire

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Victoria Therrien s'est questionnée sur les bienfaits de la musique sur les personnes ayant des troubles de mémoires.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

Plusieurs problèmes de santé, comme la maladie d'Alzheimer, peuvent causer des problèmes de mémoire. La conversation peut devenir ardue avec ces personnes. Victoria Therrien, de l'école secondaire Charles-Gravel, a publié un texte à ce sujet dans le journal de son école. «Je pratique le piano depuis longtemps et je m'intéresse aux bienfaits que la musique peut apporter aux êtres humains», précise l'élève de quatrième secondaire. Voici ce que ses recherches lui ont appris.

«Vous êtes peut-être du genre à penser que la musique est surtout un passe-temps quelque peu futile qui n'a pas une grande utilité concrète? Mais saviez-vous qu'elle est capable de soulager les patients atteints d'Alzheimer? En tout cas, de nombreux tests sur ces personnes ont prouvé, au cours des dernières années, que c'était le cas.

En effet, la musique a des bienfaits sur notre mémoire et nos souvenirs enfouis au plus profond de notre cerveau. Lors de recherches menées à l'Université Paris-V sur des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer, on a posé un casque avec un baladeur sur la tête des pensionnaires. Durant l'écoute de la pièce, leur visage semblait se réanimer au souvenir d'un pas de danse ou d'un autre élément de leur vie passée.

Bien entendu, la musique ne peut pas guérir la maladie. Cependant, il semble qu'elle peut la rendre plus supportable en aidant la personne qui doit endurer une perte de mémoire à retrouver un peu de soi.

Selon le long métrage de Michael Rossato-Bennett, Alive Inside: story of Music and Memory, les maisons de retraite devraient bénéficier d'appareils pour écouter de la musique. Le réalisateur démontre ce que procure la musique sur le cerveau de ces patients. Dans son film, on peut donc y voir les patients sourire, chanter, parler en écoutant des chansons du temps de leur jeunesse. L'exercice permet ainsi d'aller chercher, dans les recoins du cerveau les moins touchés par la maladie, les souvenirs qui y sont stockés.

Selon des spécialistes de la musicothérapie, l'Alzheimer rend le monde écrasant, surtout en raison du fait que vous ne pouvez plus différencier ce qui est à l'intérieur de votre tête du monde extérieur. En d'autres mots, ces personnes ne comprennent plus leurs souvenirs ou ne reconnaissent plus les membres de leur famille. Avec l'aide de la musique, il semblerait que la démence s'atténue. La musique réduit l'anxiété des patients, tout en réduisant la consommation de médicaments.

Aujourd'hui, tout le monde, ou presque, possède des écouteurs et un appareil pour diffuser de la musique. Si vous connaissez des gens atteints d'Alzheimer, pourquoi ne pas aller leur faire écouter une sélection de pièces des années 60? Cela ne peut que les rendre plus heureux.» - Victoria Therrien, quatrième secondaire

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Le traumatisé crânien vit dans le présent

CHRONIQUE / Je vous ai déjà parlé de mon oncle Marco qui s'est fait frapper par une voiture, il y a près de 30 ans, en traversant simplement la rue à pied. Ayant subi un grave traumatisme crânien, lui aussi, sa mémoire à court terme lui fait sérieusement défaut.

Sa tête ne lui permet plus de jongler avec le passé ou de se projeter dans le futur. Il n'a donc pas d'autre choix que de vivre uniquement dans le présent. « Avant, quand j'essayais de me rappeler ce que je venais de faire et que je ne m'en souvenais plus, je paniquais. Mais ça fait longtemps que je ne crois plus à mes peurs », raconte Marco en se demandant bien chez qui il est. Puis, sans le demander, regardant autour de lui, il trouve un repère qui lui permet de faire une association face à l'endroit où il se trouve. « Quand je me sens perdu, je sais que quelqu'un apparaîtra pour me rassurer », poursuit mon oncle.

Pour éviter d'avoir l'air fou, et de répéter trop souvent la même chose, il ne pose jamais de question. JAMAIS. Sympathique, il fait comme s'il connaissait tout le monde. Il use d'humour pour éviter de répondre à certaines questions. Par exemple, quand on lui demande ce qu'il a fait aujourd'hui il répond toujours, en souriant, « je n'ai pas arrêté ». Comme on ne peut pas lui parler du passé à court terme ou du futur, on doit se mettre en mode présent pour entamer la conversation. Par contre, son passé, qui date des années 90, est pratiquement intact.

L'ancien batteur, qui ne peut plus pratiquer ce loisir vu son côté gauche partiellement paralysé, adore aussi parler de musique qui pour lui s'est arrêtée à la fin des années 80. Il suffit de commencer une chanson de Garolou pour entendre Marco la fredonner au complet.

Grand intellectuel ayant eu le nez dans les livres une bonne partie de sa vie, il peut aisément philosopher sur la vie. D'ailleurs, dans la dernière édition du journal de l'Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il a écrit de petites pensées qui m'ont fait sourire : ''Après avoir passé la frustration du quotidien, à la longue, c'est avantageux de fonctionner sans appréhension. On fait tout pour la première fois ! Il faut rêver pour être efficace, mais si on rêve trop, on n'est plus dans la vraie vie. L'objectif de la vie c'est de réussir à mettre de l'agrément dans le quotidien.''

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