Et Mme Lebel sait mieux que quiconque combien le métier de parent est devenu complexe. Avant de devenir administratrice et ensuite coordonnatrice de l'Association, cette maman y était venue chercher conseils et soutien.
« Je suis arrivée au début des années 90 comme parent qui avait besoin de ces services. J'étais présente le soir de la fondation de l'association. Et je me suis immédiatement impliquée dans le conseil d'administration pour devenir, quelque temps plus tard, parent-aidant. Je croyais en l'importante de ce service et j'y crois davantage aujourd'hui », exprime Mme Lebel, coordonnatrice de l'organisation depuis 1996.
Problèmes de comportements et de consommation: l'association aide les parents à affronter et encadrer leur enfant âgé de 11 à 25 ans. Mais l'organisation offre bien plus que des conseils, précise la coordonnatrice.
« Nous outillons les parents pour mieux encadrer leur jeune. L'association est également un espace où les parents peuvent ventiler, briser l'isolement. »
Prévention
L'Association des parents d'adolescents de Chicoutimi ne fait pas que soutenir et conseiller des parents qui vivent des difficultés. L'organisme les prépare également à l'adolescence de leur jeune avant même qu'il entre à l'école secondaire.
« J'appelle ça des cours prénataux pour adolescents. On explique aux parents comment ça pense un adolescent. C'est difficile de suivre pour un parent parce que les jeunes ne se comprennent souvent pas eux-mêmes. Ils sont "full" hormones. La communication entre adultes, c'est compliqué. Imaginez avec un ado », laisse tomber la responsable de l'organisation de Chicoutimi, précisant que l'organisation offre des cours sur la gestion de conflit et de colère pour les parents de jeunes qui se trouvent à l'aube de l'adolescence.
Certains parents sont inquiets du comportement de leur enfant. Des comportements tout à fait normaux, rassure Mme Lebel.
« Le rôle du jeune c'est d'être revendicateur. C'est normal. Et pendant cette période, ils vivent le processus de distanciation. Ce qui est également normal et sain. Pour eux, les amis sont très importants et les parents doivent le comprendre. À l'adolescence, les jeunes sont également à l'étape de l'expérimentation, ce qui peut être insécurisant pour une mère et un père. Parce que comme parent, on veut éviter que nos enfants vivent des obstacles. Mais en voulant bien faire, on passe parfois à côté. Car si le parent n'a pas donné les outils nécessaires à son jeune, il vivra du stress dès le premier obstacle », explique Mme Lebel, indiquant qu'il est important que le parent demeure campé dans ses valeurs.
Permissif VS autoritaire
Mme Lebel a rencontré des centaines de parents au cours des dernières années. Comment se comportent les mamans et papas d'aujourd'hui? Est-ce qu'ils sont trop permissifs ou trop autoritaires?
« Être trop sévère ou permissif, ça ne donne pas de bons résultats. Il y a toutefois du bon dans les deux. Mais il faut être équilibré comme parent. Autrefois, ils étaient très autoritaires. Ensuite, ils ont complètement changé en devenant trop permissifs. On n'a qu'à penser aux enfants-roi », constate Mme Lebel.
« Je crois, cependant, que pour trouver le juste milieu, il faut aller dans les extrêmes. Comme société, nous sommes maintenant rendus là, dans le milieu. »
Le contexte actuel rend également la tâche plus difficile aux parents qui doivent concilier travail-famille, rappelle la coordonnatrice de l'organisation.
« Aujourd'hui, les deux parents travaillent. Et lorsqu'ils arrivent à la maison, c'est leur deuxième quart de travail qui commence. Et nous sommes dans une ère où il y a beaucoup de relations avec les réseaux sociaux, mais où il n'y a pas beaucoup de communication. »
Au fil des ans, l'Association des parents d'adolescents de Chicoutimi a décidé d'élargir sa clientèle en accompagnant les parents de jeunes âgés jusqu'à 25 ans. Phénomène Tanguy oblige.
« Entre 18 et 25 ans, ils ne sont ni adultes, ni ados. Il n'existait pas de programme pour aider les parents de ces personnes de cette tranche d'âge qui vivent souvent encore dans la maison familiale. Et c'est une autre dynamique pour les parents, car leurs enfants sont majeurs », termine Mme Lebel, qui compte demeurer à la barre de l'association encore plusieurs années.