Alicia souhaite fêter Noël au Centre jeunesse

Toutes les filles hébergées au Centre jeunesse du... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mélissa Viau)

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Toutes les filles hébergées au Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean tricotent. Je pense même aller les voir pour qu'elles me donnent un cours !

Photo Le Progrès-Dimanche, Mélissa Viau

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Alicia (nom fictif) se promène entre les familles d'accueil et le Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis l'âge de huit ans. Pour elle, Noël ne rime pas avec cadeau. Elle préfère de loin être entourée d'humains qui ont à coeur son bonheur.

Jusqu'à ce jour, son plus beau Noël s'est passé entre les murs du Centre jeunesse. « Ça fait deux ans. J'étais la seule qui restait dans l'unité pour Noël. J'avais tous les éducateurs juste pour moi et ils m'ont amenée manger au restaurant. C'était tellement le fun », se remémore l'adolescente de 16 ans. Elle avait aussi reçu des cadeaux, mais elle se souvient plus de ce que c'était, car le plus beau cadeau était la présence et l'écoute humaine.

Pour Alicia, le Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean est devenu son repère. Elle y ressent une stabilité qu'elle ne retrouve ni auprès de sa mère, ni en famille d'accueil.

D'ailleurs, Alicia vient tout juste d'entrer volontairement pour un ixième séjour en centre de réadaptation du Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Je travaillais, j'allais à l'école et je pensais que tout allait bien. J'ai donc lâché mes médicaments, car je suis en dépression depuis des années. C'était une mauvaise idée. Je me suis remise à consommer et j'ai fugué de chez ma famille d'accueil pour revenir ici », poursuit Alicia qui était dans une nouvelle famille depuis le mois de juillet.

Pour Alicia, son destin houleux a commencé quand elle a perdu son père, alors qu'elle avait quatre ans. Quelques années plus tard, n'étant plus apte à s'occuper d'elle, sa mère a dû se résigner à voir partir sa fillette de huit ans en famille d'accueil. C'est à 12 ans, alors que ses comportements étaient trop difficiles à gérer, qu'elle a fait son premier séjour au Centre Jeunesse. « Depuis ce temps, je me promène entre ici et les familles d'accueil », précise-t-elle.

Elle voit beaucoup de positif dans son parcours. L'encadrement qu'elle a reçu lui a permis d'acquérir de la maturité et de l'autonomie. Beaucoup plus que si elle avait conservé son modèle familial dysfonctionnel. « Quand je suis arrivée ici pour la première fois, j'envoyais promener tous les intervenants », explique la jeune femme.

Quelques questions pour Alicia...

Salut Alicia ! Sais-tu quand tu sortiras du Centre jeunesse ?

C'est moi qui vais le décider. Je vais peut-être faire un retour progressif avec ma mère ou attendre mes 17 ans pour vivre dans un appartement supervisé. (L'appartement supervisé permet aux jeunes, sous la Protection de la jeunesse, d'apprivoiser la liberté et d'acquérir progressivement leur autonomie.)

Vas-tu sortir pour Noël ?

Non, je ne pense pas, car je viens juste d'entrer. Ça va faire mon quatrième Noël que je passe ici et j'aime mieux ça parce que ma famille, ce n'est pas fort. Ma mère va m'envoyer un cadeau. Le reste de ma famille le faisait aussi avant, mais là, ils ne veulent plus rien savoir de moi.

As-tu des regrets ?

Oui. Je contrôle mal mes émotions et j'ai déjà donné un coup de poing à une fille. Mon geste aurait pu avoir de graves conséquences...

Qu'est-ce qui te manque le plus ici ?

Mes amis et mon chum.

Que fais-tu au Centre jeunesse pour passer le temps ?

Je tricote ! Ici, toutes les filles tricotent. Je suis en train de faire une doudou pour un lit double. (Un cadeau pour son chum et elle.)

As-tu changé depuis que tu fais des séjours ici ?

Oui ! Beaucoup. J'ai appris à m'exprimer. Et je travaille encore à gérer mes émotions.

Que veux-tu faire plus tard comme travail ?

Je ne sais vraiment pas... Là, je ne vais plus à l'école. Je vais reprendre après Noël. J'ai fait la moitié d'un DEP en coiffure et une autre moitié en esthétique. Je vais aller finir mon secondaire V et je verrai après.

As-tu une personne que tu admires ?

Oui ! Une éducatrice que j'ai connue au Centre jeunesse. Elle sait toute ma vie et elle était la seule qui me comprenait vraiment. Je l'appelle encore une fois par semaine.

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