La soprano Élisabeth Boudreault brille sur la planète

Originaire de Saint-Ambroise, Élisabeth Boudreault vivra de belles... (Courtoisie, André Chevrier)

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Originaire de Saint-Ambroise, Élisabeth Boudreault vivra de belles expériences dans les prochains mois, grâce aux prix remportés dans le cadre des Jeunes ambassadeurs lyriques. Sur cette photographie, on voit la soprano telle qu'elle est apparue en novembre, lors du gala qui a couronné ce rendez-vous tenu à Montréal.

Courtoisie, André Chevrier

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Daniel Coté
Le Quotidien

Grâce au fabuleux levier que constituent les Jeunes ambassadeurs lyriques, une activité tenue en novembre, à Montréal, Élisabeth Boudreault vivra des expériences mémorables dans les prochains mois. Récipiendaire de sept prix, la soprano originaire de Saint-Ambroise donnera des concerts en Slovaquie, au Mexique, au Japon et en Chine, en plus de participer à un stage en Allemagne et de chanter au Festival d'été d'Amsterdam en 2018.

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Élisabeth Boudreault a interprété des pièces de Mozart, Massenet et Bellini dans les jours qui ont été précédé le gala des Jeunes ambassadeurs lyriques. C'est ainsi qu'en dépit de son jeune âge, la soprano a attiré l'attention des recruteurs qui assistaient à cet événement prestigieux.

Courtoisie, André Chevrier

Cette récolte à laquelle s'ajoute une bourse de 1000 euros attribuée par le Centre français de promotion lyrique a largement dépassé ses attentes, a confié l'interprète au cours d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche. Il faut dire qu'elle était déjà contente de faire partie des 26 artistes associés à l'édition 2016.

«J'avais fait les auditions en 2015 et je m'étais retrouvée sur une liste de rappel. J'étais donc super contente lorsqu'on m'a proposé de faire partie du groupe, dont j'étais le plus jeune membre à 22 ans. Il y avait quatre Québécois, au total, et j'étais la seule qui venait de la région», raconte Élisabeth Boudreault.

Sa relative jeunesse l'a bien servie, croit-elle. L'année qui s'est écoulée entre les auditions et la série de concerts à laquelle le groupe a participé en novembre, devant les représentants de grandes maisons établies en Europe et en Amérique, a conféré un surcroît de maturité à sa voix. Or, à cet âge, les progrès sont plus sensibles qu'au début de la trentaine, ce qui correspond à l'âge des chanteurs qui tenaient compagnie à la Saguenéenne.

«La crème de la crème»

Pendant quatre jours, les jeunes interprètes ont préparé des concerts qui étaient donnés le soir même, devant le groupe de recruteurs. Ces sorties leur ont permis d'aborder différents répertoires, notamment l'opéra allemand, italien et français. Ils s'exécutaient en solo tandis que leur ultime apparition, à l'occasion d'un gala présenté à la Salle Pierre-Mercure, leur a permis de reproduire des scènes complètes.

«À cette occasion, j'ai participé à un duo tiré des Noces de Figaro. Nous étions accompagnés par l'Orchestre philharmonique des musiciens de Montréal, qui regroupe surtout des étudiants. J'avais aussi fait un air de La flûte enchantée précédemment, ainsi que des extraits de Werther et de La Sonnambula», précise Élisabeth Boudreault.

Malgré l'importance de l'enjeu, le comité organisateur avait insisté sur le fait que les Jeunes ambassadeurs lyriques ne constituent pas une compétition. «Nous devions juste faire la preuve que nous étions bons. Il régnait d'ailleurs une belle atmosphère entre les participants. Il y avait des Américains, des Canadiens anglais, des Allemands et des Français, en plus des Québécois», rapporte la soprano.

Côtoyer ses collègues lui a donné un aperçu de la façon dont la scène lyrique se déploie à l'extérieur, tandis que les échanges avec les recruteurs lui ont permis de nouer de précieux contacts. Le bilan était donc positif avant même que ne soit dévoilée l'identité des lauréats. «Comme on avait réuni la crème de la crème, je ne m'attendais pas à recevoir des prix», confie la Saguenéenne.

Une chance inespérée

La première retombée tangible générée par les Jeunes ambassadeurs lyriques a pris la forme d'une audition offerte par le Staatstheater de Nuremberg. Ce prix, auquel étaient jumelées des sommes provenant de la Bourse Joseph Rouleau et la Bourse de la Société vocale internationale Josef-Traxel, avait ceci de particulier qu'il nécessitait la présence de l'artiste dans la ville de Dürer, le 30 novembre. Ça laissait peu de temps pour se revirer.

«J'ai pris un billet d'avion et j'ai vécu ma première audition en Europe, devant le directeur de l'Opéra de Nuremberg. J'ai fait un extrait de La flûte enchantée et on m'a dit que le directeur avait apprécié. Le rôle pour lequel j'étais candidate est celui d'un page, Oscar, dans Le bal masqué de Verdi», mentionne Élisabeth Boudreault.

Elle qui vient d'amorcer un baccalauréat en interprétation à l'Université McGill, sous la supervision de la professeure Aline Kutan, aura également la possibilité d'étudier à Nuremberg en septembre. Cette perspective est attrayante. Après mûre réflexion, cependant, elle a choisi de poursuivre sa formation à Montréal. «J'ai eu un coup de coeur artistique pour Aline», explique la soprano.

Ce qui est clair, cependant, c'est que la Saguenéenne entend participer à des stages tenus au printemps, à l'Opéra de Würzburg et à l'Opéra de Nuremberg. Elle envisage aussi avec enthousiasme les tournées qui l'amèneront en Asie à l'automne. Trois sorties sont prévues au Japon, tandis que le séjour en Chine durera trois semaines.

Ajoutez les concerts prévus en Slovaquie, aux côtés de l'Orchestre philharmonique d'État, de même qu'à Amsterdam, et ça donne une idée de l'ampleur de ce qui s'est passé en novembre. «C'est inespéré, encourageant, surtout quand on sait que d'habitude, de telles occasions arrivent à la fin des études», s'émerveille Élisabeth Boudreault.

Les expériences précoces d'une soprano légère

Malgré son jeune âge, Élisabeth Boudreault a vécu... (Archives Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais) - image 3.0

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Malgré son jeune âge, Élisabeth Boudreault a vécu plusieurs expériences qui l'ont aidée à développer son talent d'interprète. Elle a notamment tenu le rôle principal dans Madame Butterfly, une production ambitieuse de l'Atelier de musique de Jonquière qui avait connu beaucoup de succès aux guichets.

Archives Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais

Élisabeth Boudreault a emprunté une voie originale pour devenir une chanteuse d'opéra. Après avoir tâté de la chanson populaire, l'art lyrique lui a ouvert des perspectives plus attrayantes et bien évidemment, il est devenu son véhicule de prédilection. Jumelés à différentes expériences sur les scènes de la région, des cours particuliers dispensés par Alexandre Malenfant ont aidé la soprano à peaufiner sa voix, de même que ses qualités d'interprète.

«Mon cheminement n'est pas habituel», reconnaît l'artiste originaire de Saint-Ambroise. Aujourd'hui encore, les opportunités découlant de sa participation aux Jeunes ambassadeurs lyriques, une activité tenue en novembre, ne correspondent pas au scénario que respectent la majorité des interprètes au fil de leur apprentissage.

Des choses sont arrivées vite, comme cette première audition vécue l'automne dernier, en Allemagne. À 22 ans, ce n'est pas la norme, pas plus qu'il est coutumier de présenter un curriculum vitae aussi rempli. À la Société d'art lyrique du Royaume, par exemple, on lui a confié un rôle dans Les brigands, celui de Zerlina, à l'hiver 2012.

De son côté, l'Atelier de musique de Jonquière lui a proposé le rôle principal dans Madame Butterfly, une production ambitieuse qui avait connu beaucoup de succès aux guichets. La même organisation l'a associée à La Sonnambula, prélude à une autre aventure vécue, cette fois, sous le giron de l'éphémère Opéra du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce fut l'occasion d'incarner Sophie dans l'opéra Werther, en décembre 2015.

«J'ai fait des opéras très tôt et ce fut une grande chance. C'est ainsi que depuis mon arrivée à l'Université McGill, en septembre, je réalise à quel point ça me donne une longueur d'avance sur les autres étudiants. Je suis plus familière avec tout ce qui entoure la mise en place de ce genre de production», se réjouit la jeune femme.

Son passage à l'université posera les jalons d'une carrière dont les balises lui sont déjà familières. Sa voix, autant que son physique, la destinent en effet à des rôles de soprano légère. «Je sais que j'incarnerai des soubrettes, ainsi que de jeunes garçons. Et je chanterai beaucoup de Mozart parce même si je suis toute petite, là-dedans, ça fonctionne. Il y a même des premiers rôles, comme celui de Suzanna dans Les noces de Figaro», énonce-t-elle.

En attendant, la prochaine occasion de l'entendre viendra par le truchement de la Société d'art lyrique du Royaume, du 17 au 19 février. Élisabeth Boudreault campera le personnage de Mercedes dans Carmen, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. La mise en scène sera assurée par Guylaine Rivard, tandis que le maestro Jean-Philippe Tremblay sera de retour à la direction musicale.

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