France Bellemare au Met à l'automne

France Bellemare... (Archives Le Quotidien, courtoisie)

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France Bellemare

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Daniel Coté
Le Quotidien

France Bellemare fera ses débuts au Metropolitan Opera de New York, l'automne prochain. La soprano originaire du Lac-Saint-Jean participera à deux productions, d'abord à titre de doublure pour le rôle de Musetta dans La Bohème de Puccini, puis dans Thaïs. Dans ce cas-ci, elle fera partie de la distribution officielle qui portera l'oeuvre de Massenet sur la célèbre scène, du 11 novembre au 2 décembre.

Le personnage qu'incarnera la chanteuse n'est pas l'un des plus importants, ce qui est loin de lui déplaire. Consciente de l'importance de l'enjeu, elle préfère entrer à pas de loup dans l'une des maisons les plus prestigieuses au monde, fréquentée par un public d'autant plus exigeant qu'il se voit servir les productions les plus ambitieuses, portées par des voix d'exception.

«Ce sera un beau rôle pour commencer là-bas, puisque je ne serai pas trop exposée. En même temps, je serai contente de chanter pour la première fois au Metropolitan Opera. À moins de 30 ans, je suis relativement jeune pour vivre une telle expérience», a commenté l'artiste à la faveur d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Même sa participation discrète dans La Bohème lui sourit. Elle justifiera sa présence à New York à la mi-septembre et lui fera connaître cette oeuvre sous un angle différent par rapport au rôle de Mimi qu'elle assimile depuis quelques jours, à l'Opéra de Montréal. «Ce sera aussi la production de Zeffirelli», fait valoir France Bellemare.

En attendant de vivre l'une des saisons les plus exaltantes de sa jeune carrière, la soprano évoque le doux souvenir que constituera toujours, pour elle, sa première audition au Met. «Les personnes qui m'ont accueillie ont été à la fois adorables et professionnelles. Je pensais que ce serait guindé et j'ai été agréablement surprise. Là-bas, on ne traite pas les gens comme des numéros», rapporte la Jeannoise.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, l'année 2018 pourrait lui réserver d'autres surprises, cette fois par l'entremise de l'opéra Another Brick in the Wall. La création de cette oeuvre en mars, à Montréal, lui a donné la chance de camper le rôle de la mère de Pink, le personnage central de cette histoire conçue par Roger Waters et adaptée par le metteur en scène Dominic Champagne, ainsi que le compositeur Julien Bilodeau.

Avant même la première représentation, il était question de proposer ce spectacle dans d'autres villes, une perspective qui demeure bien réelle. «Les pourparlers sont surtout orientés vers l'année 2018. Ça pourrait se concrétiser en mai ou en juin. Si tel est le cas, j'espère que je pourrai reprendre le rôle de la mère», indique France Bellemare.

Le premier rôle féminin dans La Bohème

Il y a dix ans, alors qu'elle étudiait le chant à l'Université Laval, France Bellemare a participé aux répétitions de La Bohème en tournant les pages du pianiste. Elle a ainsi vécu, par le petit bout de la lorgnette, cette production de l'Opéra de Québec qui, bien sûr, fut un succès aux guichets. Aujourd'hui, cependant, c'est en tant qu'interprète du premier rôle féminin, celui de Mimi, que la soprano renoue avec l'oeuvre de Puccini.

«C'est quelque chose de massif, un rôle qui demande une grande étendue vocale puisqu'on doit faire ce qu'on appelle le «parlando», une forme de chant proche de la parole, ainsi que des envolées qui tirent vers les aigus. J'ai l'âge du personnage, cependant, et je trouve que c'est le bon moment pour aborder Mimi», fait observer l'interprète originaire du Lac-Saint-Jean.

Cette fois, c'est l'Opéra de Montréal qui sollicite ses services. Sa Mimi foulera la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 20, 23, et 25 mai, avant de migrer le 27 au Stade Percival-Molson (l'accès sera gratuit, ce jour-là), sous la direction du metteur en scène Alain Gauthier. Celui-ci évolue en terrain familier parce qu'il a travaillé avec France Bellemare, aussi pour le rôle de Mimi, lors d'une production des Jeunesses musicales du Canada qui s'était arrêté à Jonquière.

«La différence est que cette fois-ci, il y aura un orchestre et un chef devant moi, ce qui facilitera ma tâche parce que je l'aurai comme point de référence. Je crois aussi que je pourrai amener une autre dimension, par rapport à la version présentée il y a quatre ans, alors que je sortais de l'école. Des choses vont bouger et Alain reçoit bien mes idées. Je veux faire un vrai travail sur le jeu», annonce la soprano.

Or, elle se trouve bien des affinités avec Mimi, qu'on voit tomber en amour avec Rodolfo au début de l'opéra, un amour si grand qu'il transcende la maladie qui menace d'emporter la jeune femme. «Comme elle, je suis une personne qui ne veut pas déranger. Aussi, je suis rêveuse et je n'ai pas besoin d'une montagne de choses pour être heureuse», confie France Bellemare.

Rêveuse, certes, mais pas au point d'oublier que ce rôle pourrait lui amener plein de belles choses. On sait déjà que les salles seront pleines et parmi les spectateurs, peut-être se glissera-t-il quelques professionnels du milieu de l'opéra. «L'impact pourrait être grand. Tout dépend des gens qui verront cette production. Ça pourrait m'apporter des contrats, possiblement à l'extérieur du Québec», entrevoit la chanteuse.




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