La paix retrouvée de Denys Tremblay

Denys Tremblay aborde avec plus de sérénité son... (Photo Le Progrès, Rocket Lavoie)

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Denys Tremblay aborde avec plus de sérénité son expérience en tant que roi de L'Anse-Saint-Jean. Il a même recommencé à créer des dessins et des sculptures, un goût qui était demeuré en dormance dans la foulée de sa démission survenue il y a 17 ans.

Photo Le Progrès, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Longtemps, Denys Tremblay a ressenti un malaise en songeant à la fin abrupte de la monarchie municipale de L'Anse-Saint-Jean. Trois ans après son couronnement, en effet, des dissensions étaient apparues au sein de la communauté, attisées par l'opposition tenace d'une poignée d'observateurs. Ce fut suffisant pour compromettre l'aménagement d'une fresque végétale, Saint-Jean-du-Millénaire, dans une montagne du Bas-Saguenay.

Le passage du temps a toutefois amené une forme d'apaisement chez l'homme, tandis que l'artiste retrouve peu à peu ses réflexes. Il y a eu des expositions, une présence médiatique accrue dans les dernières années, autant d'occasions de mesurer l'intérêt que suscite toujours le bref règne de Denys Premier, amorcé le 24 juin 1997.

Une nouvelle preuve sera fournie le 28 juillet, à l'ouverture du 35e Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul. Président d'honneur de cette édition, le Saguenéen sera heureux d'y accompagner trois consoeurs de la région : Magali Baribeau-Marchand et Sara Létourneau, de même que Stéfanie Requin Tremblay. « C'est l'un des plus vieux symposiums du genre au pays. La plupart des artistes importants sont passés là », fait valoir Denys Tremblay.

Après avoir participé à une marche dans les rues de la ville, il prononcera une conférence le lendemain, à 16 h 30. Tous seront interpellés, à commencer par les 12 artistes faisant partie de la cuvée 2017. « Je souhaite qu'ils réalisent que tout est possible. L'imaginaire des artistes peut se transposer dans le réel », assure l'ancien monarque, qui parle en connaissance de cause.

Prenant appui sur la morosité qui règne dans sa région, il croit que pour lui redonner du tonus, ça prendra autre chose que des promesses électorales. « Ça nous a menés où, de laisser aux politiciens le soin de développer notre imaginaire collectif ? La population vieillit. On a un déficit démocratique et on perd du terrain dans plein de secteurs d'activité. Le bois, l'aluminium, même les bleuets sont menacés. Si on continue comme ça, on va finir avec rien », tranche Denys Tremblay.

Il garde espoir en songeant au foisonnement créatif qui émerge du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « On a un déficit économique, mais pas un déficit artistique », se réjouit l'ancien professeur en art à l'Université du Québec à Chicoutimi. Il invite donc ses collègues à se montrer « roivolutionnaires », à articuler leurs visions à eux du territoire et de la société qui s'y est enracinée.

La Couronne de L'Anse-Saint-Jean, posée ici à côté... (Photo courtoisie) - image 2.0

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La Couronne de L'Anse-Saint-Jean, posée ici à côté de l'Épée pacifique, ainsi que du Maître spirituel, fera partie de l'exposition des bijoux de Denys Premier qui aura lieu dans le cadre du Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul.

Photo courtoisie

Voici la fresque végétale que Denys Tremblay souhaitait... (Photo courtoisie) - image 2.1

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Voici la fresque végétale que Denys Tremblay souhaitait réaliser à L'Anse-Saint-Jean. Elle a pour titre Saint-Jean-du-Millénaire.

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Les bijoux de la couronne

En attendant de voir fleurir d'autres projets, d'autres ambitions, Denys Tremblay poursuit son cheminement artistique en gardant un pied dans le patrimoine, un pied dans l'avenir. Revenant sur son parcours en tant que souverain, il présentera une exposition dans le cadre du symposium, plus spécifiquement à l'Aréna municipal Luc et Marie-Claude de Baie-Saint-Paul. On y regroupera différents objets liés à cette démarche.

« Les gens pourront voir les bijoux de la couronne et ils constateront que ce n'est pas du bling bling. Ils ont été réalisés par des artisans, sous ma supervision, et sont fondés sur d'autres valeurs que le pouvoir militaire », avance-t-il en donnant l'exemple de l'Épée pacifique, une oeuvre de Serge Boily comportant deux poignées à chaque extrémité de la lame.

S'y ajoutera la Toge du grand protocole, portée lors des cérémonies civiques, le Grand collier de l'Ordre des compagnons et compagnes du Millénaire, la Main du ciel, symbole des racines religieuses des Anjeannois, et l'Anneau référendaire, qui témoignait du fait que le roi était assujetti à ses sujets, plutôt que l'inverse. Ils côtoieront la Couronne de L'Anse-Saint-Jean, produite par Lorna Boily à l'aide d'aluminium, de bronze, de branches de pommiers en fleurs et d'une peau d'ours.

Ces objets, et bien d'autres, illustrent l'ampleur qu'a pris le projet de monarchie et la pression qui en a découlé, une fois le règne achevé. L'artiste s'est révélé incapable de créer de nouvelles oeuvres. « Je suis resté longtemps sans produire quoi que ce soit. Comment aller plus loin que je l'avais fait ? Aujourd'hui, par contre, j'ai plus de temps libres et je me suis remis à l'ouvrage. J'ai des dessins, des sculptures en chantier », laisse entrevoir Denys Tremblay.




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