Sara témoigne de son combat

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En 2012, Sara s'est rendue à Calgary pour représenter le Canada lors d'un rassemblement de la dystrophie musculaire.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

Pendant la semaine québécoise de la déficience intellectuelle, Sara Gagné a livré un touchant témoignage relatant sa réalité. À deux reprises, elle a raconté son courageux parcours devant des centaines de personnes de l'école secondaire de l'Odyssée.

Sara Gagné a livré de touchants témoignages dans... (Photo Le Progrès-dimanche, Mélissa Viau) - image 2.0

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Sara Gagné a livré de touchants témoignages dans le cadre de la semaine québécoise de la déficience intellectuelle.

Photo Le Progrès-dimanche, Mélissa Viau

« J'ai une forme de dystrophie musculaire dégénérative, ce qui fait que j'ai déjà marché », explique Sara qui a fait son entrée sur la scène de l'auditorium Lafontaine en fauteuil roulant. C'était le calme plat parmi l'auditoire. Captivés par le parcours de leur invitée, les 200 jeunes de 13 ans avaient les yeux rivés sur elle. « J'ai une soeur de 26 ans qui est avocate et un frère de 24 ans qui est concepteur de jeux vidéo », poursuit la jeune femme de 21 ans. Même s'ils sont en santé, son frère et sa soeur sont porteurs du gène défectueux qui cause cette maladie. « Ça veut dire que si leur conjoint est porteur, ils peuvent transmettre la maladie », précise Sara.

Dès sa naissance, Sara a commencé son combat et ses efforts pour se dépasser. Elle a subi six opérations pour tenter d'améliorer ses capacités physiques. Au début de son primaire, elle suivait le rythme du régulier, mais comme elle avait besoin de redoubler les efforts pour arriver à exécuter certaines tâches du quotidien, on lui a fourni plus d'encadrement en la jumelant à d'autres enfants différents. « Au début, je ne m'identifiais pas à ces enfants... je ne comprenais pas », ajoute Sara.

Elle devait aussi vaincre sa gêne et prendre confiance en elle. « Mon cauchemar a commencé au secondaire », relate la jeune conférencière de Chicoutimi. Pour elle, ce vent de changement était un retour à la case départ. Elle devait s'adapter. Heureusement que sa famille a toujours été là pour l'encourager et la supporter. Puis, elle est devenue ministre du Centre-Ressource et s'est faite des amis au régulier. En sortant de sa coquille, elle s'est impliquée dans le journal et la radio étudiante.

Pendant sa conférence à l'auditorium Lafontaine, deux de ses amis du secondaire lui ont fait une visite-surprise. Jonathan Thibeault et Guillaume Leclerc n'ont jamais perdu la trace de Sara, notamment grâce à Facebook. « Il ne faut pas avoir peur de la différence. Parlez avec les élèves du Centre-Ressource, allez vers eux. Ne les ignorez pas et dites leur bonjour », ont lancé les deux acolytes.

Pas d'excuses, pas de limites

Sara est une grande admiratrice de Luca « Lazylegz » Patuelli qui se démarque dans le breakdance malgré une maladie neuromusculaire. Elle a adopté la philosophie de ce danseur, aussi conférencier, en se faisant tatouer sa devise : « No excuses no limits ».

Même sans limite physique, l'humain a tendance à s'imposer ses propres barrières avec des défaites aussi banales que : il pleut, il fait trop froid, je n'ai pas le temps, etc. Sans excuses, il n'y a jamais de limite. En 2012, quand Sara s'est rendue à Calgary pour représenter le Canada lors d'un rassemblement de la dystrophie musculaire, elle a fait la rencontre de Lazylegz.

Cette phrase, tatouée à jamais, lui donne du courage, car elle vit présentement sa dernière année au Centre-Ressource de l'école de l'Odyssée Dominique-Racine et, comme le changement lui fait un peu peur, elle est déjà stressée en vue de son changement d'école prévu en septembre prochain. « L'an prochain, je continuerai mes études à Laure-Conan deux jours par semaine », confie la jeune femme. Plus elle avance en âge, moins il y a de services académiques. C'est pourquoi elle s'inquiète à savoir comment elle comblera le temps. Pour elle, ce n'est pas évident de penser à un travail. Sa passion pour la musique lui donne espoir de peut-être, un jour, explorer le monde de la radio. D'ailleurs, elle a d'autres tatouages qui représentent la musique, si importante dans sa vie.

Son plus grand rêve est de voyager. Paris, New York et Londres sont les destinations qu'elle rêve un jour de voir. Ses conférences à l'école secondaire de l'Odyssée Lafontaine et Dominique-Racine ont permis de démontrer que, malgré la différence, on peut accomplir de grandes choses.

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