À l'aube de la retraite

Étienne Troestler a aimé chacun de ses étudiants

Étienne Troestler passera les premiers mois de sa... (Photo Rocket Lavoie)

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Étienne Troestler passera les premiers mois de sa retraite au Burkina Faso, où il a effectué plusieurs missions avec des étudiants au cours des dernières années.

Photo Rocket Lavoie

Laura Lévesque
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) «Il n'y a pas un étudiant que je regrette.»

Après avoir enseigné à près de 10 000 jeunes, Étienne Troestler prend le chemin de la retraite. Professeur en géographie au Cégep de Jonquière, il est reconnu pour son enthousiasme et son dynamisme, jamais assommant.

Une personnalité qui a sans aucun doute influencé bon nombre de réussites scolaires.

«Si l'étudiant tripe sur le prof, sa personnalité, il va triper sur la matière. Plus jeune, je n'ai pas eu de bons profs. J'ai donc essayé d'être l'enseignant que j'aurais voulu avoir. Je pense avoir été significatif pour eux. Mais à leur tour, ils m'ont alimenté», exprime le nouveau retraité.

La proximité avec les étudiants, selon lui, demeure un gage de succès. M. Troestler a toujours entretenu une relation d'égal à égal avec les jeunes.

«J'ai toujours été près de mes étudiants. Évidemment, le collégial c'est différent du secondaire. Il y a une promiscuité avec les étudiants que je n'aurais pas pu avoir avec des élèves du primaire ou du secondaire. J'ai eu du plaisir avec eux et j'ai toujours enseigné en étant égal à eux», raconte-t-il, admettant que le niveau d'étude et la matière jouent pour beaucoup dans l'atmosphère et le bon déroulement d'un cours.

En 35 ans d'enseignement, M. Troestler en a vu des jeunes. Et selon le géographe, ils ont toujours les mêmes rêves, ambitions et désir de liberté.

«Fondamentalement, un jeune de 18 ans en 1977 et en 2012, c'est la même chose. Mais ce qui a changé, ce sont les nouvelles technologies, les réseaux sociaux. C'est ce qui a changé le métier aujourd'hui, à mon avis», lance le retraité, père de trois enfants, dont une fille qui vient de terminer ses études en enseignement.

Ce dernier ne croyait toutefois pas faire carrière dans le milieu de l'éducation. Géographe, il voulait travailler dans le Nord, sur le terrain.

«À cette époque, on m'a offert par hasard un poste d'enseignant et j'ai accepté. J'avais autrefois été dans le scoutisme et travaillé dans les camps de vacances, donc j'avais déjà quelques compétences pour animer une classe. Mais je crois qu'on naît ou non avec la vocation et il faut croire que je l'avais.»

De la Belgique au Canada

Né en Belgique, Étienne Troestler se dit maintenant Québécois. C'est grâce au rêve de son père, Paul Pierre Troestler, un des premiers directeurs des études du Cégep de Jonquière, qu'il a atterri au Saguenay-Lac-Saint-Jean pendant son enfance.

«À l'exposition universelle de Bruxelles en 1958, mon père avait vu le pavillon du Canada. À ce moment, il rêvait déjà des grands espaces. Il a donc décidé d'amener la famille ici. Et la région, c'est le terrain où je me sens bien», confie M. Troestler.

Détour par le Burkina Faso

Mais l'enseignant est tombé sous le charme d'une autre patrie. En marge de ses cours, M. Troestler a accompagné plusieurs jeunes dans des missions humanitaires au Burkina Faso pendant les années 90 et 2000.

Et maintenant qu'il prend sa retraite, le Saguenéen déménagera ses pénates en Afrique pendant une dizaine de mois pour former des enseignants locaux.

«Plus je retournais dans ce pays, plus je me sentais à l'aise. Mes valeurs rejoignent celles des gens de ce pays. Là-bas, ils me disent ''tu resteras toujours un blanc, mais ton coeur noircit''«, confie le retraité, qui profitera de l'été avant de plier bagages.

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