Dans le roman jeunesse Le frère de verre, Théo, un jeune de 18 ans, relate le combat de son grand frère contre la leucémie. Il se replonge cinq ans auparavant alors qu'il avait 13 ans. Il raconte combien il s'est souvent senti mis de côté alors que les priorités tournaient autour de la maladie de Lucas.
Même si dans ce livre on parle de la mort, ce n'est pas triste, car on parle encore plus de la vie.L'auteure amène plusieurs pistes de réflexion, par exemple, face aux croyances de la vie après la mort. Un jeune patient confie à Lucas et Théo avoir vu la lumière au bout du tunnel alors que son coeur avait arrêté de battre. Lueur d'espoir pour son frère malade, Théo voit briller un monde meilleur pour Lucas. Il l'envie presque ! Mais, le point de vue des médecins, qui expliquent cette vision comme une hallucination due au manque d'oxygène au cerveau, vient balayer les espoirs de Théo.
La fin est un peu à l'eau de rose, mais j'imagine qu'à force de voir partir des jeunes n'ayant pas encore croqué dans les plaisirs de la vie, l'auteure a idéalisé une fin où l'amour devient plus fort que tout. Elle ne voulait peut-être pas donner raison à la maladie et faire d'elle une gagnante...
L'auteure...
Le frère de verre, qui vient tout juste d'être publié aux Éditions Pierre Tisseyre, est le 23e roman jeunesse de Lyne Vanier qui est psychiatre. Pendant sa formation médicale, elle a fait des stages de pédiatrie et côtoyé des enfants malades.
« J'ai vu à quel point la maladie change tout et déséquilibre bien plus que celui qu'elle touche spécifiquement », explique l'auteure. Dans son roman, madame Vanier a voulu donner la parole à ceux qui sont dans l'ombre. C'est-à-dire les proches d'un enfant malade.
On sent parfois que les connaissances et les réflexions du narrateur de 12 ans sont trop matures. Mais, on peut croire que les enfants ayant flirté avec la mort deviennent imprégnés d'une sagesse déroutante.