Les jeunes en famille d'accueil doivent gérer leur stress

Charlène Grenier-Harvey et Érika Maltais, du journal étudiant... ((Photo Le Progrès-Dimanche, Mélissa Viau))

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Charlène Grenier-Harvey et Érika Maltais, du journal étudiant Le Gravillon, ont interviewé des jeunes qui ont vécu en famille d'accueil suite à des dysfonctions familiales.

(Photo Le Progrès-Dimanche, Mélissa Viau)

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Mélissa Viau
Le Quotidien

(Chicoutimi) Charlène Grenier-Harvey et Érika Maltais font partie de l'option français-journalisme à l'école secondaire Charles-Gravel de Chicoutimi-Nord. Leur mission est d'alimenter de façon originale le journal étudiant Le Gravillon. Quand les filles de 15 et 16 ans se sont rendu compte que des élèves de leur école, comme dans toutes les écoles, doivent être séparés de leur famille pour des dysfonctions familiales, elles ont voulu en savoir plus.

Charlène et Érika ont donc fait la rencontre d'élèves vivant en foyer d'accueil afin de connaître l'impact de ce changement de vie. « Nous avons interrogé anonymement deux élèves en leur donnant des noms fictifs », expliquent les deux journalistes. Voici donc l'entrevue qu'elles ont publiée dans la dernière édition du Gravillon.

Gravillon: Bonjour les filles ! Pour quelles raisons êtes-vous allées en famille d'accueil ?

Patricia: J'ai subi de la violence physique et psychologique de la part d'un membre de ma famille.

Joséphine: Parce que, à 11 ans, mon père m'a frappée. Plus tard, c'était parce que ma mère était en dépression, et ils ont jugé qu'elle s'occupait mal de moi.

G: La transition de foyer a-t-elle affecté vos performances scolaires?

P: Oui, beaucoup. J'ai passé de 90% à 58% dans à peu près toutes les matières, surtout à cause du stress.

J: Oui, car c'était plus compliqué de m'organiser et de faire mes travaux scolaires.

G: Durant cette période, avez-vous demandé les conseils d'une personne ressource?

P: J'ai consulté une travailleuse sociale et la DPJ m'a assignée une psychologue.

J: J'ai eu trois travailleuses sociales et une psychologue.

G: En quoi ces personnes vous ont-elles aidées?

P: Elles m'ont aidée à gérer mon stress, donc à améliorer mes performances scolaires.

J: Comme elles m'encourageaient, je me sentais mieux, je me sentais écoutée. Ça m'a aidée dans ma vie en général.

G: Quel a été le pire moment durant cette période ?

P: Recommencer ma vie à zéro et savoir que j'étais loin de ma mère et de mes soeurs.

J: Dans mes premières familles d'accueil, je n'avais plus le goût de rien faire et j'étais malheureuse.

G: Et le meilleur ?

P: Quand ma mère a accepté que c'était impossible que je sois auprès d'elle pendant cette période.

J: Quand j'étais en réhabilitation chez moi, c'est-à-dire qu'ils me mettaient de plus en plus en contact avec ma mère, que je la voyais de plus en plus souvent.

Aujourd'hui, les deux jeunes filles interviewées sont revenues dans leur famille respective, traversant cette épreuve avec beaucoup de maturité. « Si ça m'arrivait, je ne pense pas que je le prendrais aussi bien qu'elles. Je ne serais pas aussi forte. Elles ne sont pas marquées et ça ne paraît pas qu'elles ont vécu ça», réfléchit Érika. Pour les deux journalistes, cette entrevue leur a permis de voir que le passage en famille d'accueil ne rend pas nécessairement les jeunes délinquants et qu'on peut vraiment bien s'en sortir. « Dans la prochaine édition du Gravillon, nous allons interviewer deux jeunes immigrants, dont mon ami Patrice qui est ici depuis deux ans. Il est né au Venezuela, il a vécu en Colombie et en Allemagne. L'autre élève vient de Shanghai », conclut Charlène.

Encadré

Les répercussions

Heureusement que les psychologues, les travailleurs sociaux, les autres membres de la famille et les amis sont présents pour aider les personnes vivant des situations familiales difficiles. À la suite de cette entrevue, Érika et Charlène ont demandé l'avis de Catherine Legault, psychologue à l'école Charles-Gravel. « Au départ, un placement a comme but de retirer le jeune de son milieu qui compromet sa sécurité et son développement pour ainsi lui procurer une stabilité physique et émotionnelle. Un placement, à court ou à long terme, vers une famille ou un centre d'accueil pour jeunes, nécessite une grande adaptation et son lot de stress. Un autre aspect à considérer pour une meilleure acceptation d'une telle décision est le sentiment d'y avoir participé ou au contraire qu'elle ait été imposée. Aussi le fait d'avoir compris les raisons du placement, les attentes et ses enjeux a un impact », explique madame Catherine. Pour favoriser une meilleure adaptation à un placement, voici quelques recommandations proposées par Catherine Legault :

Conserver le plus possible nos activités tant à l'école qu'à l'extérieur.

Entretenir nos relations positives avec nos proches et nos amis.

Se confier à une ressource professionnelle.

Au plan scolaire, expliquer son contexte de vie nouveau à ses enseignants.

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