Les belles heures du Sous-Bois

Voici le Québec Redneck Bluegrass Project pendant l'une... (Archives Le Progrès, Michel Tremblay)

Agrandir

Voici le Québec Redneck Bluegrass Project pendant l'une de ses nombreuses apparitions au Sous-Bois de Chicoutimi. Ses membres ont fait salle comble une quinzaine de fois de suite, ce qui constitue un record pour la salle de spectacles établie sur la rue Racine.

Archives Le Progrès, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Le spectacle que Leyla McCalla donnera vendredi, en compagnie de Daniel Tremblay, sera le dernier de l'histoire du Sous-Bois. Présent depuis l'ouverture de cette salle du centre-ville de Chicoutimi, il y a six ans, le coordonnateur culturel Martin Girard a vécu plusieurs expériences mémorables, dont quelques-unes qui débordent de ce qu'il a pu voir sur la scène.

Voici celles qui ont le plus de chance de demeurer gravées dans sa mémoire.

Stephen Faulkner

Le grand bonhomme ne donnait plus de spectacles depuis trois ans lorsque Martin Girard l'a contacté. « J'avais obtenu son numéro d'un ami d'un ami. Il a paru content que je veuille le "booker" au Saguenay, mais il fallait le recevoir pendant deux jours pour lui donner le temps de prendre le beat de la place », raconte-t-il. C'est lui qui a été le chercher au terminus, puisque l'auteur de Si j'avais un char ne possédait pas de voiture.

« Ensuite, il y a eu un souper très arrosé, puis un jam qui a fini à deux heures du matin. Il était pas pire dans le répertoire des Stones et le fait de jouer avec lui a constitué un fait marquant au plan personnel, compte tenu de l'admiration que j'ai pour ce gars-là, note Martin Girard. Le spectacle, lui, s'est déroulé dans une salle pleine, en formule cabaret. À la fin, il était affecté par le cognac, mais c'était pas grave. C'est sa visite qui, pour moi, a été l'événement le plus le "fun". »

Le Québec Redneck Bluegrass Project

Deux raisons justifient sa présence dans le répertoire dressé par Martin Girard. « Ce groupe détient le record du plus grand nombre de salles combles consécutives, soit une quinzaine. Ses membres ont aussi monté le plus gros bill au bar, un soir où ils sont demeurés sur scène pendant un peu moins de trois heures, en ne s'accordant qu'une pause d'un quart d'heure », rapporte le coordonnateur culturel.

Histoire de satisfaire le droit du public à l'information, il précise que les musiciens affichaient une nette préférence pour la bière et le Jameson, le célèbre whiskey irlandais. Ils étaient tout aussi fidèles au Sous-Bois, ce qui tenait, en partie, au fait que Martin Girard fut brièvement leur gérant. Comme on dit, il les connaissait à l'endroit et à l'envers.

Mordicus

Bien sûr, puisque Martin Girard est membre de cette formation, le souvenir des cinq ou six spectacles donnés au Sous-Bois lui revient en mémoire. « Il y a notamment le lancement de notre premier album, Cri Primal, qui a été très spécial. Comme nous avions vendu trop de billets, il a fallu jouer deux fois de suite », mentionne-t-il.

« C'est là, aussi, que Ken Allaire a tourné le clip de la chanson L'explosion. Ça va demeurer un beau document à propos de ce que fut cette salle, au même titre que le prochain film de Sébastien Pilote, commente Martin Girard. Je suis doublement fier qu'il ait tourné au Sous-Bois. Ce sera une pièce d'anthologie, avec le groupe WD-40 en "background". »

Galaxie

Quand le groupe de la région s'est pointé au Sous-Bois, lors de la tournée de l'album Tigre et diesel, la salle disposait d'équipements d'une qualité douteuse. « C'était notre premier spectacle majeur et nous avions une console des années 1970. Il avait fallu en louer une, mais ce soir-là, j'ai été stressé par tout ce qui touchait la technique, en même temps que pour le plancher. Je ne savais pas s'il allait tenir. Il bougeait comme un trempoline », confie Martin Girard.

Galaxie est revenu pendant la tournée Zoulou et cette fois, le coordonnateur culturel a pu profiter du moment sans se faire du sang de boudin. « Ç'avait été un méchant party », résume-t-il.

Orloge Simard

Martin Girard se souvient de la date, soit le 31 décembre 2015. Orloge Simard était venu pour casser la nouvelle année et c'est la fois où le Sous-Bois a été le plus viré à l'envers. On ne parle pas ici de violence, un problème auquel cette salle n'a jamais été confrontée, peu importe le genre musical abordé. La source du problème résidait plutôt dans l'état où se sont trouvés bon nombre de fans de la formation régionale.

« Je n'ai jamais vu autant de désordre. En plus, ça empestait le vomi dans les toilettes », révèle Martin Girard en souriant. C'était fou, un brin décadent, mais plus relax que le passage du groupe Plaster aux alentours de 2012. « Ils ont fait sauter le "sub" et il avait pris en feu. Il y a eu un petit moment de panique avant qu'on éteigne le début d'incendie », fait observer Martin Girard.

Un projet qui dynamiserait le centre-ville

Bien qu'il soit partie prenante du projet de redéploiement du Sous-Bois, Martin Girard ne peut garantir qu'il se concrétisera d'ici au début de l'automne. Des démarches sont en cours, mais il manque des réponses, des engagements fermes, pour confirmer quoi que ce soit. Ce qui ne fait pas de doute dans l'esprit du coordonnateur culturel, cependant, c'est l'impact que ce projet aurait sur le centre-ville de Chicoutimi.

« Il y a six ans, l'ouverture de la salle avait créé une vague positive dans le quartier, à un moment où celui-ci traversait une phase difficile, fait-il observer. Une fois de plus, on remarque qu'il y a un creux, quelques locaux vides, et je suis certain que la réouverture du Sous-Bois dans un espace plus grand provoquerait un électrochoc. »

Le fait de passer de 100 à plus de 200 places générerait une plus grande marge de manoeuvre en ce qui touche la programmation, sans toutefois remettre en cause la vocation du lieu. Celui-ci demeurerait en effet « une plaque tournante pour la scène émergente », un mandat qui fut pleinement assumé pendant sa première vie.

Même si ce désir devait se concrétiser, toutefois, le souvenir de la petite salle, riche de ses qualités et de ses défauts, hantera longtemps ceux qui ont eu la chance d'y mettre les pieds, y compris Martin Girard. « Il y avait un esprit ici, une "vibe" qui est venue avec le lieu, énonce-t-il. C'est le genre de chose qu'on ne peut pas acheter. »




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer