Maximilien Bouchard a pris la relève de la librairie Marie-Laura

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Maximilien Bouchard, propriétaire de la librairie Marie-Laura mise sur le service, la proximité avec les clients et la diversité des livres offerts.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Actif au sein de l'entreprise familiale depuis l'âge de 12 ans, Maximilien Bouchard a vu grandir la librairie Marie-Laura, avant d'en devenir propriétaire il y a maintenant plus d'un an. Aujourd'hui, il poursuit l'oeuvre de son père sous le signe de la continuité, convaincu qu'il ne pourrait être ailleurs.

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La librairie Marie-Laura est installée sur la rue Saint-Dominique de Jonquière depuis sa fondation, il y a plus de 20 ans.

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Maximilien Bouchard est devenu propriétaire le 24 juin 2015. Pour celui qui est aujourd'hui âgé de 33 ans, il ne s'agit pas d'un simple commerce.

«Je suis attaché à la librairie. J'y ai mis beaucoup de moi depuis que je suis tout jeune. Ça ne serait tellement pas pareil ailleurs», confirme-t-il d'emblée.

«En sixième année, pendant l'été, je venais travailler à la librairie. Ç'a toujours été mon emploi étudiant», raconte celui qui est issu d'une famille de cinq enfants.

Il était le seul de la fratrie à vouloir prendre la relève du commerce.

«Dès le départ, mon but était d'assurer la continuité. Je ne change pas beaucoup la manière de faire de mon père. J'ai appris de lui. Mon père était très proche des gens.»

Maximilien Bouchard (extrême droite), propriétaire de la librairie... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Maximilien Bouchard (extrême droite), propriétaire de la librairie Marie-Laura de Jonquière, peut compter sur une équipe solide notamment composée de Olivier Boisvert et Philippe Fortin-Villeneuve, libraires, de même que de sa mère, Andrée Fortin.

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Maximilien Bouchard estime que la transition qui a duré plus de deux ans est réussie.

«La première année a été très rock and roll. Je suis devenu propriétaire en été et en octobre, je suis devenu père. C'était comme avoir deux bébés en même temps.»

Il attribue la réussite de l'opération à son équipe. Pourtant, son arrivée à la tête de l'entreprise a concordé avec le départ à la retraite de plusieurs employés établis.

«Les choses sont arrivées comme ça. J'ai dû relever le défi de former une nouvelle équipe. Ça aurait pu être très compliqué, mais je suis vraiment bien tombé. Tout le monde est très compétent. Ma plus grande fierté, c'est mon équipe», assure-t-il, soulignant que la librairie compte quatre employés à temps plein et trois employés à temps partiel, notamment son père et sa mère qui travaillent tous deux de façon occasionnelle.

Demeurer implanté au centre-ville de Jonquière est de première importance pour Maximilien Bouchard.

«La ville et le centre-ville ont changé de visage en 20 ans. Au début, je me rappelle que c'était plus décrépit. J'ai vu la revitalisation physique, le dynamisme», témoigne-t-il. «À un moment donné, il n'y avait pratiquement plus de commerces sur la Saint-Dominique. Je crois qu'il y a eu une prise de conscience.»

Pour lui, impossible de songer à déménager un jour. «La librairie ne pourrait être ailleurs», assure celui qui est aussi très impliqué dans son milieu, notamment à titre de membre du conseil d'administration de la Corporation Centre-ville de Jonquière.

Seule et unique

La librairie Marie-Laura, seule librairie de Jonquière, cumule plus de 20 années d'existence. Au fil du temps, malgré les obstacles, la librairie indépendante est parvenue à se tailler une place de choix dans le paysage culturel de Saguenay.

Maximilien Bouchard n'est pas peu fier. La librairie Marie-Laura, fondée par son père Daniel Bouchard alors qu'il était sans emploi en 1996, poursuit sa lancée.

«C'est devenu une institution au centre-ville», estime-t-il. «Je suis fier. La librairie, une des deux seules librairies indépendantes de Saguenay, a changé de visage en 20 ans. Quand elle a ouvert, on occupait environ le tiers de la superficie actuelle. On a agrandi, puis agrandi jusqu'à ce que la librairie brûle en 2006 puis qu'on reconstruise», affirme-t-il.

Effectivement, la librairie Marie-Laura a été la cible d'un incendiaire à deux reprises, mais elle a toujours su se relever.

Cette réussite, Maximilien Bouchard l'attribue à la fidélité de la clientèle. «Les clients sont contents que la librairie perdure à Jonquière, ils aiment avoir une librairie. Je sens aussi chez eux une volonté d'acheter local. L'objectif, c'est de leur offrir une bonne expérience la première fois. Ensuite, ils reviennent.»

Le temps semble lui donner raison. «On enregistre une grosse augmentation de la clientèle, surtout quand on tient compte de la situation économique. Les gens veulent se faire conseiller, se faire orienter et pour nous, c'est l'fun de le faire.»

Pour se démarquer, l'équipe de la librairie de la rue Saint-Dominique mise justement sur le service, la proximité avec les clients et la diversité des livres offerts.

La librairie tient plus de 15 000 titres en tout temps.

«Les grandes chaînes tiennent environ 200 titres. Proposer une grande diversité de livres, ça coûte cher, mais ça justifie le détour pour les clients», estime-t-il.

«On tient tous les genres de livres. On a de la '' et des livres ésotériques, comme de la poésie pointue et du livre jeunesse. C'est une librairie générale pour tout le monde. Ici, tout le monde est bien servi. Ça nous demande en tant que libraires d'être très polyvalents.»

Maximilien Bouchard met aussi en place différentes stratégies afin de faire en sorte que les clients qui entrent dans la librairie aient envie d'y revenir.

En ce sens, tous les samedis, un rabais de 15% est attribué sur les livres jeunesse. «C'est une journée avec une belle ambiance. Il y a beaucoup de poussettes et de grands-parents avec leurs petits-enfants.»

La librairie vend également les manuels scolaires lors de la rentrée. L'exercice est complexe et génère peu de revenus, mais le propriétaire considère qu'il s'agit d'une occasion de séduire de potentiels clients. «En cette période où les parents courent partout pour faire les achats nécessaires pour la rentrée, on leur fait vivre une expérience positive en s'organisant pour que tout soit réglé en cinq minutes. Pour nous, c'est comme investir dans une publicité. Ça permet aux gens d'entrer chez nous. Plusieurs nous disent qu'ils ne pensaient pas qu'il y avait une si belle librairie à Jonquière.»

Les jeunes intéressés à la lecture

La section jeunesse de la librairie Marie-Laura est... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 5.0

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La section jeunesse de la librairie Marie-Laura est bien garnie. Une part importante de la clientèle de la librairie est d'ailleurs constituée de jeunes.

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Contrairement à ce que plusieurs seraient portés à penser, Maximilien Bouchard estime que la lecture interpelle encore beaucoup les jeunes. «Je crois que les jeunes lisent plus qu'avant. Il y a tellement de livres de genres différents pour eux. Le livre jeunesse a complètement changé.»

Une part importante de la clientèle de la librairie est d'ailleurs constituée de jeunes. «Les livres jeunesse, c'est une des choses qu'on vend le plus.»

Il croit à l'importance de familiariser les enfants avec les livres dès leur plus jeune âge.

«Une étude a démontré que les jeunes qui n'ont pas accès à des livres en très bas page sont moins bons en lecture. En collaboration avec l'organisme Aide Parents Plus de Jonquière, on a conçu des sacs à dos de lecture qui ont été placés dans les CPE. Les parents peuvent emprunter le sac depuis l'an dernier. J'ai vu apparaître un de ces sacs dans le CPE que fréquente mon fils. Le sac à dos est toujours parti,» assure-t-il. «Avoir physiquement un livre entre les mains, ça change les habitudes de lecture.»

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