Écrire sur la politique... à 12 ans!

Raphaël Émond a été ému, le jour où... (Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Raphaël Émond a été ému, le jour où il a pu feuilleter les pages de son livre pour la première fois. Publié par les Éditions JCL, cet ouvrage a pour titre La politique vue du haut de mes 12 ans.

Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Quand on sait que des adultes possédant toutes leurs facultés mentales ignorent le nom du premier ministre du Québec, il est troublant - et rafraîchissant - de converser avec le Laterrois Raphaël Émond. En personne comme dans son livre publié par les Éditions JCL, La politique vue du haut de mes 12 ans, il impressionne en raison de l'étendue de ses connaissances.

Parlez-lui de la Grèce et il ne se limite pas à des généralités. La crise budgétaire que vit ce pays l'a interpellé de la même manière que les performances du Canadien chez d'autres. Sa réflexion part de plus loin que les dernières péripéties et laisse filtrer une nette sympathie pour la gauche. «Est-ce que les politiques néolibérales représentent la meilleure façon de gérer l'économie? Non. Je préfère un système fondé sur le mérite», analyse-t-il

Au Canada, c'est pour le NPD que Raphaël Émond aurait voté aux dernières élections. Son idole était le regretté Jack Layton, mais il aimait aussi Thomas Mulcair, tout en affirmant que les militants qui lui ont montré la porte avaient raison. «Ça m'a fait mal de voir que les appuis recueillis par le parti sont passés de 40% à 25%», reconnaît l'auteur.

Il croit tout de même en l'avenir de sa formation préférée, d'autant que l'administration Trudeau est revenue sur plusieurs de ses engagements. Elle a repris les cibles du gouvernement Harper en ce qui touche la réduction des gaz à effet de serre, tout en mettant une sourdine à la réforme du mode de scrutin. «Les libéraux se sont rapprochés du centre», constate le Laterrois.

Un bonheur inattendu

C'est la campagne électorale de 2014, au Québec, qui a éveillé l'intérêt de Raphaël Émond pour la politique. «Avant, c'était plus vague», raconte-t-il. Son analyse des différents programmes l'a poussé dans le camp de Québec Solidaire, dont Françoise David l'inspire. Néanmoins, l'élection d'un gouvernement majoritaire dirigé par Philippe Couillard l'a soulagé, eu égard à ses convictions fédéralistes.

Le plus étonnant est que ses parents ne partagent pas sa passion pour la politique. «C'est venu de moi. J'ai commencé en mémorisant les noms des premiers ministres, puis des partis, avant de lire leurs programmes», note l'adolescent. Ses sources sont multiples, comprenant les journaux d'ici et d'ailleurs, ainsi qu'Internet et les livres. Son ordinateur est fortement sollicité, même s'il affiche une préférence pour le papier.

C'est pour cette raison que le jour où, pour la première fois, Raphaël Émond a feuilleté un exemplaire de son livre restera longtemps gravé dans sa mémoire. «Quand j'ai senti les pages, je me suis dit que c'était extraordinaire», commente-t-il. Ce bonheur est arrivé par le truchement de l'éditeur Jean-Claude Larouche, qui lui a demandé de pondre un texte s'appuyant sur ses convictions. Cette proposition inattendue a poussé l'étudiant à remplir quatre cahiers Canada. Son écriture élégante, au crayon de plomb, montre qu'il s'agit réellement d'un projet personnel. Tout ce qu'on lit dans le bouquin vient de lui.

Il confie son intérêt pour la chose publique, autant que son désir de briguer les suffrages. Le jour venu, il le fera pour défendre des idées, cependant, pas nécessairement pour recueillir une majorité de voix. «Je serai de gauche pour défendre les gens vulnérables. En même temps, je demeurerai préoccupé par l'environnement. Quand il sera dévasté, moi, je serai encore en vie», fait valoir Raphaël Émond.

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