Atteinte de sclérose en plaques

Pas question de lâcher

Michèle Potvin, en compagnie de Luc Boivin, qui... (Photo Jeannot Lévesque)

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Michèle Potvin, en compagnie de Luc Boivin, qui agira à titre de président d'honneur de la marche de l'Espoir, pose avec un des contenants installés dans les commerces de la ville pour l'Opération sous noirs.

Photo Jeannot Lévesque

Laura Lévesque
Le Quotidien

(Chicoutimi) Michèle Potvin est une battante. Sa maladie peut parfois la clouer au lit. Mais pas question pour elle de lâcher la cause.

Atteinte de la sclérose en plaques, Mme Potvin fait du porte-à-porte, courtise des commanditaires et organise des campagnes de financement pour récolter des fonds qu'elle remet chaque année à la Marche de l'Espoir, qui se tiendra le 3 juin à Saguenay en 2012. Depuis un peu plus de 10 ans, elle a réussi à amasser près de 70 000$. Chaque dollar a été remis à la recherche.

«J'ai toujours aimé relever des défis, et ce, avant d'avoir eu mon diagnostic. À défaut de travailler, les campagnes de financement sont devenues en quelque sorte mes défis. C'est en quelque sorte ma revanche», lance la dame.

Son diagnostic de la sclérose en plaques est tombé à la fin des années 90. «Un jour je me suis à tomber. Au début, ce n'était pas souvent. Je me relevais et je continuais ma journée. Mais quelque temps plus tard, les chutes étaient devenues régulières», explique la dame.

Après avoir rencontré des spécialistes, le médecin de famille de Mme Potvin lui annonce le diagnostic. Une journée qu'elle n'oubliera jamais.

«J'ai levé mes yeux au ciel et j'ai remercié le Seigneur. J'attendais depuis huit mois un diagnostic, parce qu'au départ, le neurologue ne croyait pas que j'avais la sclérose en plaques. Donc, que mon médecin me dise que j'en étais atteinte, c'était comme me dire que je n'étais pas folle. Je ne savais pas ce qu'était cette maladie, mais je savais au moins que ce n'était pas une tumeur au cerveau», raconte la bénévole, tenant à remercier publiquement son médecin de famille qui l'a épaulée comme un ami pendant cette période.

Michèle Potvin a continué à travailler quelque temps après avoir reçu le diagnostic. Atteinte de la forme «poussée-rémission», sa condition empirait toutefois à la suite des crises.

«Je n'ai pas la plus sévère des formes de sclérose en plaques. Après chaque "poussée", je récupère. Mais ça ne revient jamais aussi mieux qu'avant», précise celle qui peut se déplacer parfois avec une canne ou une marchette.

Heureusement, Mme Potvin peut compter sur sa mère et des amis «extraordinaires» pour obtenir un coup de main.

«Le regard des autres, ç'a été mon deuxième deuil. Je ne voulais pas que les gens s'apitoient sur mon sort ou me jugent, laisse tomber la bénévole. Mais j'ai la chance d'avoir de bons amis. Si je n'avais pas mon entourage, ça serait bien différent.»

Le scrapbooking peut sembler une activité banale pour certains. Pour Mme Potvin, cependant, elle a été d'une importance capitale.

«Ça m'aide beaucoup à garder ma dextérité. J'adore ça», confie la dame, qui refuse de se laisser miner par la sclérose en plaques. «C'est important de continuer à vivre et demeurer positive. Je ne veux pas que la maladie marche en avant de moi, mais en arrière.»

Opération sous noirs

Après avoir amassé des fonds pendant plus de 10 ans, Michèle Potvin organise cette année sa dernière campagne de financement au profit de la marche de l'Espoir. Et l'annonce du gouvernement fédéral de retirer progressivement de la circulation la pièce d'un sou l'a inspiré. Une Opération sous noirs a été lancée par la bénévole afin de recueillir ces petites pièces.

«Avant d'en finir avec les sous noirs, je me suis dit qu'on pouvait organiser une activité avant que les pièces soient enlevées. Avec l'aide de la population, mon objectif est d'amasser 1000$ en sous noirs», indique Mme Potvin.

Plusieurs partenaires ont collaboré, dont Nutrinor pour les cruches d'eau. Plusieurs de ces énormes contenants sont installés dans des commerces de la ville et même les postes de police.

«Je veux que les gens fassent comme un "donnez au suivant". Qu'ils en parlent le plus possible de cette opération pour qu'elle devienne un succès», espère Mme Potvin, qui remettra les fonds amassés avec cette opération à la marche de l'Espoir qui aura lieu le 3 juin.

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