Nathalie Harvey ouvre une résidence en santé mentale

Aimer prendre soin des autres

Sur le même thème

Depuis décembre dernier, Mme Harvey est propriétaire d'une... (Photo Rocket Lavoie)

Agrandir

Depuis décembre dernier, Mme Harvey est propriétaire d'une résidence en santé mentale de 18 pensionnaires.

Photo Rocket Lavoie

Laura Lévesque
Le Quotidien

(Chicoutimi) Après avoir joué le rôle de maman au foyer pendant plusieurs années, Nathalie Harvey se lance dans une toute nouvelle aventure. Une aventure qui n'est guère plus facile que d'élever quatre enfants.

Depuis décembre dernier, Mme Harvey est propriétaire d'une résidence en santé mentale de 18 pensionnaires.

«C'est un nouveau défi pour moi. Mais j'adore ça», lance la charmante femme. Cette nouvelle carrière n'a cependant pas surpris l'entourage de Mme Harvey. Cette dernière a toujours pris soin des autres. Dévouée, aimante, généreuse, elle possède le coeur d'une vraie maman. Pas étonnant qu'elle ait quatre enfants, âgés de 12 à 19 ans.

«Lorsque je me suis séparée, je voulais retourner sur le marché du travail. Et mon entourage me voyait comme infirmière parce que je prenais soin des gens de la famille. J'ai donc fait mon cours pour devenir infirmière auxiliaire, mais je ne voulais pas travailler dans un hôpital. Au départ, je souhaitais ouvrir une résidence pour personnes âgées. Finalement, mon projet a changé pour une résidence en santé mentale. Mais c'est aussi plaisant», exprime la maman, qui rénove complètement la résidence Saint-Philippe de Chicoutimi.

Épreuve

Cette belle aventure a cependant connu une période plus difficile. En effet, Nathalie Harvey a dû prendre une pause pendant ses études. La raison: un cancer du côlon.

«Lorsque j'ai eu le diagnostic, j'avais envie de partir en courant, de m'enfuir. C'était très difficile aussi pour les enfants qui ont tous réagi différemment à la nouvelle», confie-t-elle.

Aujourd'hui, elle respire le bonheur. Un bonheur qu'elle transmet à ses pensionnaires qui, visiblement, l'adorent.

«On est chanceux de l'avoir. En plus, c'est une excellente cuisinière», mentionne Daniel Gravel, lors du passage de la journaliste du Progrès-Dimanche à la résidence de Chicoutimi.

En effet, la propriétaire est à l'aise avec ces pensionnaires souffrant de déficiences intellectuelles légères jusqu'à des maladies mentales plus sévères. Nathalie Harvey passe ses journées dans l'immeuble et y dort quelques nuits par mois, lorsque ses employés sont en congé.

«Parfois c'est difficile, surtout lors des crises. Mais j'ai mis des règlements dès mon arrivée et tout se passe relativement bien. Ils m'aident et ils sont gentils. S'il n'y avait pas de résidence comme celle-ci, ces gens seraient dans la rue. Je ne fais pas ça pour ramasser l'argent du loyer», exprime la maman touchée par la réalité de ses pensionnaires.

Femme au foyer

Avant d'avoir ses enfants, Nathalie Harvey était enseignante en préscolaire primaire. Elle a fait de la suppléance pendant quelque temps, mais, préférant s'occuper de ses enfants à temps complet, elle a décidé de rester à la maison.

Lorsqu'il est venu le temps de lancer sa résidence en santé mentale, ce passé de maman au foyer lui a nui, admet-elle.

«Il y a encore des préjugés sur les femmes à la maison. Les gens à la banque ne veulent pas prêter à ce genre de femmes. Heureusement, j'ai eu de bons contacts», indique-t-elle.

«Ça ne vaut rien pour plusieurs une femme à la maison. Lorsque j'allais à des soirées, les gens me demandaient ce que je faisais dans la vie. Lorsque je répondais que j'étais maman à la maison, ils allaient voir ailleurs.»

C'est donc un virage complet pour Mme Harvey qui gère aujourd'hui une résidence. Un rôle qu'elle aurait aimé remplir avant, admet-elle.

«J'ai toujours eu le goût d'avoir mon affaire. Et je dois avouer que j'adore être patron», avoue en riant Nathalie Harvey qui emploie trois personnes pour exploiter cette résidence.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer