Pierre Hébert: risquer et gagner

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Pierre Hébert donnera trois spectacles dans la région, à compter du 12 avril. Il en profitera pour aborder la notion de risque, laquelle se trouve au coeur de sa nouvelle tournée.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Même si on dit que les humoristes ont le succès facile, lancer un nouveau spectacle demeure un saut dans le vide. C'est encore plus vrai lorsque l'artiste en question appartient à la catégorie des jeunes vétérans, qu'il n'est pas du genre à miser sur un effet de scandale pour attirer l'attention et que tout en lui suinte la normalité, ce qui correspond en tous points au portrait de Pierre Hébert.

Il vient à pleine d'étrenner sa deuxième production, Le goût du risque, après s'être fait beaucoup d'amis lors de sa première tournée. La première a eu lieu le 8 février, tandis que ses fans du Saguenay-Lac-Saint-Jean l'accueilleront le mois prochain. Il est attendu le 12 avril au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, le 13 à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini et le lendemain, à la Salle Michel-Côté d'Alma.

C'est à ce dernier endroit qu'il reste quelques billets, tandis que les deux autres diffuseurs affichent complet. De quoi rassurer le résident de la Rive-Sud qui, il faut le souligner, n'a pas ménagé sa peine afin de mettre toutes les chances de son côté. Donner 52 spectacles à l'étape du rodage constitue en effet un test de route substantiel.

«C'est pour cette raison que je ne ressens aucune anxiété aujourd'hui, puisque le travail d'épuration est déjà fait. Je pense juste à avoir du fun avec les gens et comme le texte est bien construit, je peux m'en tenir à ce qui a été écrit», a-t-il expliqué mercredi, à la faveur d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche.

Le risque ou la routine?

Le travail d'écriture, justement, a été mené d'une manière différente. Au lieu de confectionner une courtepointe réunissant du vieux et du neuf, des choses qui avaient jalonné son parcours professionnel, de ses débuts jusqu'à son premier spectacle, Pierre Hébert a planifié Le goût du risque en s'appuyant, d'emblée, sur le thème.

«De cette façon, il y a une unicité qu'on ne retrouvait pas dans la tournée précédente. Tous les textes ont été créés en fonction du thème et si j'ai choisi de parler du risque, c'est parce que nous vivons dans une société où, de plus en plus, on planifie les choses longtemps à l'avance. Moi-même, je suis pantouflard. Je suis une personne âgée dans un corps de 35 ans», révèle l'humoriste en riant.

Lui le premier, il a tendance à emprunter les sentiers bien balisés, à trouver son confort dans la routine. La différence, par rapport au commun des mortels, est qu'à certains moments, son esprit s'est cabré. La crainte d'habiter un monde beige, pas plus goûteux qu'un bloc de tofu, l'a poussé à prendre des chances, ce qui explique, entre autres, son choix de carrière.

«On vit dans la dualité, au fond. On a peur de foncer, tout en ayant envie de connaître toutes sortes d'aventures. Dans le spectacle, j'insiste donc sur l'importance d'être soi-même et d'assumer les risques, ce que j'ai fait, par exemple, en devenant humoriste, en choisissant de vivre avec ma compagne... et en prenant des cours de moto», énonce Pierre Hébert.

À propos de la femme qui partage sa vie, notons qu'elle a donné naissance à leur deuxième enfant, il y a une dizaine de jours, et qu'elle partage la vedette avec lui dans un des numéros les plus populaires de la présente tournée. «Il est question de notre voyage de noces, d'une escale sur l'île de Santorin, en Grèce. On m'en parle tous les soirs», mentionne-t-il, sans trop élaborer sur le contenu.

Comme on dit au hockey, ce qui se passe dans la salle reste dans la salle.

20 000 billets vendus

Maintenant que sa nouvelle tournée est commencée, Pierre Hébert peut tracer un bilan positif de l'expérience qu'il a menée au printemps dernier. Rappelons que pendant deux jours, les gens avaient eu l'occasion d'acheter des billets pour aussi peu que 20 $, lesquels donnaient accès à un spectacle présenté par un humoriste dont l'identité n'était pas dévoilée.

Cette opération a connu un succès remarquable, puisque 20 000 places ont été écoulées. Ce fut un coup de marketing, à l'évidence, mais il restait à voir comment réagiraient les personnes qui, sans le savoir, avaient pris rendez-vous avec l'homme derrière Le goût du risque. Combien, parmi elles, avaient un autre artiste en tête? Un Martin Matte. Un Louis-José Houde. Seraient-elles déçues de voir un visage moins familier?

Un élément de réponse est fourni par Pierre Hébert lui-même, en lien avec le thème de son spectacle lancé en février. «On aime prendre un risque, à l'occasion. C'est pour cette raison, je crois, que la promotion de l'humoriste mystère a si bien fonctionné», fait observer celui qui s'attendait à vendre 1000 billets grâce à cette initiative originale.

Une fois dans la salle, les gens ont donc assumé leur pari, profitant de l'occasion pour découvrir un artiste dont on vante le talent de conteur. «J'ai vécu des soirées extraordinaires dans des villes où on retrouvait uniquement des clients de l'humoriste mystère. Ils ont l'air d'aimer ce que je fais et ce qui aide, c'est le fait que mon humour n'est pas polarisant, ni engagé. Ça se moulait bien au concept», affirme l'artiste.

Il ajoute que la promotion a été particulièrement populaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce qui ne l'a pas surpris outre mesure. «Chez vous, le monde est plus ''willing''. C'est pour ça qu'on a dû ouvrir des supplémentaires à Chicoutimi, où les ventes progressent à un bon rythme. Je suis vraiment content de la réaction du public», résume Pierre Hébert.




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