L'intimidation... Je me souviens

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Mélissa Viau
Le Quotidien

Je me souviens comme si c'était hier de cette fillette qui, aujourd'hui, doit se souvenir de son primaire comme d'un cauchemar. Elle n'avait rien de différent des autres enfants, en plus d'être très douée académiquement. Pourtant, dans la cour d'école, dans l'autobus ou sur l'heure du dîner, toutes les occasions étaient bonnes pour qu'on lui chante a capella une chanson insultante. Je faisais partie de la chorale...

Tous les élèves de l'école solidifiaient leur complicité entre eux en se braquant à l'unisson contre leur victime, conscients de détruire complètement la confiance d'un des leurs. Les yeux au ciel, la petite brunette soupirait et continuait de manger son lunch, cachée derrière sa boîte à lunch. La surveillante n'intervenait pas. On aurait dit qu'elle était de notre bord. L'attitude de la petite fille et des adultes donnait envie à ses intimidateurs de continuer. Tout comme elle, plusieurs autres élèves de l'école devaient jongler avec ce moyen de communication utilisé par plusieurs.

C'est comme si le hasard de la loto-intimidation les avait choisis. Et moi, je me tenais loin d'eux, de peur d'attraper cette malchance.

Dans tous les autobus scolaires, il y a un souffre-douleur. Souvent, c'est subtil. Les passagers l'empêchent, par exemple, de s'asseoir dans les bancs destinés aux élèves branchés. De par les regards et l'attitude des autres, sans dire un mot, les souffre-douleur encaissent le rejet. C'est difficile pour eux de se faire des aamis, car leur attitude de victime devient insupportable. Puis, un jour, ces personnes éclatent. On les pense dérangées. Rejetées et intimidées, elles survivent à l'enfance, car on les retrouve par la suite dans le monde des adultes. On les voit dans tous les milieux de travail.

Quand on parle d'intimidation, on ne devrait pas seulement pointer du doigt les cours d'école. Au fond, l'intimidation est une façon malsaine de communiquer. Beaucoup d'humains, peu importe l'âge, le statut social ou le titre, communiquent de cette façon. C'est un cercle vicieux parce que, grâce à l'intimidation, parfois, on obtient ce qu'on veut... On le voit beaucoup chez les parents séparés ou les couples qui se tapent sur les nerfs !

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