La descente aux enfers de Médée

Érika Brisson incarne Médée dans la pièce Les... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Érika Brisson incarne Médée dans la pièce Les mains anonymes du Théâtre 100 Masques. La comédienne livre un monologue de plus de 50 minutes avec intensité.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Le Théâtre 100 Masques a laissé l'humour de côté pour se lancer dans la tragédie, le temps d'une production. Il présente Les mains anonymes, une création basée sur le mythe de Médée, personnage à la fois femme, mère et monstre, qui transporte le spectateur en se confiant dans un long monologue sombre et intense.

La salle Murdock du Centre des arts et de la culture est plongée dans la noirceur, au premier comme au second degré. Jusqu'au 11 novembre, Médée s'y est installée. Habillée d'un long drap noir et infini, la comédienne Érika Brisson livre les mots du personnage de la mythologie. À quelques pas des spectateurs, elle voyage de l'extase à la vengeance en racontant les différentes étapes qui ont marqué son histoire.

Par Dario Larouche

Les mains anonymes est une création du Théâtre 100 Masques. La compagnie propose sa propre Médée, issue d'un collage de textes amorcé en 2013 par Dario Larouche.

Le directeur artistique, auteur et metteur en scène est parti de plusieurs versions du mythe de Médée, celle qui a tué son enfant par vengeance, pour écrire le monologue.

Dans la mythologie, Médée est une magicienne, une prêtresse qui se livrait à toutes sortes de crimes par amour pour Jason. Médée et Jason ont eu deux fils, mais lorsque Jason abandonna Médée pour une autre, elle décida de se venger. En plus de brûler la nouvelle amoureuse, elle égorgea ses propres enfants.

Le Théâtre 100 Masques propose donc un monologue d'un peu plus de 50 minutes issu du mythe. Médée entraîne les spectateurs de sa première rencontre avec Jason, jusqu'à ce qu'elle commette l'irréparable, aveuglée par la souffrance et le besoin de vengeance. Le personnage passe de l'extase, au plaisir, à l'humiliation.

Érika Brisson offre une performance d'actrice remarquable, proposant une version intense et mystérieuse à la fois du personnage. Seule sur scène, pieds nus, elle entraîne le public dans son sillage, comme le drap noir sans fin qui l'habille. Elle livre un flot de mots, de l'intensité, notamment dans la portion où elle raconte son crime.

La mise en scène est simple, mais efficace. Aucun décor, que de grands rideaux noirs à l'arrière et une ombre qui se projette parfois sur les murs. Une musique qui rappelle un mobile pour bébé habille une partie de l'espace. Le reste de la place, ce sont les mots de Médée qui l'occupent.

Le mythe date d'il y a plus de deux siècles. Pourtant, il n'est pas sans rappeler certaines histoires qui ont fait les manchettes ces derniers temps.

Les années voire les siècles passent, mais les histoires qui nous horrifient sont pratiquement les mêmes.

Jusqu'au 11 novembre

Les mains anonymes est présentée du mercredi au samedi, du 2 au 11 novembre, à 19h, à la salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Le coût d'entrée est de 20$ et de 15$ pour les étudiants. Pour réservations, 418-698-3895 ou via la page Facebook Les mains anonymes.

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