Un chiot hébergé dans le classeur d'une entreprise

Depuis le 19 janvier, la minuscule petite bête,... ((Photo Mélissa Viau))

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Depuis le 19 janvier, la minuscule petite bête, rejetée par sa maman, est nourrie au biberon toutes les deux heures par Karine Gagnon.

(Photo Mélissa Viau)

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Mélissa Viau
Le Quotidien

(Chicoutimi) En novembre dernier, après avoir déniché un superbe mâle chihuahua tout noir, et n'ayant aucun lien de parenté avec Lili, le match semblait plus que parfait. Karine Gagnon faisait donc accoupler sa petite Lili, âgée de trois ans, et appartenant aussi à la race du chihuahua. Le 12 janvier, après 59 jours de gestation, la famille commence à surveiller les signes de la mise bas prévue entre le 60e et le 63e jour.

«Heureusement qu'à deux pas de chez moi, à Saint-Ambroise, une nouvelle clinique vétérinaire venait tout juste d'ouvrir ses portes et que je pouvais compter sur une oreille attentive pour répondre à mes questions», précise Karine. Au 66e jour, le travail n'étant toujours pas amorcé, la vétérinaire décide de procéder à une césarienne. Voyant les complications commencer, la propriétaire de Lili accepte du même coup de la faire stériliser. Après l'intervention, la chienne n'accepte pas du tout son unique bébé. Elle laisse boire la petite femelle si on la force, mais elle la délaisse ensuite. Après deux jours de supervision intense, Karine doit reprendre le travail, mais la vie du chiot est en danger. Après réflexion, et avec la collaboration de son employeur, elle se lance dans l'aventure et se met à nourrir le bébé aux deux heures avec du lait conçu spécifiquement pour les chiots.

«Quand je lui ai expliqué ma situation, mon patron Claude Breton a aussitôt accepté que mon chiot me suive au travail», explique Karine. L'employée, qui est contrôleuse chez Les Radiateurs St-François de Jonquière, libère donc un tiroir du classeur de son bureau afin d'y installer sa petite protégée.

«Je dois la traîner partout! Même chez le coiffeur, à l'épicerie et à l'aréna», poursuit Karine. Le 29 janvier l'inquiétude s'installe alors que le bébé semble avoir des coliques.

Soins

Aux bons soins de la Clinique vétérinaire du Fjord de Saint-Ambroise, le chiot passe une journée en observation. L'animal étant trop alimenté, la vétérinaire suggère de diminuer les portions de lait. Les clients de Les Radiateurs St-François suivent l'évolution de la petite bête, mais personne n'a la chance de la prendre pour l'instant, car son système immunitaire est très vulnérable.

«On ne peut pas dire qu'elle est encore sauvée, mais je mets toutes les chances de mon côté pour réussir», se rassure Karine qui est pourtant déjà très attachée à cet animal pour qui elle se lève jour et nuit aux deux heures depuis le 19 janvier.

Lors du passage du Progrès-Dimanche, la famille ne pensait pas garder le bébé qui n'avait toujours pas de nom. Or, depuis le début de février, la décision est prise.

«Nous avons finalement décidé de la nommer Flavie et, après les nombreuses nuits à m'inquiéter, je vais sûrement la garder. À 23 jours, elle pesait 210 grammes et commençait à marcher. C'est une vraie battante. Mais moi je suis épuisée! J'ai bien hâte de dormir plus de deux heures en ligne. Mais je ne regrette pas ma décision», ajoute Karine. Les raisons qui l'ont poussé à faire avoir des chiots à Lili remontent à quand elle était encore chez ses parents.

«J'ai un inoubliable souvenir alors que Kelly, ma chienne que j'ai eue 16 ans, avait mis au monde quatre chiots. Je voulais que ma fille de sept ans, Clara, vive ça», se remémore la jeune maman.

Évidemment, on pense aux beaux côtés des choses et on oublie que les complications peuvent survenir. Il y a un an, Karine avait fait accoupler Lili, mais la chienne avait tué son unique chiot.

En s'informant au vétérinaire, on lui avait dit que c'était peut-être le manque de maturité et qu'elle ne répéterait pas automatiquement ce geste. Maintenant, espérons que Lili et Flavie développeront une belle complicité.

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