Des poissons rouges qui font des ravages

Depuis huit ans, Guylaine Tremblay prend soin de... (Photo courtoisie)

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Depuis huit ans, Guylaine Tremblay prend soin de son bassin extérieur situé au chalet familial à Saint-Charles-de-Bourget. Certaines de ses carpes japonaises font 18 pouces. Elles passent l'hiver dans le bassin.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

« Mes poissons ne ''feelaient'' pas. Je ne savais pas quoi faire et je trouvais ça cruel de les jeter dans la toilette. J'ai pensé leur donner leur liberté. C'est pourquoi je songe à aller les mener dans un lac », nous confie une amoureuse des animaux. Voici une idée banale qui peut avoir de graves conséquences...

Même si ce geste est fait sans mauvaises intentions, il est strictement interdit d'introduire de nouvelles espèces, malades en plus, dans la nature. Imaginez le ravage ! L'introduction d'une espèce dans la nature est une forme de pollution qui perturbe la biodiversité. Parlez-en aux résidents du lac Fillion, dans le secteur de Shipshaw. En effet, leur plan d'eau est envahi depuis plusieurs années par des poissons rouges. Le lac Fillion n'est pas le seul à être envahi par cette espèce. « Une fois que le poisson rouge est introduit, on perd de 50 % à 70 % de la productivité du plan d'eau, car une compétition alimentaire s'installe et les autres espèces n'arrivent plus à se nourrir », explique Amélie Bérubé, biologiste.

Et, une fois que le fléau s'est installé, il est pratiquement impossible de dépolluer le lac. « On peut faire des barrages pour éviter que le poisson non indigène ait accès aux autres plans d'eau, sans toutefois nuire aux autres espèces. On peut aussi éliminer tous les poissons pour remettre le poisson d'origine. Les poissons rouges, très résistants, demandent une concentration cinq fois plus élevée pour arriver à la tuer. Cette méthode prend beaucoup de conditions et c'est très dispendieux », ajoute la biologiste qui constate que plusieurs lacs au Québec sont pris avec ce problème.

En plus d'avoir un impact sur la faune et la flore du lac, les conséquences peuvent être catastrophiques pour l'industrie de la pêche. C'est ce qui est arrivé avec la barbote brune dans le lac Saint-Jean et le meunier noir dans les lacs des monts Valin. « Le meunier a été introduit à l'époque où l'on pouvait appâter avec des poissons vivants », précise madame Bérubé. Mais, depuis une trentaine d'années, le seul poisson accepté pour appâter l'hiver est l'éperlan mort. « Concernant la barbote, son introduction est moins claire. On dit que c'est peut-être quelqu'un qui les maintenait dans un petit bassin d'eau qui aurait débordé », poursuit Amélie Bérubé. En effet, la mode des jardins d'eau comporte quelques risques. Les gens grossissent leur bassin artificiel, ne savent plus quoi faire des poissons en hiver et les débordements sont aussi fréquents.

Si vous ne voulez plus vos poissons rouges, affichez-les sur les réseaux sociaux dans des groupes d'animaux à donner qui comptent des milliers de membres. Essayez de trouver quelqu'un pour les garder en captivité ou appelez à l'endroit où vous les avez achetés. L'euthanasie est même préférable que de les mettre en nature.

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