José Navas, le vieux monsieur qui danse

Tout est relatif, comme le montre cette photographie... (Courtoisie Danse Danse, Valérie Simmons)

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Tout est relatif, comme le montre cette photographie de José Navas captée pendant une représentation de Rites. L'homme se qualifie de vieux danseur parce qu'il a atteint la cinquantaine, mais ceux qui l'applaudiront le 26 novembre, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, auront peut-être une opinion différente.

Courtoisie Danse Danse, Valérie Simmons

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Daniel Coté
Le Quotidien

La danse contemporaine et la vraie vie se rejoignent dans Rites, une production de la Compagnie Flak présentée le samedi 26 novembre à 20h, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Répondant à l'invitation lancée par le Théâtre La Rubrique, celui qui a signé les quatre chorégraphies figurant au programme, José Navas, aura aussi la responsabilité de les interpréter en solo.

Ayant franchi le cap de la cinquantaine, cet homme apprend à composer avec les limitations que lui impose son corps. Certes, le commun des mortels aurait des raisons de l'envier pour ses capacités athlétiques, mais dans le contexte professionnel qui est le sien, le passage du temps a laissé des traces indélébiles. Il n'est plus question, pour lui, de réaliser les mêmes performances qu'à 30 ans.

«Désormais, je m'assume en tant qu'artiste et vieux monsieur qui danse, a lancé José Navas d'un ton amusé, il y a quelques jours, à l'occasion d'une entrevue téléphonique accordée au journal. Je n'ai pas subi de blessures graves au cours de ma carrière, mais je suis aux prises avec l'arthrose et l'arthrite. Faire du solo m'amène donc à affronter la douleur. Je transforme la souffrance sur scène afin de trouver la logique et la beauté qui se cachent derrière tout ça.»

Le spectacle s'ouvre sur un air popularisé par Nina Simone, Ain't No Use. Comme le titre le suggère, cette chorégraphie évoque les choses qui n'ont pas encore été réglées à l'aube de la cinquantaine. Rendu là, vaut mieux se délester de ces charges inutiles afin de poursuivre sa route. Laisser aller, en quelque sorte.

Une composition de Dvorak prend le relais, gracieuseté d'un ensemble vocal féminin qui l'interprète a cappella. «Il a produit des sons angéliques», s'émerveille José Navas, dont la troisième intervention est rythmée par un lieder de Schubert tiré du cycle Winterreise. Ce poème parle d'un homme qui marche vers la mort, ce qui fait écho à la jolie image utilisée par le danseur à l'effet que Rites, «c'est un corps qui dit au revoir lentement».

En passant, le Winterreise au complet formera l'ossature du prochain spectacle conçu par le Québécois originaire du Venezuela. Il dansera à nouveau en solo, accompagné sur scène par les membres de l'ensemble Pentaèdre. «La première aura lieu en 2020 puisque d'ici là, je serai en tournée avec Rites», précise José Navas.

Pour revenir au rendez-vous du 26 novembre, il sera couronné par un tour de force: un solo s'appuyant sur le Sacre du printemps de Stravinsky. Cette idée est née lors d'un spectacle donné en Belgique, avec la complicité de l'Orchestre philharmonique de Bruxelles. D'ordinaire, cette composition donne lieu à des productions ambitieuses, du genre qui mobilise une tonne de danseurs. S'y frotter seul relève de la gageure.

«Ça parle de ma transition de jeune à vieux danseur et à chaque fois que j'interprète cette chorégraphie, elle provoque un épuisement physique et mental qui a pour effet de me transformer. J'ai hâte de présenter ça à Jonquière, dans une belle salle où j'ai dansé il y a quelques années. La tournée qui commencera à cet endroit se poursuivra à Québec, puis en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne», fait observer José Navas.

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