Richard Petit, Pink Floyd et The Wall

Michel Bruno et Richard Petit ont le sentiment... (Courtoisie)

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Michel Bruno et Richard Petit ont le sentiment de revenir au coeur de leur adolescence lorsqu'ils participent au spectacle Beyond The Wall.

Courtoisie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il y a sept ans, la maison de production Les Vikings, à laquelle est associé Richard Petit, promenait trois spectacles à travers le Québec. Les plus populaires étaient celui mettant à l'honneur des succès pop-rock anglophones, ainsi que des classiques de la chanson d'ici. L'autre, lui, s'appelait The Wall et sortait à l'occasion, jusqu'au jour où le promoteur et musicien a choisi d'en faire sa priorité.

À vrai dire, il a cessé de refaire le concert créé en 1991 par Roger Waters, guitariste du groupe Pink Floyd. Rappelons que celui-ci avait rassemblé une collection de gros noms afin de célébrer la chute du mur de Berlin, une distribution à laquelle s'étaient substitués des interprètes comme Martin Deschamps et Antoine Désilets dans la version locale. La formule était appréciée, mais pas très portative, ce qui rendait le marché international peu accessible.

Souhaitant élargir ses horizons, Martin Petit a développé un concept intitulé Beyond The Wall. Cette fois, ce n'est plus l'album The Wall, mais le film du même nom, que le public voit se déployer sur la scène. La première représentation s'est déroulée le 16 février, tandis que celle qui clôturera la présente tournée québécoise aura lieu à La Baie.

Invité par Diffusion Saguenay, le groupe rassemblé par Richard Petit et son partenaire, le directeur musical Michel Bruno, fera escale au Théâtre du Palais municipal, le 26 novembre à 20h. Neuf interprètes, dont quatre chanteurs, y relateront l'histoire de Pink, l'alter ego de Waters. On le verra devenir orphelin de père, vivre mille brimades à l'école, puis se muer en vedette rock avant de se perdre dans un délire schizophrénique.

«On fait l'album intégral, ainsi que la musique composée pour le film. Dans ma mise en scène, aussi, je me permets de répondre à certaines questions à l'aide de chansons puisées ailleurs, d'où le titre Beyond The Wall. Notre point fort tient au fait que nous affichons un respect absolu pour chacun des éléments sonores», a souligné Richard Petit il y a quelques jours, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche.

Il se trouvait alors à Val-d'Or, au coeur d'un blitz abitibien où transparaissent, une fois encore, les liens privilégiés que Pink Floyd a tissés avec le Québec. «Le groupe commençait parfois ses tournées à Québec parce que la ville servait de baromètre. Waters a plusieurs amis ici, aussi, et comme le guitariste David Gilmour, il peut s'exprimer en français», rappelle le producteur et musicien.

Dans Beyond The Wall, on voit celui-ci jouer de la guitare rythmique, un rôle plus effacé que ceux assumés par Sylvain Auclair et Sébastien Lacombe, qui posent leur voix sur les pièces interprétées par Gilmour et Waters (on entend aussi Eva Avila et Meggie Lagacé). Or, même si le spectacle est très placé, ne laissant guère de place à l'improvisation, chaque soir ramène l'artiste loin en arrière, dans la peau du fan qu'il était.

«Moi et Michel Bruno, on a 14 ans quand on présente ce spectacle. On est payés pour faire le trip d'une vie en jouant une musique qui demeure viscéralement ancrée dans l'esprit des gens. Elle rejoint maintenant une troisième génération d'amateurs et ça se voit à l'intérieur de nos salles», fait observer Richard Petit.

Le défi de percer sur le marché international

Neuf mois après sa création, le spectacle Beyond The Wall a généré la vente de 16 000 billets sur le marché québécois. Il suscite également l'intérêt des diffuseurs étrangers, comme en témoignent les sorties qui seront effectuées aux États-Unis, puis en Europe, d'ici au printemps. Les premières offres ont été soumises dès le mois de mars, à cet effet, ce qui est hâtif pour une production de cette nature.

«D'habitude, ça prend quatre ou cinq ans pour entrer à l'international, mais on dit que nous avons déjà atteint un calibre supérieur à celui de Brit Floyd et The Australian Pink Floyd. Nous allons donc développer à partir de ça, grossir la production afin d'être prêts à entrer dans des salles de 1500 à 3500 places en 2018», explique le producteur et musicien Richard Petit.

Une autre pièce du casse-tête ne pourra venir que de Pink Floyd. Il s'agit de la reconnaissance officielle de Beyond The Wall, ce qui permettrait d'utiliser des éléments visuels associés à la formation britannique. Des échanges ont lieu à ce sujet et même si les Québécois affichent un certain optimisme, ils savent que cette démarche ne sera pas complétée en un tournemain.

Le défi se révèle d'autant plus important que le répertoire de Pink Floyd est repris par d'innombrables formations, partout sur la planète. Puisque le groupe a vendu 35 millions d'albums et que ses membres ne travaillent plus ensemble, ni sur scène, ni en studio, ils sont plusieurs à essayer de répondre à la demande.

«Tous les soirs, dans le monde, il y a des gens qui font du Pink Floyd. Nous devons donc nous démarquer, faire nos preuves sur le terrain dans l'espoir que la presse internationale écrive sur nous. Tout en demeurant présents au Québec, nous souhaitons percer aux États-Unis, entre autres, ce qui représentait ''an other ball game''», énonce Richard Petit.

Ce qu'il voit se profiler, ce sont des séjours prolongés dans les grandes villes américaines. Ils permettraient à son équipe de présenter Beyond The Wall, ainsi que The Best Of Pink Floyd, un spectacle qui sera étrenné le 4 mars, Il s'agira d'un survol chronologique de la vie du groupe, vue à travers le regard tourmenté de son premier leader, le regretté Syd Barrett.

«On veut rouler les deux productions simultanément, comme The Musical Box le fait avec le répertoire de Genesis. Puisqu'elles seront créées par une même équipe, ce sera plus facile de les déplacer», explique le guitariste, un homme dont les rêves sont à la hauteur du décor de deux étages dans lequel se déploie Beyond The Wall.

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